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Publié par YVAN BALCHOY

13-04-21- TUER ASSANGE A PETIT FEU SANS PROTESTATIONS DES DEFENSEURS DE GUAIDO ET NAVALNHY

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Vladimir CALLER
La joie, l’enthousiasme furent très partagés lorsque le 4 janvier dernier, la juge britannique Vanessa Baraitser communiquait la décision du tribunal londonien de ne pas extrader Julian Assange aux Etats-Unis. La magistrate se payait une touche compassionnelle ; elle disait craindre pour la santé physique et mentale de l’inculpé en cas d’extradition, évoquant même des risques suicidaires.

Manœuvre particulièrement habile et diabolique de l’administration de la justice de la (plus que jamais !) perfide Albion ; plus exactement, de ses mentors à la Maison blanche et au 10 Downing Street. Il fallait en effet « refuser », provisoirement, l’extradition pour – le cas échéant – pouvoir mieux l’organiser en temps opportun, tout en évitant le coût politique d’une mesure franchement impopulaire comme celle d’envoyer un lanceur d’alerte dans les griffes du Pentagone. Et nous disons « le cas échéant » parce que l’extradition en soi n’est pas, n’a jamais été l’objectif prioritaire des adversaires d’Assange ; l’objectif était et reste de le faire taire pour toujours, dead or alive.

La « jurisprudence » Gramsci

En 1928 Michele Isgro, un collègue italien de dame Baraitser, procureur du Tribunal spécial fasciste de Rome, conclut la lecture de la sentence condamnant le dirigeant communiste Antonio Gramsci à 20 ans de prison pour « incitation à la rébellion » par la phrase « ... nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner. » Les objectifs des deux magistrats, Baraitser et Isgro, son identiques ; ils ne diffèrent que dans la forme, l’Italien faisant preuve de moins de perversité et de plus de franchise que la distinguée femme de main britannique.

Une deuxième illusion fut de croire ou de s’attendre à ce que Monsieur Biden soit plus humanitaire, plus accommodant que son prédécesseur Trump. C’est exactement le contraire. Il ne s’agit pas, bien entendu, de dédouaner ce dernier, xénophobe et réactionnaire à outrance. Mais le préféré, et de loin, du Deep State (l’Etat profond), fut et reste depuis toujours Biden et non pas Trump. Et c’est ce Deep State, la conjonction de Wall Street, du Pentagone et de l’appareil médiatique, qui veut la peau d’Assange, qui veut son silence définitif, sans le moindre repit. N’oublions pas que lorsqu’il fallait qualifier le ’délit’ du fondateur de Wikileaks ce fut Biden – déjà en 2010 – qui utilisa tout son pouvoir politique de vice-président des Etats-Unis pour écarter toute association entre le travail d’information d’Assange et la liberté d’expression ou les délits politiques. C’est lui qui s’emploie pour les qualifier d’espionnage et même de "terroriste informatique" (1).

N’oublions pas non plus que dans les attendus de la décision, provisoire, de ne pas l’extrader, la juge Baraitser a pris scrupuleusement soin de donner son plein accord, sans la moindre réserve, au contenu des arguments du demandeur américain. Son prétexte « humanitaire » avait comme objectif concomitant de donner un peu de temps à la nouvelle administration Biden pour qu’elle prenne quelques mesures de toilettage et de maquillage des conditions de détention, pour que ses prisons puissent accueillir, sans remarques encombrantes, le lanceur d’alerte. De la sorte, elle n’aura plus besoin de prétextes humanitaires pour qu’à Londres ou en Virginie, puisse se poursuivre la torture, bien réelle, infligée à ce journaliste qui n’a commis d’autre faute que celle de faire du courage son métier. Et d’avoir utilisé son talent pour permettre que les gens sachent quelles sont la dimension et la banalité des crimes commis par nos « puissances démocratiques » lors, notamment, des guerres « humanitaires » qu’elles fabriquent. Et quelle est l’ampleur incroyable de leur hypocrisie lorsqu’ils donnent partout des leçons de liberté d’expression alors qu’ils sont occupés à bâillonner à vie celui qui est précisément le porte-parole de cette liberté. Un summum d’hypocrisie, de lâcheté et de sadisme, assurément

Vous pouvez lire l'article intégral sur l'excellent site du "Grand Soir".

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