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Publié par YVAN BALCHOY


 

LE 11 OCTOBRE 2017

http://www.uuqc.ca/Tribune%20Libre/V2N1/3-Communiste%20et%20chretien.htm

 

Tribune libre unitarienne vol.2, no.1, 2006 

Communiste et chrétien  par Bruno Cadez  

(Journaliste à Liberté hebdojournal communiste du Nord de la France) 

Aujourd'hui comme hier, la rencontre entre communistes et chrétiens, entre le communisme et le christianisme, sont possible, je dirais même nécessaire au moment où les interrogations sur le sens de la vie et de la marche du monde n'ont jamais été aussi vives. 

L'Histoire, des clichés tenaces, font que ce que je vais dire ne va pas forcément de soi. Il se trouve pourtant des hommes et des femmes qui ont conjugué leur foi et leur engagement politique, jusqu'à adhérer et à militer dans une organisation communiste. C'est mon cas. De nombreuses années, j'ai cru pourtant que l'une était exclusive de l'autre. Catholique, très pratiquant jusque tard dans l'adolescence, j'ai ensuite violemment rejeté la religion, en même temps que je me suis mis à fréquenter la mouvance d'extrême gauche, libertaire, puis communiste. Je suis aujourd'hui membre du Parti communiste français (PCF). J'ai toutefois, au cours de mon expérience militante, même si je me suis revendiqué un temps athée, refusé de tomber dans le dogmatisme anti-religieux ("certains ont fait de l'athéisme leur religion" me dit parfois en souriant un ami communiste).  

Ce n'est pas très connu, mais Marx, comme Lénine, ont souvent critiqué, et parfois vivement, les "éradicateurs" de religieux. Marx était athée, mais il s'en prenait surtout à l'utilisation de la religion par les classes dominantes pour asservir le peuple - c'est en cela qu'il dénoncera "l'opium du peuple". Il ne s'opposait pas à la religion en soi. Il y voyait même un "cœur qui bat dans un monde sans cœur". Autrement, dit dans une lecture marxiste, la religion peut être utile dans le combat libérateur. D'ailleurs, j'ai la conviction profonde que mon engagement communiste s'est appuyé sur ce j'ai pu retenir de ma pratique chrétienne de l'enfance, ce Jésus qui me disait que "les derniers seront les premiers", "heureux les humbles", "aimez-vous les uns les autres"Y 

Pourquoi le communisme ? Peut-être que la foi, justement, peut expliquer pourquoi j'ai ressenti le besoin de m'inscrire dans ce courant à la fois radical et populaire de transformation sociale. Sur ce chemin, j'ai aussi rencontré la pensée de Marx, qui m'a permis de découvrir que le "possible" pouvait être à portée de main, ici et maintenant, que le communisme n'était pas ce paradis à espérer dans 1 000 ans, mais bien ce "mouvement qui abolit l'état de choses existant" (Marx), cette capacité à mettre à nu les contradictions du capitalisme, à s'appuyer sur elles pour encourager le développement humain, plutôt que le capital. Aujourd'hui encore, plus que jamais, face à cette logique qui creuse les inégalités mondiales, encourage les valeurs boursières en même temps qu'elle plonge une grande partie de l'humanité dans la faim et le sous-développement, il n'y a jamais eu autant besoin de partage, de mise "en commun", de communisme. Voilà ce que signifie être communiste, aujourd'hui, selon moi.  

Je me sens en accord  profond avec Bruno Cadez persuadé comme lui que le communisme s'enracine non seulement par les errements si évidents du capitalisme actuel mais aussi dans un besoin présent dans l'humanité dès ses origines et particulièrement rappelé par Jésus le Nazaréen dans l'Evangile. (Yvan Balchoy)

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