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Publié par YVAN BALCHOY

Le lieu du crime et un de ses responsables l'immonde Papon.
Le lieu du crime et un de ses responsables l'immonde Papon.

Le lieu du crime et un de ses responsables l'immonde Papon.

Daniel Daenninckx

Daniel Daenninckx

Gwendoline Taffin
6 h  · 
Meurtres pour mémoire (1984)
Le 17 octobre 1961, Aounit et sa sœur Kaïra se rendent ensemble à la manifestation des Algériens contre le couvre-feu. Ils y retrouvent leurs amis, Saïd et Lounès. Des détachements de C.R.S, armés de matraques et d’armes depoing,sont massés un peu partout, et soudain, ils chargent, frappant violemment et tirant sur les manifestants.
Kaïra et Saïd étaient là, pris sous le feu. Aounit gisait sur le trottoir, de l’autre côté, près de sa mobylette.
Mort ou blessé. Les rafales s’espacèrent : ce fut le silence troublé par le râle des agonisants. Un simple répit ! LesC.R.S. reformèrent leurs rangs et repartirent à l’assaut. Un mouvement de foule désordonné propulsa Kaïra enpremière ligne, face à une sorte de robot écumant qui leva sa matraque. Une peur atroce et absolue l’immobilisa,
bloqua son souffle ; elle eut conscience que son sang se retirait d’un coup de son visage. Malgré le froid, sa peauhérissée se couvrit de transpiration. Elle ne pouvait quitter des yeux cet être effroyable qui allait la tuer. La mains’abattit brusquement mais Saïd, au prix d’un effort terrible se porta devant elle, la protégeant de son corps. Labrutalité du choc les renversa tous deux. Le policier n’en continuait pas moins de frapper Saïd. Il finit par selasser. Kaïra craignait de faire le moindre geste pouvant laisser croire à leur agresseur qu’elle vivait encore. Saïd,au-dessus, faisait de même, pensait-elle, jusqu’à l’instant où elle identifia le liquide poisseux et âcre qui s’étalaitsur son manteau. Sa peur était douce en comparaison de l’immense douleur qui s’empara des moindres atomesde son être. Elle releva le cadavre de son ami en hurlant.
- Assassins ! Assassins !
Deux policiers s’emparèrent d’elle, la dirigèrent vers un des autobus de la R.A.T.P. réquisitionnés pour
assurer le transfert des manifestants appréhendés, vers le Palais des Sports, et le Parc des Expositions de la
Porte de Versailles.
Seul Lounès était indemne, il tentait de disperser la foule dans les petites rues qui jalonnent les boulevards. De nombreux passants prêtaient main-forte aux C.R.S. et leur désignaient les porches, les recoins où se
cachaient des hommes, des femmes,rendus stupides parl’horreur.
Il était près de huit heures. Sur les quais situés en contrebas du pont de Neuilly, deux immenses colonnes
formées par les habitants des bidonvilles de Nanterre, Argenteuil, Bezons, Courbevoie, se mirent en mouvement. Des responsables du F.L.N. les encadraient et canalisaient les groupes qui ne cessaient de se joindre à eux.
Ils étaient au moins six mille ; les quatre voies du pont ne semblaient pas assez larges pour assurer l’écoulementdu cortège. Ils dépassèrent la pointe de l’Île de Puteaux, sous leurs pieds, et pénétrèrent dans Neuilly. Pas un neportait d’arme, le moindre couteau, la plus petite pierre dans la poche. Kémal et ses hommes contrôlaient lesindividus suspects ; ils avaient expulsé une demi-douzaine de gars qui rêvaient d’en découdre. Le but de la démonstration était clair: obtenir la levée du couvre-feu imposé depuis une semaine aux seuls Français musulmans et du même coup prouverla représentativité du F.L.N. en métropole.
La voie était libre ; ils purent distinguer, au loin, l’Arc de Triomphe illuminé à l’occasion de la visite officielle du Shah d’Iran et de Farah Dibah. Comme à leur habitude, les femmes prirent la tête. On voyait même des
landaus entourés d’enfants. Qui pouvait se douter que trois cents mètres plus loin, masqués par la nuit, les attendait une escouade de Gendarmes Mobiles épaulée par une centaine de Harkis. À cinquante mètres, sanssommations, les mitraillettes lâchèrent leur pluie de balles. Omar, un jeune garçon de quinze ans, tomba le premier. La fusillade se poursuivit trois quarts d’heure.
***
Didier Daeninckx meurtres pour mémoire

Rappelons qie le président de la République s'appelait ce jour-là le général de Gaulle et le président du Conseil Michel Debre. (YB)

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