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Publié par YVAN BALCHOY

 

Il s’avère qu’il est étonnamment facile de tolérer la torture de ses citoyens lorsqu’on est un pays qui en a l’habitude. Le docteur Lissa Johnson s’exprime sur le silence du gouvernement australien à l’égard de Julian Assange.

En tant que citoyen australien, Julian Assange a établi un certain nombre de premières pour l’Australie.

Il a été le premier à créer une plateforme médiatique cryptée Dropbox permettant aux lanceurs d’alerte de partager anonymement des masses d’informations dans l’intérêt public, une pratique désormais adoptée par les médias du monde entier.

Il est peut-être le premier éditeur au monde dont les articles sont exacts à 100 %.

Bien sûr, il n’est pas le premier Australien à remporter le prix Walkley de la meilleure contribution au journalisme, mais il est le premier lauréat de ce prix dont le journalisme primé lui fait risquer de passer 175 ans dans les prisons américaines.

Cette première remarquable fait de lui le premier journaliste australien à être poursuivi comme espion par le gouvernement américain. En fait, il est le premier journaliste à avoir été poursuivi comme espion par le gouvernement américain, en vertu de la loi sur l’espionnage de 1917.

Si les poursuites engagées contre Assange aboutissent, il entrera dans l’histoire comme l’Australien dont le cas type a permis de redéfinir le journalisme en tant qu’espionnage.

Parmi toutes ces premières, la plus frappante est peut-être qu’Assange est le premier citoyen d’un État ostensiblement démocratique dont un officiel des Nations unies a constaté qu’il était la cible d’une campagne de persécution collective et de harcèlement moral de la part d’un groupe d’autres États dits démocratiques.

En faisant part de cette constatation, le rapporteur des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, a observé que : "En 20 ans de travail avec des victimes de la guerre, de la violence et de la persécution politique, je n’ai jamais vu un groupe d’États démocratiques se liguer pour isoler, diaboliser et maltraiter délibérément un seul individu pendant une période aussi longue et avec si peu de considération pour la dignité humaine et l’État de droit."

Dans le cadre de la campagne de lynchage et de persécution collective documentée par le rapporteur de l’ONU, Julian Assange est le premier journaliste australien à être torturé publiquement pour son journalisme au Royaume-Uni.

Le 9 mai 2019, le professeur Melzer est entré dans l’histoire australienne en rendant visite à Assange à la prison de Belmarsh, accompagné de deux experts médicaux spécialisés dans l’évaluation et la documentation de la torture.

Le 31 mai, Melzer a signalé que lui et son équipe médicale avaient constaté qu’Assange souffrait de tous les symptômes typiques d’une exposition prolongée à la torture psychologique.

Le 1er novembre 2019, Melzer a averti que, si le gouvernement britannique ne changeait pas de cap de toute urgence et n’allégeait pas les conditions inhumaines de la situation de Julian Assange, cela pourrait bientôt finir par lui coûter la vie.

Si Nils Melzer a raison, Assange est en passe de devenir non seulement le premier journaliste australien à être torturé, mais torturé à mort, sur le sol britannique.

Melzer a expliqué le 9 décembre 2019 que "peut-être qu’il peut tenir encore un an, peut-être même deux. Mais il pourrait aussi être achevé demain".

Pour toutes ces raisons, Julian Assange est le premier journaliste dont les abus ont incité des médecins et des psychologues du monde entier à écrire au gouvernement australien, le suppliant d’intervenir pour mettre fin à la torture de son citoyen, et de défendre ses droits, avant qu’il ne soit trop tard.

Doctors for Assange (Médecins pour Assange)

Le 22 novembre 2019, un groupe international de médecins et de psychologues, alors au nombre de 65 et aujourd’hui de plus de 200, a écrit au gouvernement britannique suite aux avertissements du professeur Melzer.

Dans une lettre ouverte adressée au ministre britannique de l’Intérieur, les médecins ont déclaré : "Nous avons de réelles inquiétudes, sur la base des preuves actuellement disponibles, que M. Assange pourrait mourir en prison". Dans leur lettre, les médecins soulignent la gravité de la torture psychologique prolongée identifiée par le rapporteur des Nations unies.

Ils ont expliqué que M. Assange souffrait également d’une longue histoire de conditions médicales non traitées et d’obstruction à des soins de santé adéquats dans l’ambassade d’Équateur. Les médecins ont souligné que, en tant que victime de torture dans un état de santé fragile, la prison est un environnement médicalement dangereux pour Julian Assange.

Après n’avoir reçu aucune réponse à la suite de deux lettres ouvertes adressées au gouvernement britannique, les médecins ont écrit le 16 décembre 2019 au gouvernement australien pour lui lancer un appel urgent : " Nous vous demandons d’intervenir de toute urgence..... Vous avez une obligation légale indéniable de protéger votre citoyen contre l’abus de ses droits humains fondamentaux, découlant des efforts américains pour extrader M. Assange pour le journalisme et la publication qui ont exposé les crimes de guerre américains..... Le fait que nous, en tant que médecins, nous sentions éthiquement contraints de demander des comptes aux gouvernements pour des raisons médicales en dit long sur la gravité des travestissements médicaux, éthiques et des droits de l’homme qui ont lieu."

Il est extrêmement grave que la survie d’un citoyen australien soit mise en danger par un gouvernement étranger qui fait obstacle à son droit à la santé. Il est encore plus grave que le gouvernement de ce citoyen refuse d’intervenir, en dépit des précédents historiques et des nombreux avis médicaux convergents.

Les médecins ont attendu une réponse, mais elle n’est jamais arrivée.

L’inquiétude concernant la vie et la santé de Julian Assange augmentant, les avertissements des médecins ont été publiés en février 2020 dans la revue médicale The Lancet, sous le titre "End Torture and Medical Neglect of Julian Assange". Les médecins soulignent : "Si Assange meurt dans une prison britannique... il aura effectivement été torturé à mort. Une grande partie de cette torture aura eu lieu dans un service médical de la prison, sous la surveillance des médecins..... Nous demandons aux gouvernements de mettre fin à la torture de [Julian] Assange."

Les lettres sans précédent des médecins, dans ce cas sans précédent, rejoignent un consensus international parmi les plus grandes autorités mondiales en matière de droits de l’homme, de liberté de la presse et de droit international.

De Reporters Sans Frontières au Conseil de l’Europe en passant par Human Rights Watch, ces autorités dénoncent non seulement l’emprisonnement d’Assange, mais aussi les accusations d’Espionage Act et la procédure d’extradition américaine à son encontre. Amnesty International, par exemple, a écrit : "La poursuite incessante du gouvernement américain contre Julian Assange pour avoir publié des documents révélant de possibles crimes de guerre commis par l’armée américaine n’est rien de moins qu’une attaque en règle contre le droit à la liberté d’expression".

Au cas où le gouvernement britannique n’aurait pas remarqué le chœur international dénonçant sa persécution d’Assange, dans une lettre adressée au Lord Chancelier et au secrétaire d’État à la Justice du Royaume-Uni en juin 2020, les médecins ont écrit : "La convergence des avertissements d’une base aussi large de la société civile souligne le fait que la vie et la santé de M. Assange sont inséparables de la vie et de la santé de nos démocraties. Les droits fondamentaux sur lesquels ces démocraties sont fondées risquent de se retrouver sous assistance respiratoire avec M. Assange si l’on ne met pas fin immédiatement à la torture et à la négligence médicale dont il est victime."

Torture ? Quelle torture ?

Julian Assange est détenu dans ce qu’on appelle le "Guantanamo britannique", la prison de Belmarsh, un établissement de haute sécurité conçu pour les personnes accusées de terrorisme, de meurtre et d’autres infractions violentes. Il est détenu sans avoir été condamné à une peine de prison ou inculpé au Royaume-Uni.

En outre, il est détenu de manière arbitraire, selon le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. En d’autres termes, il est détenu sans fondement suffisant dans une procédure régulière ou dans la loi. Comme l’a fait remarquer le député australien indépendant Andrew Wilkie, "le fait que Julian Assange soit en prison est totalement absurde".

Bien qu’il s’agisse d’une personne innocente aux yeux de la loi, non condamnée, non violente et détenue arbitrairement, Julian Assange est maintenu en isolement pendant 22 à 23 heures par jour. Pendant son isolement, il est privé d’activités pour le distraire des tourments qui l’attendent s’il est extradé vers les États-Unis.

Vous pouvez lire l'article intégral sur le site du Grand Soir.

Cet article permet de mesure l'hypocrisie de la Grande Bretagne et de l'Union Européenne qui critiqunte la Russie pour une peine légère affligée à un escroc notoire et gardent honteusement le silence devant le Calvaire de Julien Assange. (YB)

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