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Publié par YVAN BALCHOY

IGOR BARYSHEN EN BELGIQUE EN 1960

IGOR BARYSHEN EN BELGIQUE EN 1960

JE VOULAIS SEULEMENT VIVRE

JE VOULAIS SEULEMENT VIVRE

 

 

Rappelons-nous 1960 et l'indépendance tumultueuse du Congo.  Ce fut l'année de mon service militaire jumelé à ma première année de théologie à la caserne d'Alost.

 

Mais un autre événement, très positif eut lieu aussi cette année-là: l'arrivée inattendue d'un jeune soviétique au cœur de notre fraternité du Chant d'oiseau. Il s'appelait Igor Baryshev et venait de Tachkent un des républiques musulmane d'URSS.

 

Ingénieur dans un bateau il profita d'une escale à Anvers pour demander un police station et choisir, selon les mots en usage alors, la liberté. Comme il était recherché par l'ambassade de son pays, il fut décidé de le mettre en lieu sûr et ce fut le convent franciscain du Chant d'oisseau qui fut choisi.

 

Comme j’étais la seule personne qui, sur place, parlait le russe, nous nous sommes rapprochés naturellement et ce qui au départ dut de ma part une grand curiosité devint vite un vive amitié.

 

Igor en découvrant une nouvelle manière de vivre en Belgique, sans le communisme soviétique qui l'avait bercé toute sa vie, projeté au sein d'une communauté franciscaine vivant une vie religieuse, se posa vite mille questions existentielles. On l'avait élevé dans la certitude scientifique et politique d'un athéisme d'état à présent il voyait autour de lui une quarantaine,ne d'hommes plutôt jeunes pour qui Dieu était en principe le centre de leur vie.

Il m'a beaucoup parlé de sa mère qu'il espérait sans aucune certitude retrouver un jour ainsi qu'un petit frère qui lui étaait cher.

Je me rappelle qu'il me demandait de la patience car il ne voulait choisir éventuellement une autre voie que le marxisme qu'en toute connaissance de cause. 

 

Ce qui me plut grandement en lui, c'est son honnêteté intellectuelle et la qualité de sa culture qui démontrait clairement qu'en Union soviétique la jeunesse recevait une formation scientifique et morale de qualité.

 

Je me rappelle tout particulièrement, lors d'une promenade dans le parc du couvent, lui avoir posé la question qui me taraudait depuis notre rencontre.

 

Igor, pourquoi as-tu quitté ton pays, pour la liberté, pour t'enrichir, connaître autrement le monde. Sa réponse fut brève et il ne compléta jamais.

 

"JE VOULAIS SEULEMENT VIVRE !"

 

Je pense qu'il étouffait dans une société soviétique  assez sclérosée et espérait trouver dans le monde dit "libre" une réponse qu'il identifiait, , me semble-t-il alors, un peu avec l'Amérique.

 

Quelques mois après avoir vécu en Belgique, il obtint un visa pour les USA mais revenu plus tard en Europe il m'exprima sa déception en me racontant notamment qu'on avait essayé de faire de lui un espion et que, bien entendu, s'il voulait faire une autre expérience de vie, il ne lui était possible de trahir son pays.

 

Nous avons alors échangé sur l'Amérique et la vie qu'il y avait trouvée. Il finit par me dire sa grande déception en me confiant qu'à ses yeux l'Amérique lui paraissait plus matérialiste que l'Union soviétique.

 

Nous avons longtemps gardé le contact, lui depuis Sydney en Australie où il s'était fixé, avait épousé VERA une jeune fille russe avec qui manifestement il se ssont forgé une belle famille que j'eus la joie en 1974 de rencontrer chez moi au terme pour lui, son épouse et deux fils si je me souviens bien, qui venaient fe visiter et camping-car l'Europe.Lui me retrouvait marié avec Marie Suzanne, une française de la Saône et Loire avec à ce moment à deux enfants Claire et Sandrine encore très jeune comme ses propres enfants.

 

Longtemps nous avons tenu une correspondance un peu espacée entre l’Australie si lointaine et la Belgique mais j'ai compris qu'Igor vivait une vie familiale et professionnelle heureuse avec finalement quatre enfants et, sans qu'il m'en parlât beaucoup, il ne révéla aussi le caractère orthodoxe de son couple.

 

Finalement, vers 2010, peut-être, il y eut une césure dans nos échanges épistolaires, je perdis, je crois son adresse par ma faute, et vers 2018-2019 je tentai par internet de retrouver sa trace.

 

Ce fut ardu car je rencontrai d’abord un Igor Baryshev au Canada qui sembla s'identifier à mon récit de notre rencontre en 1960 mais je compris vite qu'il n'en n'était rien.

 

Malheureusement, un jour en recherchant à la fois Sydney et IGOR BARYSHEV je découvris un article nécrologique qui pouvait être le sien - j'espérais me tromper - Je laisser alors un message pour rappeler ma rencontre ancienne et si riche avec Igor en espérant que mes mots parviendraient un jour à sa famille.

 

Cette année enfin, il y a trois jours, Anna Natacha

 

Rappelons-nous 1960 et l'indépendance tumultueuse du Congo.  Ce fut l'année de mon service militaire jumelé à ma première année de théologie à la caserne d'Alost.

 

Mais un autre événement, très positif eut lieu aussi cette année-là: la survenue inattendue d'un jeune soviétique au coeur de notre fraternité du Chant d'oiseau. Il s'appelait Igor Baryshev et venait de Tachkent un des républiques musulmane d'URSS.

 

Ingénieur dans un bateau il profita d'une escale à Anvers pour demander un police station et choisir, selon les mots en usage alors, la liberté. Comme il était recherché par l'ambassade de son pays, il fut décidé de le mettre en lieu sûr et ce fut le convent franciscain du Chant d'Oiseau qui fut choisi.

 

Comme j’étais la seule personne qui, sur place, parlait le russe, nous nous sommes rapprochés naturellement et ce qui au départ dut de ma part une grand curiosité devint vite un vive amitié.

 

Igor en découvrant une nouvelle manière de vivre en Belgique, sans le communisme soviétique qui l'avait bercé toute sa vie, projeté au sein d'une communauté franciscaine vivant une vie religieuse, se posa vite mille questions existentielles. On l'avait élevé dans la certitude scientifique et politique d'un athée et à présent il voyait autour de lui une quarantaine,ne d'hommes plutôt jeunes pour qui Dieu étai par principe le centre de leur vie.

 

Je me rappelle qu'il me demandait de la patience car il ne voulait choisir éventuellement une autre voie que le marxisme qu'en toute connaissance de cause. 

 

Ce qui me plut grandement en lui, c'est son honnêteté intellectuelle et la qualité de sa culture qui démontrait clairement qu'en Union soviétique la jeunesse recevait une formation scientifique et morale de qualité.

 

Je me rappelle tout particulièrement, loirs d'une promenade dans le parc du couvent, lui avoir posé la question qui me taraudait depuis notre rencontre.

 

Igor, pourquoi as-tu quitté ton pays, pour la liberté, pour t'enrichir, connaître autrement le monde. Sa réponse fut brève et il ne compléta jamais.

 

"JE VOULAIS SEULEMENT VIVRE !"

 

Je pense qu'il étouffait dans une société soviétique  assez sclérosée et espérait trouver dans le monde dit "libre" une réponse qu'il identifiait, me semble-t-il alors, un peu avec l'Amérique.

 

Quelques mois après avoir vécu en Belgique, il obtint un visa pour les USA mais revenu plus tard en Europe il m'exprima sa déception en me racontant notamment qu'on avait essayé de faire de lui un espion et que, bien entendu, s'il voulait faire une autre expérience de vie, il ne lui était possible de trahir son pays.

 

Nous avons alors échangé sur l'Amérique et la vie qu'il y avait trouvée. Il finit par me dire sa grande déception en me confiant qu'à ses yeux l'Amérique lui paraissait plus matérialiste que l'Union soviétique.

 

Nous avons longtemps gardé le contact, lui depuis Sydney en Australie où il s'était fixé, avait épousé VERE une jeune fille russe avec qui manifestement il se forgèrent une belle famille que j’eus la joie en 1974 de rencontrer chez moi au terme pour lui, son épouse et deux fils si je me souviens bien, qui venaient de visiter et camping-car l'Europe.Lui me retrouvait marié avec Marie Suzanne, une française de la Saône et Loire avec à ce moment à deux enfants Claire et Sandrine encore très jeune comme ses propres enfants.

 

Longtemps nous avons tenu une correspondance un peu espacée entre l’Australie si lointaine et la Belgique mais j'ai compris qu'Igor vivait une vie familiale et professionnelle heureuse avec finalement quatre enfants et, sans qu'il m'en parlât beaucoup, il ne révéla aussi le caractère orthodoxe de son couple.

 

Finalement, vers 2010, peut-être, il y eut une césure dans nos échanges épistolaires, je perdis, je crois son adresse par ma faute, et vers 2018-2019 je tentai par internet de retrouver sa trace.

 

Ce fut ardu car je rencontrai d’abord un Igor Barysphère au Canada qui sembla s'identifier à mon récit de notre rencontre en 1960 mais je compris vite qu'il n'en n'était rien.

 

Malheureusement, un jour en recherchant à la fois Sydney et IGOR BARYSHEV je découvris un article nécrologique qui pouvait être le sien - j'espérais me tromper - Je laisser alors un message pour rappeler ma rencontre ancienne et si riche avec Igor en espérant que mes mots parviendraient un jour à sa famille.

 

Cette année enfin, il y a trois jours, Anna Natacha  Barysheva  a répondu à ma requête en m'annonçant malheureusement la mort d'Igor en 2019 victime de la terrible maladie de Parkinson mais m'en enrichissant de ce que fut la vie surtout familiale d’Igor et de Vera qui avait trouvé ma requête sur Facebook.

 

Je compte consacrer un  autre article sur le si regretté Igor, à partir des révélations de sa fille et du récit de sa vie qu'il nous laisse heureusement. Merci encore à Vera et Anna Natacha d'avoir si bien répondu à mon désir de retrouver ce jeune soviétique devenu entre temps australien avec qui j'ai tant partagé sur le sens de nos vie et aussi la richesse de cette Russie qui reste si précieuse à mon cœur.

 

Yvan Balchoy

 

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