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Publié par YVAN BALCHOY

 
10-12-20-LE SACRE DANS MA JEUNESSE ET AUJOURD'HUI
10-12-20-LE SACRE DANS MA JEUNESSE ET AUJOURD'HUI

 

 

 

Le mot sacré et son contraire blasphème sont très à la mode dans la France Macronienne d'aujourd'hui.

Ils font partie de ces dualisme appelés souvent « et...et... » qui sont plus un affiche d'un futur hypothétique que d'un présent qui les nie jour après jour.

Quand j'étais enfant, mes parents m'ont élevé dans un univers dont le coeur de vie s'appelait Jésus, les citoyens chrétiens et même catholiques en même temps et même avant d'être belges.

Ma famille avait un grand respect du Roi comme autorité suprême du pays mais je ne suis pas sûr qu'il aurait eu la même place dans leur coeur s'il n'avait été catholique.

Sur terre, la personne dont on parlait avec le plus de respect, un respect parfois teinté d'un brin de crainte, c'était ce pape Pie XII en l'occurrence, qu'on pouvait parfois critiquer sur ses positions d'homme, notamment en cette guerre qui incendiait notre monde, mais dont la parole dogmatique faisait taire tous les doutes.

Pour dire bref, je me sentais chrétien, catholique et belge francophone et ma première communion à 6 ans, je crois, fut le premier grand événement de la jeunesse.

Le christianisme de mes parents était tout sauf fermé.

En dépit de ce patriotisme qui trônait sur notre cheminée sous l'image du roi Chevalier resté totalement fidèle à sa Patrie, un soldat allemand – il s'appelait Hoffmann- était accueilli souvent en notre demeure comme un ennemi-ami et nous apportait non du chocolat ou des chewing-gum comme en 44 les premiers soldats américains mais des pommes rouges qui me semblaient immenses et pleines de saveur.

Pour en revenir au président Macron, il y avait chez mon papa et ma maman un peu de ce « et patriotisme » et foi catholique comme le tic et le tac des convictions essentielles qu'ils voulaient nous partager.

 

Je reviens à ce mot « SACRE » si souvent mal utilisé par ces nouveaux « croyants », se disant souvent « incroyants » souvent sans dieu, de cette idéologie qu'on appelle laïque, mot peu présent dans le langage de mes parents même si un certain laïcisme très différent de son ersatz actuel soutenait en particulier les engagements séculiers de mon papa.

 

A mon entrée dans l'école primaire, des frères des écoles chrétiennes bien entendu et j'ai aimé cet institut et même ce frère Oscar qui me faisait un peu peur et m'appelait assez justement l'astronome parce qu’étourdi il lui semblait que je vivais dans les étoiles.

A cette époque si on m'avait demandé un exemple un type du sacré à mes yeux, j'aurais répondu sans nul doute l'Eucharistie, mot compliqué pour moi mais que je maîtrisais déjà et peut-être aussi la crèche de Noël/

Voilà qui va faire sourire plus d'un de mes lecteurs pour qui l'hostie n'est plus que le pain signe de la messe catholique et la créche un accessoire désuet des fêtes commerciales de Noël.

Qui dit « sacré » sous-entend, parfois sans le savoir « blasphème », son rejet calme ou violent. Il est sûr que j'aurais considéré comme un des pires blasphèmes de jeter à la poubelle le corps de Jésus-Christ, présent dans ou sous l'hostie .

Aujourd'hui, quand j 'écoute la voie de la Macronie soumise sur TF1 ou LCI, je découvre un nouveau sacré sociétal et non religieux qui n'est plus ce qu'on appelait le séculier, subordonné certes au sacré, en ma jeunesse mais une sorte de religion laïque ou laïcarde qui a transposé maladroitement le sacré religieux en « tabou » devant lequel tout bon citoyen doit s'incliner avec respect car les lois de la république doivent avoir la primauté par rapport aux lois religieuses.

 

Ainsi en France, en 40-45, j'aurais du repousser légalement les juifs et aujourd'hui ne pas accepter de faire passer une frontière à un réfugié illégal.

Au sacré de l'Eucharistie de mon enfance, on pourrait substituer le sacré de la flamme du soldat inconnu qui personnifie la nation sous la noble notion de sacrifice patriotique.

Le nouveau blasphème, que, je pense, n'absoudra jamais l'état français d'aujourd'hui, c'est la profanation de ce tombeau-flamme du soldat inconnu comme si lui porter atteinte était s'en prendre à la nation toute entière, ce qui me semble juste !

Ai-je tort alors qu’aujourd’hui dans le France « D'EN MARCHE », le sacrilège ou blasphème contre l'Eucharistie serait certes rejeté et, je crois condamné, mais infiniment moins que l'individu qui, par exemple - l'image cocasse m'a été donnée par la presse- voudrait cuire un oeuf à la flamme du soldat inconnu.

Les deux gestes blasphématoires que je viens de citer sont à mes yeux tous deux pénalement condamnables mais de même que je me sens catholique avant d'être belge, c'est comme ça, et pécheur parce que chrétien, je trouverai toujours grandement criminel de s'en prendre aux Saintes hosties sans pour autant bien sûr ressentir autre chose que dégoût et froide colère contre celui qui d'une façon ou d'une autre se moquerait du symbole si parlant du Soldat inconnu.

Je ne suis donc pas, pas du tout d'accord avec ces incrédules – c'est leur droit- laïques ou laïcards – c'est selon – pour qui la profanation d'une ciboire consacré n'est qu'un blasphème face à une croyance imaginaire qu'on ne peut regarder et donc respecter qu'avec pitié. Pour les mêmes raisons, sans refuser une libre expressions qui parfois en ce cas précis m'irrite, je ne me sens nullement « Charlie » face à des caricatures parfois grossières et intolérantes que je n'aurais pas aimé servir de matériel éducatif vis à vis de mes enfants.

 

Je sais que nombreux sont aussi les vrais laïcs qui, croyants, athées ou agnostiques, respectent assez ce que vénèrent leurs frères croyants pour s'irriter avec eux d'une profanation religieuse qui pourrait concerner à leurs yeux la pierre de la Kaaba comme telle statue de Bouddha détruite par de faux religieux islamistes et avec eux s'il arrivait qu'un individu même catholique, s'en prenne à la dignité du soldat inconnu, ou pire encore à la vie d'un homme, je voudrais être parmi les premiers pour non seulement condamner ces crimes mais les réparer moralement à travers une cérémonie nationale.

 

Yvan Balchoy

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