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Publié par YVAN BALCHOY

L'IMAGE OFFICIELLE  DE JOSEPHINE BAKER INTERROGEE PAR ROKAYA DIALLO
L'IMAGE OFFICIELLE  DE JOSEPHINE BAKER INTERROGEE PAR ROKAYA DIALLO

L'IMAGE OFFICIELLE DE JOSEPHINE BAKER INTERROGEE PAR ROKAYA DIALLO

 

« Faut-il que je sois blanche pour vous plaire mieux » chantait Joséphine Baker dans la chanson « Si j’étais blanche ». Dans une tribune à « l’Obs », la documentariste Rokhaya Diallo s’interroge sur les ambiguités d’une panthéonisation.


 

Le nom de Joséphine Baker convoque en moi des sentiments contradictoires. Admirative de la résistante héroïque, la femme noire que je suis a toujours été embarrassée par l’image de son corps présenté comme exotique. Et ces bananes qui ornaient ses hanches me rappellent celles jetées à la figure des footballeurs ou à celle de Christiane Taubira – tous assignés, à travers ce fruit, à une humanité inexorablement primitive.

 

Bien sûr, Joséphine Baker a été cette Parisienne ayant enfin le visage d’une femme non blanche, me permettant moi aussi de m’affirmer comme telle aujourd’hui. Bien sûr, je me réjouis de la voir rejoindre ce temple des « grands hommes » reconnus par notre patrie. Artiste engagée, elle est aussi la première star féminine noire de notre pays, la femme la plus photographiée du monde à son époque. J’admire la grâce avec laquelle elle s’est imposée au cours d’une période où les visages noirs étaient rares dans la sphère publique et où les corps des femmes étaient contraints....

 

Joséphine Baker est devenue un symbole antiraciste en résistant contre l’Allemagne nazie et en s’insurgeant contre l’Amérique raciste, mais, contrairement à Gisèle Halimi, dont la panthéonisation a été écartée, elle n’a jamais pris position contre la colonisation française.

 

Joséphine Baker au Panthéon : les secrets d’une décision présidentielle
On lui a même proposé d’être la reine de l’Exposition coloniale en 1931, comme si son existence justifiait le récit dominant quant à la nécessité coloniale. Joséphine Baker ne déplorait-elle pas dans la chanson « Si j’étais blanche » : « Je voudrais être blanche. Pour moi quel bonheur, si mes seins et mes hanches changeaient de couleur ! » avant de s’interroger : « Faut-il que je sois blanche pour vous plaire mieux ? »

De nos jours, aux Noir.e.s qui dénoncent le racisme, on oppose souvent le cas de Joséphine Baker, pensant ainsi prouver l’ouverture de notre pays en comparaison des terribles Etats-Unis alors éhontément ségrégationnistes. Mais ce mythe de la bienveillance française à l’égard d’Afro-Américain.e.s est fallacieux.

C’est ce qui m’a toujours perturbée. Je sais et j’ai toujours su que le sort de Joséphine ne relevait pas de la norme. La star flamboyante était une exception parmi la masse des damnés. Et je crains qu’elle ne soit devenue aujourd’hui le prétexte d’un discours voué à dédouaner la France pour mieux faire taire les critiques légitimes.

NOTE D'YVAN BALCHOY.

Rokaya Diallo que je suis souvent sur la chaîne LCI, où elle détonne clairement de la plupart des animateurs et journalistes inféodés au libéralisme le plus régressif nous permet de réfléchir à l'image offiicielle de Josephine Baker préférée celle de Gisèle Halimi par un président symbole maître de l'ambiguïté politique.

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