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Publié par YVAN BALCHOY

 

Je vous présente à nouveau avec quelques mini-modifications  cet article ancien plus actuel que jamais !

Et il n'y a pas que Friedman qui mérite d'être mis au tableau du déshonneur. Nos gouvernants et nos banquiers devraient se regarder dans la glace et surtout analyser leurs déclarations et surtout leurs actes passés. (Y.B.)

 

L'économiste Friedman vient de mourir et les médias lui tressent une couronne de compétence et d'efficacité. Je ne me sens pas en deuil de ce penseur dont les idées ont contribué à abimer notre terre et notre humanité.

Tu exagères Yvan ! On ne médit pas des morts. A mes yeux c'est un mort parmi les millions d'hommes qui disparaissent chaque année à cela près que ses idées ont couvert des politiques économiques qui ont engendré un grand nombre d’autres morts de faim, de guerre, de haine même si je suis convaincu que ce n'était pas dans ses intentions.

Friedman, était sans doute fier d'être à l'origine de ce qu'on appelle le néo-libéralisme. Même qu'on lui a donné le prix Nobel pour ça et que deux personnages célèbres, entre autres, se sont réclamés de lui, Reagan et la sinistre Dame de fer. Il avait la phobie de l'Etat-Providence. A ses yeux c'était à chacun à faire son chemin dans la vie, il ne fallait surtout pas l'assister. Les indemnités de chômage, les minimums sociaux de toute espèce  étaient un frein inacceptable à la liberté-responsabilité dont il s'était fait le chantre. Bien entendu ce qu'il professait pour les individus  valait tout autant pour les nations.

Ce n'est pas Marx et Lénine qui sont dangereux pour l'humanité des travailleurs.

Je ne parle pas bien entendu de la petite humanité (dans tous les sens du mot) des "profiteurs" !

Hier, j'ai eu l'occasion de visionner le film BAMAKO. Extraordinaire ce film, ce procès africain qui pour l'image pourrait être celui d'un paysan qui dans un village de brousse proteste parce que la vache de son voisin vient brouter dans son champ mais qui se veut en fait être le jugement de deux institutions internationales, le Fond Monétaire, la Banque Mondiale qui  ont mis en pratique les idées de Friedman  pour  le plus grand malheur  du Mali, de l'Afrique sub-saharienne et plus généralement de l'ensemble des pays du Tiers-Monde. Je profite de l’occasion pour l’ayant vu ce matin à la TV dénoncer le Président, si je ne me trompe de la Banque mondiale, le sinistre et criminel Wolkowitz un de ces incitateurs qui avec Rumsfeld ont persuadé Bush de déclencher la guerre d’Irak. Aujourd’hui il parade et parle d’aide aux peuples du Tiers-monde, il serait plus à sa place dans une prison Irakienne poursuivi pour les innombrables morts dont il est  coresponsable .

 

Aujourd'hui les fruits de ce néo-libéralisme radical sont un constat implacable, les deux cent personnes les plus riches du monde sont plus riches que 45 % de la population  mondiale, trente millions de personnes meurent de faim chaque année. Ainsi tous les trois ans plus d’hommes et de femmes meurent de faim qu’il n’y a eu de victimes durant la guerre 40-45 dans une terre qui produit 115 % de la nourriture nécessaire pour tous. De plus,  600 millions de personnes vivent dans une grande pauvreté.

 

 

 Bien entendu, comme les avocats des multinationales n'arrêtent pas de le crier au procès de Bamako, personne ne veut vraiment ces morts, ils sont même persuadés que leur doctrine est la solution idéale pour les éviter dans le futur, mais comme les Maliennes et Maliens le dénoncent tout au long du procès ce libéralisme n'est pas seulement débridé, il est sauvage et féroce sans le reconnaître. Comme il nourrit l'appétit démesuré des plus riches, des plus puissants sans vraiment rien opposer à leur faim de pouvoir et de capital, inévitablement il appauvrit, il affaiblit, il meurtrit, il tue les plus faibles tout en croyant leur offrir avec la liberté d'entreprendre la voie du salut.

 

 

Non,  je ne pleure pas Monsieur Friedman, pas plus que ces deux malfaiteurs internationaux qu'ont été Reagan et la Dame de fer  (encore vivante et sans regret d'ailleurs) et tant d'autres encore aujourd'hui d'ailleurs. En créant, en consolidant un monde injuste basé sur l'exploitation de l'homme par l'homme, ils sont en fait à mes yeux des criminels sociaux. Comment imaginer qu'en additionnant les égoïsmes, les individualismes des hommes et surtout des plus forts on pourrait aboutir à une humanité  plus heureuse, plus pacifique.

 

Monsieur Friedman a obtenu le prix Nobel, l’israélien Perez l'a obtenu aussi. J'ai de moins en moins confiance dans la clairvoyance des juris suédois et norvégien et je fais infiniment plus confiance à Marx qui a clairement montré le mécanisme de l'exploitation de l'homme par l'homme et le moyen d'y mettre fin. Un monde marxiste  ne sera pas composé d’un un petit nombre d'individus plus riches que des nations entières, ni ne comptera de très pauvres il faut déposséder les très riches. Lénine l'a bien compris et sur ce point-là je suis d'accord avec lui et donc je ne m'associerai aucunement au concert de louanges qu'on va adresser à un philosophe dont les idées mise en pratique on tué ou laissé mourir des millions de gens même si c'est malgré lui.

 

Soeur Emmanuelle vient de mourir, je l'ai entendu dire que le scandale de notre humanité, c'est l'écart intolérable de richesse entre les plus riches et les plus pauvres.  Elle se sentait prête à accepter une humanité où tous seraient également riches ou également pauvres. Est-ce une utopie ?  Je pense que le Christ a bien parlé à ce sujet et sûrement Marx mieux que Friedman & Cie.

Autre sujet qui m'interpelle aujourd'hui.

Plusieurs pays européens dont l’Espagne et la France ont proposé pour en finir avec le drame de Gaza et les bombardements de populations civiles en Israël ou en Palestine un plan que je trouve équilibré, cessation des hostilités des deux côtés, échange de prisonniers, présence de troupes internationales pour séparer les belligérants. L’état sioniste s’est gaussé de cette initiative en l’appelant « Café du commerce ». Etrange, ne trouvez-vous pas cette comparaison qui semble hors sujet. C’est vrai qu’on dit souvent qu’au café, du commerce ou pas, les gens aiment reconstruire le monde un peu encouragés par l’alcool qui, on le sait, dope les possibilités de chacun en gommant les obstacles à surmonter. Aujourd’hui devant une décision de l’Assemblée générale de l’ONU qui condamne les bombardements sauvages à Gaza, Israël ose parler de clowneries  A propos d’Israël je ne parlerai pas de café du commerce  mais bien du commerce incessant de l'inhumain que fait cet état de la Shoah et des atrocités commis contre les juifs par les nazis pour justifier aujourd’hui d'autres actes horribles qui rappellent parfois étrangement les comportement des fascistes. S’il y a encore un ghetto aujourd’hui je le situerai sûrement à Gaza et je demande aux israéliens vraiment attachés aux droits de l’homme  de prendre position devant ce que ta'hal fait à Gaza, à Jérusalem est et en Cisjordanie.

 

 

Mais il ne suffit pas de jeter l’opprobre sur les autres, il faut savoir faire se remettre en cause ; en consommant à la manière de l’occidental aisé que je suis, je sais que je pollue le monde, que j’achète dans les grandes surfaces des produits issus de commerces non équitables, je sais que malgré mes condamnations orales et mes participations à des manifestations plus ou moins bruyantes, mon mode de vie contribue à dégrader la terre, participe aux injustices qui tuent dans le sud;  je dispose de revenus qui, comparativement à ceux d’innombrables hommes et femmes de la planète sont une sorte de provocation. Si vraiment comme le disait Saint Thomas d’Aquin et je suis d’accord avec lui tous les biens de la terre avant toute appropriation privée appartiennent à l’ensemble des hommes, si un homme ou une femme vraiment affamé ont le droit d’entrer dans une boulangerie, une grande surface, de réclamer, de prendre et de manger leur nécessaire vital, c'est à dire LEUR pain, LEUR nourriture indispensable, alors à l’échelle planétaire, les émigrés tant qu’on les laissent mourir de faim ont le droit de venir chez nous partager notre pain qui est aussi le leur. Si nous voulons tarir l’émigration chez nous partageons pour de vrai les richesses du monde avec les nations du tiers-monde, achetons à leur vrai prix ce qu’ils produisent et acceptons de voir peu à peu notre niveau de vie se stabiliser sinon baisser un tantinet  ou même un peu plus  quantitativement tandis que le leur peu à peu se rapprochera du notre dans un monde où la faim sera, je l'espère, aussi rare que la tuberculose aujourd’hui chez nous. (? en 2008 )

 

Oui le capitalisme sauvage, dont nous sommes partis et comme je l’ai si bien compris du film Bamako cause une mortalité certaine dans le tiers-monde, peut-être sans le vouloir mais il tue réellement en déséquilibrant les échanges entre nations, en ruinant l’économie des pays pauvres et il ne suffit pas de se dire anticapitaliste pour ne pas en être un acteur involontaire sans doute mais bien réel par nos habitudes de vie, d’achat et de consommation.  

André Cayatte, si j’ai bonne mémoire,  est l’auteur d’un film intitulé « Nous sommes tous des assassins ». Autrefois, je trouvais ce titre exagéré et provocateur, plus aujourd’hui. De même qu’il faut, je crois, reconnaître le racisme qui stagne au fond de  chacun de nous pour vaincre le racisme, il nous faut découvrir combien certains de nos comportements, certains choix politiques ou économiques que nous assumons  au moins par nos actes sont porteurs de misère et de mort à l’autre bout de la terre quand ce n’est pas déjà à nos portes. Réveillons-nous !

   

 

 Yvan Balchoy

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