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Publié par YVAN BALCHOY

Une émission récente, sur Europe 1 je crois a tenté avec tact et honnêteté de distinguer le "CROIRE" du croyant et le "SAVOIR" du savant.

Certes il est facile de les opposer frontalement comme beaucoup de philosophes à la mode tentent de nous en persuader en affirmant que la montée des sciences va de pair avec la baisse voire même la disparition des religions.

Depuis la philosophie des lumières et l'avènement d'une liberté de recherche scientifique possible, la pression sociale qui de leur naissance à leur mort enfermait l'homme dans les certitudes de la religion de sa naissance jusqu'à sa mort pour la majorité à l'exception de quelques  penseurs révoltés épris de liberté qui se sont révolté contre l'emprise généralisée de clercs qui s'opposaient à tout mise en question de leur dogmatique et leur moral, les rapports Eglise-Etat se sont peu à peu modifiés.. 

Aujourd'hui on pourrait légitimement penser, en France sûrement, que la science, arme infaillible pense-t-elle du progrès humain, a fait reculer l'emprise religieuse dans la société. Tous ceux qui n'adhéraient à la foi  de leurs parents par tradition passive et sans conviction profonde ont tendance à cesser rapidement leurs pratiques religieuse, s premier pas vers un athéisme pratique d'abord puis souvent théorique.

Face à cette laïcalisation  de la société, la croyance devient peu à peu une conversion personnelle et l'antagonisme incroyant-croyant va de pair avec des conviction antithétiques mais très convaincues de part et d'autre.

J'aimerais commencer cette réflexion en citant un pasteur protestant qui s'illustra dans le combat contre le nazisme, puisqu'il fut exécuté à l'aube de la libération sur ordre d'Hiter pour avoir participé à un attentat célèbre contre lui.

Bien avant les laïques d'aujourd'hui' qui cherchent à modifier les lois laïques de 1905, prônant l'indépendance des religions, en l'occurrence l'Eglise catholique,  et de l'état en affirmant  désormais la supériorité des lois de l'Etat sur les lois religieuses ce qui ne peut que créer des sous-religions rappelant les prêtres qui ont prêté serment à la convention et les réfractaires qui ne l'ont jamais accepté.

Il est impensable pour un croyant d'admettre qu'une loi votée par lassitude à deux heures du matin par une dizaine de députés qui se sont arrangés avec les absents puisse s'imposer à des lois religieuses millénaires.

L'Etat dans sa sphère est habilité à déclarer le mariage pour tous, mais il n'a pas à imposer à un ministre du culte de l'accepter et à fortiori de l'imposer à un croyant qui y voit une faute religieuse. En revanche, il est vrai que le croyant n'a pas non plus  à imposer à l'incroyant ses convictions religieuses ou morales et donc à l'empêcher d'admettre le mariage pour qui le veut.

Même si pour ma part, je suis persuadé que la minorité sacramentelle des femmes dans l'Eglise catholique relève d'une mauvaise interprétation de l'enseignement du Christ, ce n'est surement pas à monsieur Macron que je demanderai d'imposer au nom de la laïcité l'ordination des femmes mariés ou non que je pense pourtant souhaitable.

DIETRICH BONHÖFFER, UN DIALOGUE HONNETE AVEC MARX A PROPOS DE L'OPIUM DU PEUPLE. (REEDITION)
 
"Nous ne pouvons pas être honnêtes sans reconnaître qu’il nous faut vivre dans le monde "etsi deus non daretur "(comme s’il n’y avait pas de Dieu) Et cela justement, nous le reconnaissons devant Dieu. Dieu lui-même nous oblige à admettre cela. Ainsi, le fait de devenir majeurs nous amène à reconnaître de manière plus authentique quelle est notre situation devant Dieu. Dieu nous donne à savoir qu’il nous faut vivre comme des gens qui y arrivent tout seuls dans la vie, sans Dieu. Le Dieu qui est avec nous est le Dieu qui nous abandonne (Marc 15,34) ! Le Dieu qui nous laisse vivre dans le monde sans l’hypothèse de travail, Dieu est le Dieu devant lequel nous nous tenons constamment. Devant Dieu et avec Dieu, nous vivons sans Dieu. Dieu se laisse repousser du monder et mettre en croix. Dieu est impuissant et faible dans le monde et c’est ainsi et ainsi seulement qu’il est avec nous et qu’il nous aide. (8,533.s)"

 

Dietrich Bonhoeffer (1906-1945)  Biographie par Ferdinand Schlingensiepen, Edition Salvator, Paris, page 396

Dostoïevski

Dostoïevski

Le grand écrivain russe, Dostoïevski n'a cessé de penser, de magnifier et de combattre en faveur de  la liberté humaine, certes pas celle d'une girouette sensible à la direction aveugle des vents mais à ce libre-arbitre qui cimente l'unification de notre conscience et de notre moi.

Dans un écrit "le Sous-Sol, il dépeint un homme hargneux et méchant qui s'affirme rétif face aux lois et conventions sociales et en cela il n'est pas le seul mais il veut aller bien plus loin en refusant au nom de son libre arbitre auquel il tient plus que tout la vérité scientifique, naturelle même des "deux et deux font quatre".

  -"Il est vrai, déclare l'homme souterrain que l'homme ne s'occupe que de la recherche de ces "deux et deux font quatre" (1) ; il traverse des océans, il risque sa vie à leur poursuite ; mais quant à les trouver, quant à les saisir réellement - je vous jure qu'il en a peur, car il se rend compte que dès qu'il aura terminé, il n'aura plus rien à faire."

Ainsi pour le romancier russe, la savoir scientifique, s'il peut pousser l'homme à traverser des océans à risquer sa vie, s'il mène à une certitude devant laquelle l'homme ne peut que s'incliner, sous peine d'être traité de fou, ne répond qu'à une part des aspirations humaines et ne les épuise nullement.

Nous sommes façonnés pour découvrir des vérités autrement plus ambitieuses que la connaissance de la rotondité de la terre ou des trous noirs de l'univers si riche soit cette découverte progressive de l'univers dont nous faisons partie.

 

Avec Bonhoeffer et Fédor Dostoïevski, en ce temps ou des pseudo marcheur "à l'envers" tentent de modifier les rapports entre Foi et Etat en rappelant certes qu'ils sont indépendants et que l'Etat français refuse  à juste titre de privilégier une croyance au détriment des autres mais en ajoutant insidieusement pour l'Etat la charge et le devoir d'imposer ses propres lois et règlements aux croyances considérées de plus en plus  comme des faiblesses humaines a respecter certes, pourvu qu'elles ne gênent en rien lle pouvoir.

Dans notre vie, il y a certes un domaine, de plus en plus envahissant où la pression nous est faite d'accepter, de nous soumettre avec raison quand il s'agit par exemple de vérité indéniables comme les deux et deux font quatre (encore d'Einstein nous ait obligé à nuancer cette obédience ainsi que  l'égalité absolue  de l'homme et de la femme  Il ya des cas où le croyant a le droit légitime de rejeter une loi injuste telle celle qui rejetait les juifs au temps de l'Etat Français de Petain et sans doute aussi  aussi des ordonnances qui considèrent comme un délit d'aider un réfugié.

Mais si le savoir est tellement important pour bien vivre et avance sans cesse, par exemple au niveau médical où il remplace efficacement de veilles recettes empiriques relevant souvent plus du croire que du savoir, il ne me répond pas nécessairement à certaines questions fondamentales telles ma raison de vivre et de mourir.

En revanche, quand deux jeunes se jurent amour et fidélité pour la vie, même si des agences matrimoniales prétendent, leur assurer faussement  le bonheur à 100 %,  leur amour ne relève pas du savoir devant lequel tout  futur conjugal est incertain mais de leur  liberté qui, je le crois en tant croyant, nous fait petite image de Dieu et cette liberté-là je ne l'abandonnerai jamais, même au meilleur état du monde 

 

 

 

Dans ce blog, deux de mes études concernent le sens de la liberté, dans le Christianisme, selon Dostoïevski. Vous pouvez les retrouver et les lire selon le numéro d'ordre indiqué en écrivant "Dostoïevski" dans l'encart en haut à droite pour y inscrire vos recherches.

 

Yvan Balchoy

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