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Publié par YVAN BALCHOY

06-10-21- ZEMMOUR A 17 %. UNE EPATE POUR LA MAJORITE (?) ET LES JOURNALISTES DE LA DROITE CAVIAR.

 

 

ZEMMOUR A 17 %.

Un sondage de plus dont les sondeurs me paraissent plus acteurs sinon complices de ce démagogue d'extrême- extrême droite. Nous ne devons pas oublier que dans le monde où nous vivons dominé, payé par le capitalisme et le libéralisme et ses dérives d'extrême droite, arrêtons de donner une objectivité scientifique à une manoeuvre électorale, soutenue de façon souterraine par des courants divers dont par exemple le pouvoir actuel qui aurait tout à gagner d'être opposé au deuxième tour à ce candidat qui civiquement ne sent pas bon.

D'abord  cette présence de Zemmour au deuxième tour est incluse dans la marge d'erreur qui disparaît dans les pourcentages fixes attribués à chaque candidat.

Je reste persuadé que les mauvais chiffres attribués à la gauche au sens large sont voulus sinon payés par certains tout autant que les 32 % donnés à l'extrême droite qui correspondent aux souhaits de certains partis ou médias.

Il est tellement facile via le choix de la personne questionnée, via les termes mêmes d'orienter vers la réponse qu'on souhaite.

Comme le dit une journaliste actuellement sur LCI on assiste a un  sondage qui pour sonder Zemmour au deuxième tour est prêt à tordre les chiffres du premier tour qui, le croit-il, va lui donner une publicité dans l'opinion publique.

Malsain au plus haut point !

Non les idées égoïstes de la droite ne s'imposent pas autant que ne veulent nous faire croire les faux prophètes venant d'instituts de sondages bien plus solidaire entre eux qu'ils le nient.

Yvan Balchoy

 

 

 

 

QUELQUES REFLEXIONS INTERESSANTES SUR LES SONDAGES

 

Par Alexandre Bertolini
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Éric Zemmour lors de la "Convention de la droite" le 28 septembre 2019. © CORET 
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« Par définition les sondages ne se trompent jamais, car ils n’ont pas vocation à prédire », disait l’ancienne patronne du MEDEF et de l’institut de sondage IFOP Laurence Parisot en 2007. 14 ans plus tard, les sondages parlent, et Éric Zemmour se tait, alors que l’hypothèse de sa candidature à la présidentielle de 2022 est sur de nombreuses lèvres. 

Le dernier d’entre eux, un sondage de l’IFOP, commandé par Le Club de la Presse, lui donne 17% d’intentions de vote au premier tour de la présidentielle 2022… Dans le cas, très improbable et particulièrement favorable pour lui, d’une absence de Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan. « Il faut tester Zemmour en concurrence avec eux », appelle le sondeur et politologue Jérôme Sainte-Marie. Une figure de la droite hors les murs ose même parler de « plaisanterie » pour qualifier le sondage du 3 mars. Paul-Marie Couteaux, directeur de la revue Le Nouveau Conservateur, proche d’Éric Zemmour et ancien porte-parole de la campagne de Marine Le Pen en 2012, va dans ce sens et affirme que ce sondage n’a « aucune signification ».

https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/politique/eric-zemmour-a-17-au-premier-tour-de-la-presidentielle-le-gran


Pour tenter de se justifier, Le Point, repaire de tous les Albert Londres de la planète médiatique, invoqua les devoirs les plus nobles du journalisme : « un journaliste ne s’interdit de poser aucune question, et surtout les plus dérangeantes ou les plus "sensibles" ». Ou plus exactement, celles qui permettent de faire le « buzz » et le « clash », non ?

Ce n’est pas tout. « Ce sondage, nous a-t-on dit, ne reprend pas la méthode des quotas, il est empirique, et ouvert à tous ceux qui veulent y répondre, et sans filtre. Et c’est en cela qu’il donne une photo de l’état de l’opinion à un instant T. » Ici encore, « empirique » est un bel euphémisme pour éviter d’admettre l’inanité de ces enquêtes qui n’en sont pas et, dans le cas présent, d’une « méthode » que les sondologues spécialisés les plus désinvoltes renieraient sans doute : comme si la méthode des quotas était la seule à fournir un échantillon représentatif et comme si les lecteurs du Point pouvaient garantir cette représentativité. Quant à la « photo de l’état de l’opinion à un instant T », ça en jette, non ?

3. Poser la question, imposer la réponse

Si, comme on l’a vu, les questions sont fréquemment ineptes, leur formulation même oriente voire induit souvent les réponses, mettant au jour l’un des travers principaux de ce type de procédé journalistique. En version Le Figaro, cela donne [8] :

Manière mal dissimulée de critiquer à peu de frais tel personnage public ou sa politique, les questions du Figaro, passé maître en la matière, se révèlent le plus souvent purement rhétoriques. On laisse apparemment l’opinion de chacun s’exprimer librement… en sous-entendant la « bonne réponse ».

Le Parisien, de son côté, n’est pas en reste : ses vraies-fausses questions accouchent régulièrement de vrais-faux plébiscites qui viennent conforter – ô miracle - ce que son auteur voulait faire dire à son « sondage ». Un exemple [9] :

Sous couvert de questions qui laissent a priori au lecteur le choix entre deux voire trois réponses possibles (oui, non, sans opinion), il s’agit en réalité de questions très fermées et très biaisées. Tout se passe comme si les journalistes ne cherchaient qu’à faire ratifier, par ceux qui les lisent, un verdict rendu d’avance [10].

4. Question(s) de présentation…

Plus subtile, la mise en page des questions, plus encore que leur formulation est aussi un outil permettant d’orienter les réponses, comme en témoigne ce qui suit [11] :

L’agencement de la page et des différents articles, soigneusement choisi, ne peut qu’aiguiller la réponse du lecteur pressé ou sans opinion préalable sur la question. L’Éducation nationale va mal ? Une solution s’impose : les professeurs doivent travailler davantage. De même que sur la situation à Marseille, il y a une réponse toute trouvée. Après le matraquage des articles préliminaires, peut-on réellement vouloir autre chose que « des mesures exceptionnelles pour rétablir la sécurité » [12] ?

Par conséquent, difficile de répondre de manière objective à de telles questions quand les gros titres et les photos qui les précèdent ou les accompagnent conditionnent à ce point le lecteur. Tout indique que les dés sont pipés : il y a bien souvent une réponse nettement plus « logique » et attendue que l’autre.

III. Consultation médiatique, illusion démocratique

À l’heure où le monde politique semble plus que jamais coupé du monde réel et où le citoyen aspire à être davantage partie prenante des affaires de la cité, on pourrait croire que les journalistes viennent opportunément combler les attentes de ce dernier en pratiquant le micro-trottoir au quotidien. Sans doute ces sondages « ouverts à tous ceux qui veulent y répondre, et sans filtre » font-ils de chaque lecteur un électeur en puissance susceptible d’exprimer, plusieurs fois par jour, par son vote, son opinion sur les sujets les plus divers. Pourtant, en feignant de donner la parole, le micro-trottoir confisque le débat. Car l’un des effets les moins aperçus et les plus pervers de cette sondomanie est l’illusion démocratique qu’elle entretient : paradoxalement, ces « études d’opinion » stimulent (un peu) et entravent (beaucoup) le débat public dans le même mouvement. À ses lecteurs, auditeurs et autres téléspectateurs, les questions offrent une occasion de donner son avis au sens le plus littéral du terme, ce qui, sans même parler de la capacité de chacun à « bien réceptionner » la question et à y répondre, masque d’autant mieux l’imposition des questions ou leur caractère biaisé.

C’est parce qu’elle offre, sur le mode de la consultation électorale référendaire chaque jour recommencée, la possibilité à tous de s’exprimer sur tout, que la question du jour donne un sentiment d’interactivité et d’implication accrue de chacun dans les choses de la cité. Pris dans cette « logique du clic », on ne cesse de « voter » « dans une situation qui est au fond celle de l’isoloir, où l’individu va furtivement exprimer dans l’isolement une opinion isolée » [13] sur une question isolée… et imposée. Les « votants » sont certes consultés chaque jour, mais on en vient à oublier que sont imposées les questions, et parfois les réponses. Et si l’on prolonge l’analogie électorale, on constate que ces référendums se soldent le plus souvent par des plébiscites comme l’attestent certains exemples présentés ci-dessus. Entretiens au rabais à l’origine, ils finissent par « faire vrai » aux yeux du lecteur tant ses résultats semblent incontestables et peu contestés.

Tout ceci pourrait prêter à rire si ces études, sondages et autres pseudo-enquêtes n’étaient pas repris et relayés à l’envi dans et par les médias, constituant in fine non seulement des problématiques imposées par eux et pour eux, mais ayant à terme force de preuve et de vérité alors que par leur nature même ils ne peuvent prétendre ni à l’une ni à l’autre. Loin de décrire des réalités ou des opinons pré-existantes, ces purs « artefacts dépourvus de sens » les prescrivent. Toutes ces questions en trompe-l’œil nourrissent donc l’illusion d’une miraculeuse vitalité démocratique… dans laquelle le citoyen est certes assailli de questions, mais sevré de débats effectifs et d’éléments de réponse rigoureux.

Thibault Roques

 https://www.acrimed.org/Questions-du-jour-Caricatures-de-sondages-et-simulacre-de-democratie

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