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Publié par YVAN BALCHOY

 

 

Monsieur Charles Michel en acceptant de gouverner avec la N-VA et en confiant  ainsi certains postes des  les plus importants du gouvernement  Belge à ce  parti nostagique des traitres de 40-45,  vous vous êtes reniés vous mêmes car il y a peu vous déclariez impensable de collaborer avec un parti incivique..

 

  Le choix de Théo Francken, membre de l'extrême droite  raciste et anti-belge pour s'occuper des réfugiés et immigrés  est un acte de forfaiture de nouveau premier Ministre qui, je le rappelle, se trahit lui-même par ce choix.

 

 

 

DU SITE D’ALAININDEPENDANT, cette réflexion tellement actuelle !


L'Evangile est-il compatible avec le libéralisme ? par P. VILAIN - Témoignage Chrétien  du 22/03/07

 

Si l'on place face à face, l'état du monde, tel qu'il respire, et la Parole de Dieu dont Populorum progressio souligne et signe la brûlante actualité, la contradiction est radicale. La planéte est loin, très loin, de mettre le cap sur le vivre ensemble fraternel d'une planète sans frontières qu'implique une gérance pertinente de la Création. Gérance que le Dieu trinitaire, unique propriétaire de la terre, a confiée, en totale confiance à l'homme. L'homme - féminin autant que masculin - que ce Dieu à créé à son image et ressemblance, c'est à dire habité du désir d'aimer et d'être aimé.

L'opposition est en effet irréductible entre la Parole qui enflamme les pages de la Bible et le credo libéral contemporain. Autant dire, le libéralisme sans freins ni frontières tel qu'il fonctionne aujourd'hui. D'un côté, voici l'homme, gérant de la planète que son créateur lui confie pour qu'il la garde. C'est-à-dire qu'il la fasse prospérer sans la détruire, et en accordant la priorité aux petits et aux faibles. De l'autre, voici l'argent tout-puissant qui s'approprie l'économie, voire la société tout entière. Au profit d'une minorité de privilégiés et au prix de l'exclusion des faibles et des petits. Quel divorce !
Les exemples sont multiples. Dans la Bible, qu'il s'agisse du Premier ou du Nouveau Testament, comme dans la société livrée aujourd'hui à la férocité de l'argent tout puissant. Hélas la place manquera, ici, pour les uns comme pour les autres. Et un choix est toujours cruel.

Amos et Isaïe

Dans une foule d'autres analogues, j'ai sélectionné deux textes du Premier Testament parce que tous deux rappellent, avec une force étonnante, que le droit et la justice disposent d'une priorité indiscutable sur le culte. Voici d'abord Amos, un bouvier que Dieu à appelé de derrière le troupeau. Son propos (6, 2l/24) est sans la moindre ambiguïté. "Je déteste, je méprise vos pèlerinages. Je ne puis sentir vos rassemblements quand vous faites monter vers moi vos holocaustes [… ].Éloigne de moi le brouhaha de tes cantiques; le jeu de tes harpes, je ne peux pas l'entendre. Mais que le droit jaillisse comme les eaux et la justice comme un torrent intarissable."

Isaïe, à mes yeux le plus grand de tous les prophètes, ne dit pas autre chose. Un exemple (1,11/17) parmi d'autres. "Les holocaustes des béliers, la graisse de veau j'en suis rassasié Cessez d'apporter de vaines offrandes. Vas solennités, je les déteste. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, faites droit à l'opprimé, faites droit à l'orphelin, prenez la défense de la veuve "

Je n'insisterai pas. Si ce n'est pour évoquer le contexte dans lequel les prophètes, Oracles du Seigneur, parlent au nom de Dieu lui–même. Les propos d'Amos, d'Isaïe et de tous les autres sont d'une rare violence voire scandaleux, appréciés dans la société de leur temps.

Lorsqu'ils rejettent le culte au profit du droit et de la justice en faveur des pauvres, ils bousculent tout l'ordre politico-religieux établi. Dommage que l'on ne puisse en dire davantage sur le premier testament. Ne serait-ce que pour témoigner que les citations retenues ici ne constituent pas des exceptions. Très loin s'en faut!

Jérémie affirmait qu'épouser la cause des pauvres, c'était "connaître Dieu".

Voici maintenant le Nouveau Testament. Le langage de Jésus est clair et tranchant. Qu'il s'agisse de la loi, du pouvoir, du partage des richesses, de la relation à I'autre et aux autres, c'est toujours la priorité aux pauvres qui constitue la pierre de touche de la radicalité évangélique. Comment, dès lors, ne pas privilégier le texte, fondateur en quelque sorte, de cette radicalité ? Le chapitre 25 de Matthieu, dit du Dernier Jugement. Un texte qui concerne toutes les nations rassemblées C'est dit au mot à mot. L'évangéliste ne peut mieux souligner la dimension collective autant que personnelle des exigences concernées."j'avais faim… j'avais soif... j'étais prisonnier… étranger, sans abri…Tout ce que tu as fait ou n'a pas fait à l'une ou à l'un de ces petits qui sont mes sœurs et mes frères, c'est à moi que tu l'as ou ne l'as pas fait". Le prophète Jérémie affirmait déjà qu'épouser la cause des pauvres c'était connaître Dieu. Le texte de Matthieu fait mieux que le confirmer. Là où est le pauvre là est notre Dieu !

La grande désillusion

Les exemples de l'argent tout puissant qui caractérise le libéralisme d'aujourd'hui ne sont pas plus difficiles à recenser que les repères bibliques. Y compris chez les experts qui se veulent et s'affirment libéraux. Face à la vague financière déferlante incontrolée, ils ne sont pas les derniers à lancer un SOS. "Le capitalisme est en train de s'autodétruire" annonce en titre le livre de Patrick Artus et Marie Paul Virard (La découverte) Et Stiglitz, prix Nobel d'économie ancien patron de la Banque mondiale avant de devenir le conseiller économique privilégié de Clinton, alors président des États Unis, ne craint de présenter la mondialisation économique et financière comme la "grande désillusion"

Pour ces spécialistes et beaucoup d'autres qu'il serait fastidieux de citer ici, le libéralisme va dans le mur. Pourquoi ? "Parce que, répondent Patrick et Marie Paule Virard, il s'agit d'un capitalisme sans projet, qui ne fait rien d'utile de ses milliards, qui ne s'investit pas, qui ne prépare pas l'avenir." L'objectif est ce produire de l'argent le plus rapidement possible pour des actionnaires qui se moquent du lendemain et du présent des pauvre. Je ne veux pas multiplier les chiffres pour éviter d'être trop ennuyeux. Ils ont toutefois le mérite d'être significatifs. En 2005 les entreprises du CAC 40 ont engrangé 80 milliards d'euros de profits. Un chiffre en progrès de 22% sur une année. Pour le seul premier semestre 2005 les fonds de pensions ont collecté -pour la seule France- près de 8 milliards d'euros. Qu'importe si -sans compter les derniers venus qui ne sont pas les plus riches- I'Europe compte aujourd'hui 50 millions de pauvres. Qu'importe si toutes les trois secondes un enfant meurt quelque part dans le monde. Le plus souvent victime de la misère. L'argent tout-puissant s'en moque. Son objectif est de devenir maître et seigneur propriétaire de la planète. Autant dire qu'il vole comme un voyou le bien de Dieu. Une propriété divine que le Créateur a confiée en gérance à l'homme lui témoignant une confiance ainsi sans restriction.

Comme tous les autres, l'arbre libéral actuel se juge à ses fruits. Or non seulement les inégalités ne se réduisent pas mais elles s'accroissent. Un seul chiffre parmi d'autres. Entre le cinquième des êtres humains vivant dans les pays les plus pauvres et le cinquième habitant dons les pays les plus riches, l'écart des revenus était de un à trente en 1960 il était, en 1997, de un à soixante-quatorze.

Parole usée ?

Je sais que l'on m'adressera un reproche. La société complexe, financièrement en permanente communication de l'aujourd'hui, n'a rien à voir avec la Palestine agraire du temps de Jésus. C'est vrai et c'est faux. Vrai, c'est une évidence. Faux parce que dans un cas comme dans l'autre, c'est l'homme et son devenir qui sont mis en question. L'homme et Dieu lui-même puisque Dieu s'est fait homme pour rejoindre celui-ci à tout jamais. Sans tricher. Sans faire semblant, comme le disent volontiers les enfants. C'est vrai et c'est faux, car la et les différences n'interdisent pas, tout au contraire, de mettre en regard l'une de l'autre la Parole de Dieu et la situation actuelle, selon le mot de mon ami dominicain Alain Durand, à la vérité, tout dépend du regard que l'on porte aujourd'hui sur la Parole de Dieu et sur celles et ceux qui nous l'apportent.

Lorsqu'on ose prétendre que la Parole est désormais trop vieille et usée pour être encore fructifiante aujourd'hui, on la renvoie -consciemment ou non- dans un musée, sinon dans une sacristie. Autant dire que la Parole est assassinée. Réduite à figurer, en plus ou moins bonne place, dans les exhortations et les cérémonies. Si, tout au contraire, on scrute inlassablement la Parole, seul ou en groupe, pour déceler ce que cette Parole peut nous dire pour aujourd'hui, on demeure, personnellement et collectivement, stupéfait de l'actualité perforante de cette Parole.

Les exemples ne manquent pas dans les Évangiles. Celui de la parabole des ouvriers de la onzième heure n'est pas le moins surprenant. Un viticulteur recrute d'heure en heure des ouvriers au chômage et les envoie travailler à sa vigne. La journée terminée il donne à chacun une pièce d'argent. Le salaire promis aux uns et aux autres au moment de leur embauche. C'est là que bientôt le bât blesse. Ceux qui ont trimé de l'aube au crépuscule ne reçoivent pas plus que les derniers arrivés alors que s'annonçait déjà la nuit. Pourtant le contrat a été respecté. Chacun a reçu ce qui lui à été promis. A priori il paraît évident que Jésus ne propose pas ici un modèle d'organisation de la vie économique et sociale ou de gestion des entreprises. Du reste sauf de très rares exceptions, c'est ce qu'annoncent d'emblée les commentaires lorsque ce texte figure à leur programme du jour. Les gens raisonnables sont et doivent être rassurés. Et pourtant… À travers cette fable étonnante, Jésus n'invite-t-il pas à une double réflexion ? La première : il existe, partout et ailleurs, un niveau de ressources au-dessous duquel la vie devient impossible. Le fameux seuil de pauvreté (la pièce d'argent) une société qui entend se tenir solidement sur ses deux pieds ne se doit-elle pas d'assurer à toutes et à tous au moins ce minimum ? Et le garantir comme un droit humain essentiel! En prenant en compte les nécessités et les obligations selon la géographie et les situations.

Servir deux maîtres

La seconde réflexion invite à s'interroger su la redistribution des ressources. Au lieu d'aller jusqu'à la dernière heure recruter des travailleurs sans emploi, le maître de la vigne aurait pu convier les premiers embauchés et, pourquoi pas, les seconds, à travailler de plus en plus vite, pour en finir et gagner bien davantage que la pièce promise. Les ouvriers des dernières heures se seraient enfoncés dans le chômage mais cela n'aurait pas coûté plus cher –et peut-être moins- au patron. Nul ne peut servir deux maîtres : Dieu et l'argent ! Qui oserait dire que cette Parole n'est pas d'une immédiate et brûlante actualité ?

 

 

 

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2008/03/22/8401222.html

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