Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par YVAN BALCHOY

GABRIELBORIC (photo Rodrigo Garrido Reuters)

GABRIELBORIC (photo Rodrigo Garrido Reuters)

 

 

CEUX QUI PREFERAIENT MANIFESTEMENT LE SUCCES D'UN CANDIDAT TEINTE SOUVENT PINOCHISME

 

Élections au Chili : victoire des hors parti


Le premier tour des élections présidentielles au Chili a vu la qualification de deux candidats hors parti.

José Antonio Kast y medidas anticorrupción 21 09 2021 by Mediabanco Agencia (Creative Commons CC BY 2.0) https://www.flickr.com/photos/mediabanco/51501055373/

Par Bernard Garcia Larrain.
Un article de Conflits.

Le premier tour de l’élection présidentielle a vu la qualification de deux candidats hors parti. Pour la première fois depuis 30 ans, les deux partis qui dominent la vie politique chilienne ne sont pas au second tour. Après deux années de troubles sociaux, c’est le candidat de droite qui est arrivé en tête.

Dimanche dernier, les Chiliens ont voté pour le premier tour des élections présidentielles. Un rendez-vous déterminant dans le contexte de la crise politique et institutionnelle qui a abouti à la décision de rédiger une nouvelle Constitution, processus initié il y a quelques mois et qui devrait se terminer par un référendum l’année prochaine.

Deux nouveaux candidats
Les deux candidats gagnants au premier tout et qui seront donc présents pour le second tour, le 19 décembre, sont José Antonio Kast, qui a obtenu 28 % des voix, et Gabriel Boric (26 % des voix).

Le premier est un avocat de 55 ans, père de famille, qui a consacré la plupart de sa carrière à la vie politique. Il a été longtemps député de la coalition de droite qu’il a quittée il y a quatre ans pour former son propre parti (le Parti républicain) et se présenter à l’élection de 2017 où il a obtenu 8 % des voix.

Gabriel Boric est un jeune député de 35 ans, ancien dirigeant d’une fédération très active lors de grandes manifestations étudiantes de 2011. Ce mouvement est né pour se distinguer des partis de la gauche traditionnelle qui avaient négocié la transition démocratique avec les militaires à la fin des années 1980 et avaient gouverné pendant la période 1990-2010.

Certains des leaders de ce mouvement de jeunes ont formé une coalition de partis politiques pour se présenter aux élections. Un certain nombre d’entre eux sont aujourd’hui parlementaires, maires, conseillers municipaux, etc.

Ces deux candidats sont à l’exact opposé de l’échiquier politique. De fait, les deux candidats des coalitions ayant gouverné le pays pendant trente ans, Yasna Provoste (ancienne ministre de Michelle Bachelet) et Sebastian Sichel (ancien ministre de Sebastian Pinera), n’ont obtenu que la cinquième et la quatrième place lors de ce premier tour.

Au bout de trente ans de gouvernement du centre droit et du centre gauche, ces partis n’ont peut-être pas su se renouveler. Il y a aussi eu des scandales politico-financiers qui ont touché la classe politique et contribué au ras-le-bol généralisé.

Les candidats aujourd’hui présents au deuxième tour ont sans doute mieux capté les tendances de la société chilienne contemporaine qui a énormément changé durant les dernières années.

Dans un tel contexte, les candidats Kast et Boric ont cherché à prendre du recul par rapport aux partis traditionnels.

Monsieur Kast est revenu vers les valeurs de la droite la plus traditionnelle du Chili, pour se distinguer des partis de centre droit, jugés trop libéraux en matière de sujets de société et trop permissifs en matière d’immigration et de sécurité. Cela concerne notamment la violence commise par des groupes terroristes dans la région de l’Araucanie et d’autres violentes manifestations de ces dernières années (attentats contre les transports publics, des églises, des bâtiments publics, des commerces, etc.).

Il a fait campagne en mettant l’accent sur l’ordre, la sécurité, la prospérité et la liberté. Il considère que le développement économique et social du Chili a été en grande partie redevable aux grands accords entre les coalitions politiques en faveur d’une économie de marché.

Il se présente comme la seule alternative face au populisme et à la violence.

Pour sa part, Monsieur Boric fait le diagnostic inverse en mettant l’accent sur les problèmes sociaux provoqués par le développement économique et réclame une intervention beaucoup plus forte de l’État dans l’économie.

En termes politiques, il considère que la gauche n’est pas allée assez loin durant les années de la transition démocratique et il a soutenu activement les manifestations de 2019. De fait, M. Boric est allié avec le Parti communiste chilien. S’il est élu, il gouvernera avec lui pour changer radicalement le modèle de société.

Deux visions différentes de la société
Il faut préciser que ce résultat était attendu, les sondages ayant annoncé que M. Kast allait gagner suivi de près par M. Boric.

Même si cela avait été annoncé par certains sondages, la grande surprise est la troisième place pour Franco Parisi, candidat indépendant de droite libérale résidant  aux États-Unis et qui a fait toute sa campagne à distance ! Ses électeurs seront un facteur clé pour élire le prochain président.

Ce sera un deuxième tour sans doute très serré et intéressant, mais pour lequel le candidat de la droite est favori. En effet, quand on s’intéresse à l’histoire récente du pays (1990-2020), le candidat qui gagne le premier tour est élu au deuxième tour sans exception.

Par alleurs, la tendance actuelle montre que la population cherche un rétablissement de la paix sociale après deux années très instables politiquement parlant, dures pour l’économie et pour les familles les plus vulnérables. Il faut ajouter que la crise du covid a bien évidemment compliqué la situation générale du pays. Certains analystes respectés ont déjà prévu la victoire de José Antonio Kast, même si, compte tenu de la situation « très liquide » de la politique du pays, tout peut arriver.
https://www.contrepoints.org/2021/11/27/415034-elections-au-chili-victoire-des-hors-parti

Élections incertaines au Chili, où un candidat pinochétiste a le vent en poupe
Rarement les résultats des scrutins, prévus ce dimanche, auront été aussi incertains. Les modérés sont en perte de vitesse.
Surprise de la campagne, l'avocat pinochétiste José Antonio Kast attire nombre d’électeurs de la droite officielle.
Surprise de la campagne, l'avocat pinochétiste José Antonio Kast attire nombre d’électeurs de la droite officielle. ©AP

Marie-France Cros
 

Lendemains incertains pour le pays le plus riche d’Amérique du Sud. Les électeurs chiliens doivent désigner dimanche leur nouveau Président, leurs nouveaux députés et renouveler la moitié du Sénat. Or les derniers...
https://www.lalibre.be/international/amerique/2021/11/21/elections-incertaines-au-chili-ou-un-candidat-pinochet—

 

.be/international/amerique/2021/11/21/elections-incertaines-au-chili-ou-un-candidat-pinochetiste-a-le-vent-en-poupe-VVOZND3RGRHVPES2Y5US7AVQCY/


La gauche triomphe au Chili avec l'élection du nouveau président Gabriel Boric

(reconnu même par LE FIGARO)

 

 La Rédaction avec AFP Il y a 1 heure 

Un poisson tropical au cercle polaire
Messi, Leonardo hallucine…

Les rues de Santiago comme dans de nombreuses villes du Chili ont explosé de joie à l'annonce de la victoire du candidat de gauche Gabriel Boric sur son adversaire d'extrême droite, José Antonio Kast, dimanche au second tour de la présidentielle.

© REUTERS/Rodrigo Garrido
Les rues de Santiago comme dans de nombreuses villes du Chili ont explosé de joie à l'annonce de la victoire du candidat de gauche Gabriel Boric sur son adversaire d'extrême droite, José Antonio Kast, dimanche au second tour de la présidentielle. C'est une véritable triomphe pour la coalition de gauche, dont est membre le Parti communiste, dans ce duel inédit depuis le retour à la démocratie en 1990 entre deux candidats aux projets de société diamétralement opposés. "Je suis heureux parce qu'il va y avoir beaucoup de changements qui vont aider le peuple et la classe ouvrière, les oubliés", a déclaré à l'AFP Luis Astorga, 58 ans, ouvrier du bâtiment descendu dans les rues de Santiago fêter la victoire.

Selon les résultats officiels quasi-définitifs (99,96% des bureaux de vote), M. Boric, qui à 35 ans est le plus jeune président du Chili et parmi les dirigeants les plus jeunes au monde, l'emporte avec 55,87% des voix contre 44,13% à M. Kast, un admirateur de la dictature d'Augusto Pinochet soutenu par l'ensemble de la droite chilienne. Plus d'un million de voix séparent les deux prétendants (4,6 contre 3,6). La participation dépasse les 55%, un plus haut historique depuis que le vote n'est plus obligatoire en 2012. Au 1er tour, elle était de 47%, lorsque José Antonio Kast était arrivé en tête (27,9% contre 25,8%), répétant qu'il était le candidat de "l'ordre, de la justice et de la sécurité". "Boric a réussi à mobiliser le segment le plus difficile à mobiliser: les jeunes", a estimé auprès de l'AFP la politologue Claudia Heiss.

C'est avec son projet d'Etat-providence, un changement d'ampleur dans le pays considéré comme le laboratoire du libéralisme en Amérique latine, que Gabriel Boric l'emporte en ralliant autour de lui la classe moyenne à moyenne supérieure, essentiellement à Santiago. Gabriel Boric entend promouvoir une grande réforme fiscale pour faire participer les plus riches à son programme de meilleur accès à la santé, à l'éducation et à la création d'un nouveau système de retraite, aujourd'hui entièrement privé. Le Chili est le pays le plus inégalitaire de l'OCDE. Costume sombre et chemise blanche ouverte au col, fines lunettes et barbe épaisse, il a promis aux dizaines de milliers de supporters rassemblés pour l'écouter dans le centre de Santiago "plus de droits sociaux" "tout en restant fiscalement responsables".


 





"J'en pleure de joie"
Une foule compacte et rieuse a envahi les rues de la capitale, agitant des drapeaux chiliens, dont la place d'Italie, épicentre des rassemblements en 2019 pour plus de justice sociale. La fête s'apprête à durer toute la nuit tant le retour d'une certaine forme du pinochétisme était crainte parmi la population. "C'est une lutte qui dure depuis de nombreuses années, depuis nos parents et nos grands-parents, et nous continuons à lutter contre tout ce que Kast signifie au Chili", dit Daniela, une serveuse de 27 ans. "C'est nous, les jeunes, qui devons faire avancer les choses. J'ai foi en lui, je crois en ce qu'il dit".

"J'en pleure de joie. Nous avons battu le fascisme, c'était comme une naissance. Je vais rentrer à la maison, je vais serrer mes enfants dans mes bras et boire une bière", a lancé Jennie Enriquez, 45 ans, employée de pharmacie. "Les jeunes ont compris qu'il fallait changer les choses et qu'un candidat comme José Kast était très dangereux. Les jeunes sont descendus dans la rue et ont montré qu'il y a des demandes qui doivent être satisfaites", estime Pedro Carballeda, 19 ans, étudiant en droit. Le président sortant Sebastian Piñera a félicité dans une discussion vidéo le nouveau chef de l'Etat élu qui prendra officiellement ses fonctions le 11 mars. "L'histoire nous a appris que lorsque nous nous divisons en guerres fratricides, les choses finissent toujours mal. Tout le Chili espère (...) qu'il y aura un très bon gouvernement pour le Chili et les Chiliens", a dit M. Piñera au président élu.

Avant lui, José Antonio Kast avait tenu à féliciter son adversaire: "Il mérite tout notre respect, beaucoup de Chiliens lui ont fait confiance", a-t-il déclaré après avoir reconnu sa défaite sur son compte officiel Twitter. De Cuba à l'Argentine, en passant par le Mexique, le Nicaragua, le Venezuela et le Pérou, les gouvernements de gauche d'Amérique latine ont exprimé leur satisfaction à la victoire de M. Boric. L'ancien président du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva (Parti des travailleurs, gauche), que les sondages donnent vainqueur de la présidentielle en 2022 dans un éventuel duel avec le président d'extrême droite Jair Bolsonaro, s'est dit "heureux d'une nouvelle victoire d'un candidat démocratique et progressiste dans notre Amérique latine, pour la construction d'un avenir meilleur pour tous".

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/la-gauche-triomphe-au-chili-avec-l-%C3%A9lection-du-nouveau-pr%C3%A9sident-gabriel-boric/ar-AARYIIv?ocid=uxbnd

NOTE D'YVAN BALCHOY

Tous ceux qui se basant sur des sondages, achetés bien chers pour mesurer déjà les résultats probables des élections françaises de mai,  devraient scruter à la loupe ce qui est heureusement arrivé au Chili et pondérer d'un peu plus de doutes leurs désirs qu'ils prennent déjà pour la réalité future de la France. (YB)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article