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Publié par YVAN BALCHOY


 
04-07-18- NOTE SUR LE PROGRES (THEIHARD DE CHARDIN)

"Tout l'avenir de la Terre, comme celui de la Religion,

me paraît suspendu à l'éveil de notre foi en l'avenir"

Lettre à Mme Georges-Marie Haardt

 

NOTE SUR LE PROGRÈS

p. 28-29 - "La grande supériorité que nous avons acquise sur l'Homme primitif, et que nos descendants accentueront dans des proportions peut-être inouïes, c'est de nous mieux connaître, de nous mieux situer dans l'espace et dans la durée, au point de devenir conscients de notre liaison et de notre responsabilité universelles."

"Nos pères s'imaginaient dater d'hier et porter en chacun d'eux la valeur dernière de leur existence....Nous avons fait éclater ces étroites mesures et ces prétentions. Humiliés et grandis par nos découvertes, nous nous apercevons, peu à peu, englobés dans des prolongements immenses; et, comme éveillés d'un songe, nous comprenons que notre royauté consiste à servir, comme des atomes intelligents, l'œuvre engagée dans l'Univers. - Nous avons découvert qu'il y avait un Tout, et nous en sommes les éléments. Nous avons réalisé le Monde dans notre esprit"

Que représente cette conquête ?...

La conscience que nous prenons graduellement de nos relations physiques avec toutes les parties de l'Univers... signifie que, dans le domaine extérieur à notre chair, notre corps véritable et total continue à se former ..."

p. 29 - "Sans doute, les possibilités individuelles de l'action humaine...ne sont pas essentiellement modifiées par le progrès des connaissances humaines...,- la perfection morale individuelle se mesurant par la fidélité de la liberté à adhérer au bien connu...nous ne saurions prétendre à être, comme individus, plus moraux ni plus saints que nos pères."

p. 30 - "Quand un homme d'aujourd'hui opère en pleine conscience, ...il sent en soi les responsabilités et la force d'un Univers tout entier. Du fait du progrès, l'acte de l'homme (l'homme) n'a pas changé en chaque individu; mais l'acte de la nature humaine (l'humanité) a pris en tout homme conscient, une plénitude absolument nouvelle. - De quel droit, du reste, comparer et opposer notre action à celle de Platon et d'Augustin ? Toutes ces actions sont solidaires...Il y a une action humaine qui mûrit peu à peu sous la multitude des actes individuels...Ce qui se développe,...c'est la réalisation d'une pensée humaine consommée."

p. 31 - "Une vue ... plus chrétienne nous montre la Terre marchant vers un état où l'Homme, ayant pris entière possession de son domaine d'action, de sa force, de sa maturité, de son unité, constituera une créature enfin adulte. A cette apogée de sa responsabilité et de sa liberté, portant entre ses mains tout son avenir et son passé, il choisira entre l'autonomie orgueilleuse ou l'amoureuse excentration.

Ce sera l'option finale : la révolte ou l'adoration...

...Le Progrès n'est pas immédiatement la douceur, ni le bien-être, ni la paix. Il n'est pas le repos...Essentiellement le Progrès est une Force, et la plus dangereuse des Forces, Il est la conscience de tout ce qui est et de tout ce qui se peut...

Etre plus c'est d'abord savoir plus."

p. 32 - "Ainsi s'explique la mystérieuse attirance qui, en dépit des déceptions subies et des condamnations a priori, ramène invinciblement les hommes à la Science comme à la source de la Vie. Plus fort que tous les échecs et tous les raisonnements, nous portons en nous l'instinct que, pour être fidèles à l'existence, il faut savoir, savoir toujours plus, et pour cela chercher, chercher toujours davantage, nous ne savons pas exactement quoi, mais Quelque Chose qui sûrement, un jour ou l'autre, pour ceux qui auront sondé le Réel jusqu'au bout, apparaîtra.

...portés par un mouvement d'ensemble inexplicable, les hommes les plus opposés d'éducation et de croyance se sentent aujourd'hui rapprochés, confondus, dans une passion commune pour cette double vérité qu'il existe une Unité physique des êtres, et qu'ils en sont les vivantes et actives parcelles."

p. 33 - "Il faut, pour apercevoir et mesurer le progrès, dépasser résolument le point de vue individuel. Le sujet appelé à poser l'acte définitif en qui passera et fleurira la force totale de l'évolution terrestre, doit être une Humanité collective, où la pleine conscience de chaque individu s'appuiera sur celle de tous les autres hommes, - aussi bien de ceux qui vivront alors que de ceux qui ne seront plus.

... "l'opus humanum" qui, laborieusement, par la Science, à travers le mal, se réalise graduellement en nous, c'est bien autre chose qu'un acte de moralité supérieure; c'est un organisme vivant."

p. 33 &endash; 34 - "Regardons, autour de nous, la multitude des forces disjointes qui se neutralisent, et qui se perdent dans la Société; - observons les réalités immenses (courants généraux d'amour ou de haine animant les peuples ou les classes) qui sont du Conscient en puissance, mais qui n'ont pas encore trouvé une conscience assez vaste pour les embrasser, - souvenons-nous de telle ou telle heure de la guerre, quand, arrachés au-dessus de nous-mêmes par la force d'une passion collective, nous avions l'intuition d'accéder à un niveau supérieur de l'existence humaine...Toutes ces réserves spirituelles, devinées et effleurées, ne sont-elles pas l'indice certain que la création dure encore, et que nous ne pouvons pas encore exprimer toute la grandeur naturelle de la vocation humaine ?

Ces espérances, je le sais, ne paraissent pas être dans la perspective chrétienne. Et de ce fait, la plupart de ceux qui les décrivent y saluent, au moins implicitement, l'apparition d'une religion destinée à supplanter tous les cultes passés. Mais d'où viennent, ici ces provocations, et là cette défiance, sinon de ce que ni nous ni nos adversaires n'avons suffisamment mesuré les développements réservés par le Christ à son Église ?"

p. 34 - "Je reconnais, pour ma part, la réalité du mouvement qui tend à ségréguer, au sein de l'Humanité, un peuple de fidèles voués à cette grande œuvre : ''Promouvoir en tout l'Unité''. Bien plus, je crois à sa vérité; je considère comme une preuve de cette vérité le fait que parmi les élus qu'il rassemble, on compte en grand nombre, les pécheurs, les boiteux, les aveugles, les paralytiques. Mais je ne pense pas, pour cela, que la multitude avide qui crie aujourd'hui vers la vérité, cherche un autre Pasteur que celui qui est déjà venu, jadis, lui apporter du pain.

Le Christ, nous le savons, s'achève peu à peu, par la somme de nos efforts individuels, à travers les âges."

p. 35 - "...j'imagine que la région où se rassemble aujourd'hui, des quatre coins de l'horizon intellectuel, la masse des esprits naturellement religieux, représente, non point les fondations d'un temple élevé sur les ruines de tous les autres, mais l'emplacement nouveau sur lequel, petit à petit, se transporte l'Église ancienne."

"Le moment approche, on peut le croire, où beaucoup d'hommes, anciens et nouveaux croyants, - pour avoir compris que, du fond de la Matière aux sommets de l'Esprit, il n'y a qu'une évolution - chercherons la plénitude de leur force et de leur paix dans la vue assurée que tout l'effort industriel, esthétique, scientifique et moral du Monde, sert, physiquement, à achever le Corps du Christ, dont la charité anime recrée tout."

p. 36 - "Satisfaisant et couronnant par une foi rajeunie en Jésus-Christ, Centre physique de la Création, le profond besoin d'unité qui remue le Monde, - trouvant en retour, dans ce besoin, l'énergie naturelle nécessaire au renouvellement de sa vie, telle je vois descendre du Ciel, et monter de la Terre, la Jérusalem nouvelle."

http://jacques.abbatucci.pagesperso-orange.fr/avenir.htm

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