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Publié par YVAN BALCHOY

08-07-21- LIBERTE D'OPINION : QUAND LE SOUTIEN AUX DROITS DES PALESTINIENS ENTRAÎNE LICENCIEMENTS ET REPRESAILLES (RADHICA SAINATH (INVESTIG'ACTION : MICHEL COLLON)

 

 


   
Une vague effrayante de licenciements, de menaces et de représailles contre des écrivains et des militants pro-palestiniens a glacé le climat politique. Aujourd’hui, plus que jamais, « l’exception palestinienne » remet en question les normes de la liberté d’expression.
 

La semaine dernière, la nouvelle selon laquelle l’Associated Press avait licencié une jeune journaliste en raison de son soutien aux droits des Palestiniens alors qu’elle était encore étudiante à Stanford a fait exploser Twitter.

Les Stanford College Republicans (qui ont souvent dénoncé la culture de l’annulation) – [La cancel culture, ou call-out culture, est une pratique née aux États-Unis consistant à dénoncer publiquement, en vue de leur ostracisation, des individus, groupes ou institutions responsables d’actions, comportements ou propos perçus comme problématiques,NdT] se sont vantés d’avoir réussi à « annuler » Emily Wilder, ce qui a smblé d’autant plus choquant que cela s’est produit au moment même où Israël venait de bombarder le bureau de l’AP à Gaza.

On parle beaucoup ces jours-ci de l’hypocrisie des libéraux et de la droite concernant la culture de l’annulation et de la façon dont la Palestine en est un parfait exemple. En 2015, Palestine Legal (où je travaille) et le Center for Constitutional Rights ont publié un rapport appelant cela l’exception palestinienne à la liberté d’expression. Existe-t-il une « exception palestinienne » ? La Palestine est-elle la « réelle » culture de l’annulation ? Ou alors sommes-nous en face de quelque chose de pire ?

Alors que les Palestiniens se rassemblent dans des soulèvements sans précédent pour lutter contre le nettoyage ethnique et l’apartheid dont Israël se rend coupable, les étudiants, les professeurs, les militants de base et à peu près tous ceux qui ont une conscience lèvent la voix pour s’opposer au soutien américain des crimes de guerre israéliens.

Et ici, à Palestine Legal, nos téléphones ne cessent de sonner, saturés de rapports de censure et de tentatives de censure, chacun d’entre eux peut ressembler à un incident isolé de culture d’annulation, mais ensemble, ils peignent une image de répression systématique.

La semaine dernière, une personne nous a raconté comment Facebook l’avait bloquée pendant trente jours pour avoir publié une réponse affirmant « qu’Israël esta hacienda terrorism por racismo… matando ninos y mujeres y mintiendo q eran terrorists » (Israël pratiquait le terrorisme raciste… en tuant des enfants et des femmes et en mentant proclamant que c’était des terroristes) – alors que le message original qualifiant les Palestiniens tués à Gaza de « terroristas » a été conservé. Nous avons appris que les transactions Venmo [Venmo est un service de paiement mobile détenu par Paypal,NdT] sont bloqués si le mot « Palestine » y figure, mais que les propos indiquant que l’argent est destiné aux « bombes à fragmentation israéliennes » et aux « armes chimiques des Forces de Défense Israéliennes » transitent directement sans problème. Et c’est sans compter les centaines de rapports que des groupes comme Access Now et 7almeh ont reçu de sociétés de médias sociaux suspendant des comptes et bloquant des hashtags d’utilisateurs dénonçant la violence de l’armée israélienne.

Ce n’est pas seulement la Big Tech qui censure le soutien à la Palestine.

Des personnes ayant de la famille en Palestine ont déclaré avoir perdu leur emploi ou avoir été menacées pour avoir, sur les médias sociaux, publié leur opposition à l’expulsion, à la discrimination ou au meurtre de membres de leur famille par Israël.

Au Middlebury College, dans le Vermont, Kamli Faour, étudiante américaine de niveau supérieur, d’origine palestinienne et co-présidente de Students for Justice in Palestine (SJP), a reçu de multiples menaces après que son groupe a lancé un site Web didactique sur l’apartheid israélien. Craignant pour sa sécurité, Faour n’a pas quitté sa chambre pendant plusieurs jours et a envisagé de quitter le campus (Le coprésident juif de SJP, Matt Martignoni, n’a pas reçu de telles menaces, bien que Middlebury ait fait pression sur lui, il est petit-fils de survivants de l’Holocauste, afin qu’il supprime du site Web du groupe toute critique envers le sionisme). Des parents ont demandé que les SJP soient exclus des logements étudiants sur le campus, tandis que le groupe anti-palestinien StandWithUs a menacé Middlebury d’une plainte pour atteinte aux droits civils, affirmant que le fait d’autoriser SJP à faire la publicité du lien du du site web End Israeli Apartheid sans être puni créait un « double standard » antisémite.

Bien qu’en 2017, l’université ait publié une déclaration pour défendre le discours de Charles Murray, suprémaciste blanc décrié, elle a dit aux étudiants de SJP – qui ont demandé à plusieurs reprises une déclaration reconnaissant le droit du groupe à exister et à s’exprimer sur le campus – qu’elle n’était pas en mesure de le faire car « tout autre message de l’administration entraînera très probablement une escalade et non une diminution du préjudice ».

Dans le sud, à Tallahassee, en Floride, le jeune Palestinien Ahmad Daraldik vient de déposer une plainte pour atteinte aux droits civils auprès de l’Office for Civil Rights du ministère de l’Education, après que l’université d’État de Floride a non seulement toléré mais amplifié une discrimination anti-palestinienne rampante pendant près d’un an. En juin dernier, Ahmad est entré dans l’histoire en devenant le premier Palestinien à être élu président du Sénat des étudiants. Mais quelques jours plus tard, des étudiants anti-palestiniens ont déterré un post Instagram où Daraldik, qui a passé une partie de son enfance en Cisjordanie, maudissait l’occupation israélienne.

Daraldik a fait l’objet d’une violente campagne de dénigrement à laquelle ont participé des législateurs de l’État de Floride, y compris le directeur responsable de la réponse de l’État au Covid-19, des parents et des donateurs en colère, et même une application de cyber intimidation sponsorisée par le gouvernement israélien.

Au cours des deux dernières semaines, nous avons reçu un nombre record d’appels de personnes aux États-Unis qui sont censurées, menacées ou faussement accusées d’antisémitisme parce qu’elles soutiennent les droits des Palestiniens. La doyenne d’une université publique de la côte Est a interdit aux étudiants de publier sur les médias sociaux des messages qui seraient en faveur d’un « camp. » La doyenne s’est ensuite excusée, après que les étudiants ont invoqué le Premier amendement, en basant leur contestation sur une inquiétude pour leurs perspectives d’emploi.

Mais l’histoire de la façon dont les personnes qui ont osé critiquer Israël ont perdu leur emploi n’est pas nouvelle. Y a-t-il un professeur, où que ce soit dans ce pays, qui ne se souvient pas comment Steven Salaita a été licencié d’un poste de titulaire à l’Université de l’Illinois Urbana-Champagne pour avoir écrit des tweets critiquant le bombardement de Gaza par Israël en 2014 ? Salaita a intenté un procès et l’université a finalement transigé, mais le rêve de Salaita d’enseigner et de faire de la recherche n’est plus. Il conduit désormais un bus scolaire.

Et, bien sûr, on peut citer Marc Lamont Hill, qui lui a été licencié de CNN, mais aussi Angela Davis, qui elle s’est vue retirer un prix des droits humains (il a été réattribué), et des éducateurs partout dans le pays ont perdu leur emploi pour avoir soutenu la liberté des Palestiniens, s’être élevés contre l’idéologie politique du sionisme, ou avoir simplement partagé un article du New York Times dont le titre était « DES ISRAËLIENS TUENT PAR DIZAINES À GAZA. » (Cela arrive aussi au Canada.)NOTE D'YVAN BALCHOY

Vous pouvez lire l'article intégral sur l'excellent site  "INVESTIG'ACTION" de Michel Collon

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