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Publié par YVAN BALCHOY

Dostoïevski

Dostoïevski

 

 

Dostoïevski s’exprima un jour sur le rôle social de l’avocat en affirmant qu’il était une conscience mise en location.

En écoutant ce matin; monsieur Dupond-Moretti, garde des sceaux de la France, je trouve que le romancier russe avait pleinement raison. Car si les hommes politiques changent, dit-on, d’opinion comme de chemise, le nouveau Ministre de la justice est un champion.

Aujourd’hui, il entend confier des affaires criminelles pour lesquelles une peine de vingt ans est envisageable, comme le viol par exemple, à un cour composée seulement de magistrats ce qui prive le peuple de sa fonction capitale dans le jugement des affaires criminelles. Bien sûr le garde des sceaux rappelle que pour les crimes les plus graves, le jurys populaire subsistera - je me demande combien de temps -

Malgré ses assertions, je ne suis pas sûr du tout que Monsieur Macron, monarque républicain, reste partisan d’une médiation populaire dans les cours de justice.

Il n’y a pas si longtemps monsieur Dupond-Moretti s’était élevé contre la suppression du jurys populaires pour certaines juridictions. Aujourd’hui il l’approuve totalement en affirmant de plus son adhésion nette à la Macronie.

Parmi les réformes proposées, certaines sont marquées, me semble-t-il du sceau de la droite; par exemple en exigeant qu’une poursuite politique, comme celles qui sont poursuivies à juste titre contre Monsieur Sarkozy devraient aboutir à un acte d’accusation en deux ans, parfois trois avec l’aval d’un procureur. Ainsi au lieu d’augmenter suffisamment le personnel de justice pour accélérer l’action des juges, beaucoup d’affaires judiciaires, surtout en matière politique, risquent d’aboutir à des non lieu. On sent là l’irritation de celui non seulement réussit à acquitter beaucoup de criminels, par talent ou par raison, d’avoir échoué à sauver de la condamnation un ex-président de la République pris la main dans le sac à tenter de se blanchir d’accusations graves.

Oui, je pense que Dostoïevski avait raison. Autant face à l’inhumanité de la peine de mort, je donnais raison à l’éloquence des défenseurs cherchant par tous les moyens possibles à sauver au moins la vie d’un condamné, autant je suis méfiant devant le caractère cameleonesque de certaines personnalités.

Aujourd’hui, retirant au peuple, une part de ses droits judiciaires, le garde des sceaux se renie un peu  lui-même. Est-ce par goût de la vérité ou intérêt politique à présent qu’il est lié à un gouvernement. Je n’ai guère de doute sur la solution de ce dilemme qui n’augure pas bien de l'avenir judiciaire en France, qui risque de dépendre de plus en plus de la soumission ou non de l'Etat aux médias vengeurs de certains  partis politiques ou medias en vogue.

J’écoute souvent des médias comme TF1 ou LCI et je suis effrayé par l’absence d’impartialité des jugements portés par exemple contre les musulmans et par exemple les femmes voilées qu’on assimile pratiquement tout au moins  beaucoup trop vite aux agitateurs islamistes. En aucun cas, la justice française restera digne si elle succombe aux diktats outranciers venus des politiciens de droite et d’extrême droite qui se confondent de plus en plus.

 

Yvan Balchoy

 

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