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Publié par YVAN BALCHOY

 

 

Hier, je me suis promené à deux pas de  Bruxelles dans le parc de Tervueren ainsi que dans les bois qui l'entourent. Cette feuille, une sur les millions que j'ai vues sinon regardées, une qui m'a attiré par sa beauté  et que je vous transmets ici.

Aujourd'hui Benoit XVI se rend en Turquie. C'est un voyage plein de dangers non seulement au plan physique car il y risque peut-être sa vie mais au plan politique (hélas car le pape est un chef d'état très lié au monde occidental) et au plan théologique.

Depuis sa déclaration de Ratisbonne, où il a rapproché l'Islam de la violence,  par opposition au Christianisme, ce qui était une gageure bien discutable, il a allumé une sorte de bombe à retardement en oubliant l'impact négatif que ces propos allaient provoquer de par le monde à commencer par au moins l'assassinat d'une religieuse.

Etre un cardinal, un peu grand Inquisiteur, style "les Frères Karamazov" est une chose, devenir le successeur de Pierre en est une autre et Benoit XVI n'a peut-être pas encore saisi la grandeur et les défis de sa nouvelle mission.

Ce voyage en Turquie en évoque un autre dans ma mémoire beaucoup plus ancien mais à mes yeux pleinement réussi et qui de plus, si j'ai bonne mémoire, a eu lieu dans ce même pays.

François d'Assise, chantre de la Pauvreté  fut en même temps prédicateur infatigable avec ses premiers compagnons d'un Evangile qu'il voulait ramener à sa pureté originelle tout en restant dans le giron d'une Eglise dont il connaissait pourtant les travers et en souffrait beaucoup.

A cette époque partir pêcher l'Evangile aux infidèle musulmans c'était souvent encourir le risque du martyre mais François n'avait pas peur de donner sa vie pour Jésus. Contrairement à Saint Dominique autre réformateur de la même époque il n'était pas de formation cléricale ni théologique ; sa seule force pour convaincre les chrétiens de redevenir fidèles à leur foi  et les infidèles d'adhérer à Jésus, c'était de se référer aux paroles du Christ et de les suivre à la lettre.

Quand il arrive au royaume du  grand Saladin, j'imagine qu'on ne lui a pas amené facilement ce va-nu pied, ce croisé venu sans arme, sans injure pour les disciples de Mahomet qui avait l'audace incroyable de vouloir convertir à Jésus de bons musulmans. Il dut sûrement impressionner par sa personnalité non violente à une époque qui l'était tellement, ceux qu'il rencontra d'abord pour qu'ils acceptent de la conduire  jusqu'au grand Sultan.

C'est là qu'une sorte de miracle, un de plus et pas des moindres dans la vie du Poverello, survint : la naissance d'un dialogue amical et respectueux entre le petit frère François et Saladin. Sûrement que ce dernier  découvrit en François un chrétien tellement diffférent de ceux qu'il combattait ou asservissait. François n'avait pas besoin d'argent pout être libre ni d'armes pour prêcher le Christ. Il discuta longuement et amicalement avec le Sultan sans le convertir ni céder un pouce de sa foi évangélique et finalement Saladin lui permit de rentrer libre dans son pays s'étant fait une sorte d'ami de ce religieux chrétien tellement différent. 

Et bien je voudrais un peu naïvement que Benoit XVI n'arrive pas en Turquie, comme un chef d'état ni même comme un grand théologien catholique mais comme un petit frère heureux de rencontrer d'autres frères priant autrement le même Dieu unique et manifestement non disposées à renoncer à leur foi. L'humilité de François avait été plus forte que la violence des gardes de Saladin. Je pense qu'un apôtre Pierre, vivant pleinement sa foi évangélique sans  l'asséner comme une massue pour convertir serait dans le monde un bon témoin du Christ et en même temps un ami sincère du peuple turc.

 

Je n'oublie pas non plus qu'une des mission essentielles de ce voyage est la rencontre du Patriarche dit de Constantinople qui est une des autorités les plus importantes de l'Eglise orthodoxe. Cette rencontre est aussi très délicate, car les blessures sont nombreuses entre les églises d'Occident et d'Orient. Nul doute que l'esprit de François serait un gage sinon de réussite au moins de fraternité entre les deux hommes et à travers eux entre les deux confessions chrétiennes

Pendant des siècles Papauté et Patriarcat ont vécu côte à côte dans un respect mutuel. Il y avait certes des divergences mineures entre eux mais pour les questions essentielles on discutait, on se réunissait en concile et on aboutissait à des formes de "CREDO" communes. Les patriarches et les papes se considéraient comme successeurs des apôtres, comme frères dans le Christ et si le Pape successeur de Pierre était bien le numéro un c'était pour parler le latin de l'église un "PRIMUS INTER PARES", un premier entre égaux.

Dans cette rencontre avec le Patriarche, qui est sans doute, l'étape la  plus importante de la démarche du Pape, je voudrais qu'il oublie un instant le faste du Vatican, la rigueur du droit Canon et ne se rappelle que la fraternité commune des premiers siècles. Le jour où les Patriarches orientaux et le successeur de Pierre vivront à fond leur fraternité en Christ, nul doute que bien vite ils surmonteront dans le respect de leur mission ces divergences doctrinales qui parfois furent le fruit de l'orgeuil et de la vanité des théologiens plus que de l'authenticité des livres saints.

Nous avons besoin d'un Pape qui soit notre grand frère dans la Foi, nos frères orthodoxes l'attendent peut-être  aussi  jaloux à juste titre de leurs histoire et de leurs coutumes et le peuple turc regardera sans doute les chrétiens d'un autre oeil si Benoit XVI vient à lui un peu dans l'esprit de François d'Assise.

 

Yvan Balchoy
yvanbalchoy13@gmail.com

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