Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par YVAN BALCHOY

02-07-20- LE VRAI VOL, C'EST LE CAPITALISME (WILIAM C. ANDERSON - LE GRAND SOIR)

RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
« Informer n'est pas une liberté pour la presse mais un devoir »
Rechercher
accueil | nouveautés de la semaine | derniers articles | articles au hasard | auteurs référencés | thèmes
?
2 juin 2020
Oubliez les « pillages ». Le vrai vol, c’est le capitalisme (Truth Out)

William C. Anderson
Après le meurtre de George Floyd par un policier à Minneapolis, des émeutes ont embrasé les États-Unis. Des scènes de pillage ont appelé des condamnations fermes, notamment celle du président Donald Trump qui menace d’abattre les fauteurs de troubles. L’écrivain William C. Anderson rappelle que ces discussions sur les pillages reviennent à chaque émeute, occultant les enjeux fondamentaux comme le racisme structurel, le pillage organisé de Wall Street ou encore l’accès aux soins de santé et au logement. (IGA)

Ce matin, le président des États-Unis a menacé de meurtre ordonné par l’État ceux qui commettaient des « pillages », mettant à nu la façon dont la suprématie blanche, le capitalisme et l’État travaillent ensemble pour réprimer violemment les personnes qui défendent la vie des Noirs.

Mais cet accès de colère de Trump n’est pas la seule réponse ouvertement raciste que nous devrions interroger. Nous devons également réfléchir à la manière dont les conservateurs et les libéraux ont réagi aux soulèvements de Minneapolis en condamnant le « pillage ».

Les manifestants, à Minneapolis et dans tout le pays, protestent contre un lynchage et la violence de l’État. Comment devrions-nous réagir à un lynchage ? Notre objectif devrait-il être simplement de le faire connaître, dans l’espoir que cette publicité entraîne sa condamnation et empêche de futurs lynchages ? Cette logique est imparfaite, notamment parce que les lynchages se nourrissent de la présence de spectateurs. Pour les suprémacistes blancs, l’acte de tuer est aussi un acte de fraternité et une occasion d’endoctrinement.

Nous contenter de diffuser des images de meurtres racistes et demander à l’État de cesser de nous tuer ne va pas les arrêter. (En fait, s’il est important de faire connaître l’existence de ces meurtres, la diffusion de telles images galvanise aussi, parfois, les adeptes de la suprématie blanche.)

Ainsi, certains parmi ceux qui s’opposent aux meurtres racistes semblent trouver suffisant de regarder des vidéos, attendre le moment de voter et participer à des marches de protestation. Mais pour d’autres, une intervention plus importante est nécessaire. Le meurtre de George Floyd par la police de Minneapolis fait suite aux meurtres d’Ahmaud Arbery à Brunswick, en Géorgie, et de Breonna Taylor à Louisville, dans le Kentucky. Ces meurtres ont été commis par des policiers, en service ou retraités. On peut le comprendre, l’indignation va croissant.

Nous devons nous attendre à des soulèvements. Nous devons nous attendre à des dégâts matériels, car les gens se soulèvent contre les systèmes racistes complices de la violence raciste. Beaucoup de participants à ces révoltes ont décidé que le respect de la propriété privée ne vaut pas plus que le respect de la vie des Noirs. Nous sommes conscients que la loi ne respecte pas la vie des Noirs, et que donc on ne peut compter sur la loi pour les protéger ou leur accorder un respect qu’ils ne méritent pas. Ainsi, alors que les manifestants sont accusés de « pillage » et d’ « émeutes » à Minneapolis ou ailleurs, il est temps que nous réfléchissions au vol systématique de l’Amérique noire.

Une fois de plus, les entreprises américaines s’en sont tirées avec des quantités d’argent astronomiques en 2020. Sans que personne exige qu’elles rendent des comptes, il y a eu peu ou pas d’opposition à leur vol monumental. On leur a remis des milliers de milliards [de dollars]. Les politiciens qui servent l’élite des entreprises — et qui craignent de paraître opposés à un accord profitant largement à Wall Street — ont fait passer cette décision. Bien sûr, beaucoup de personnes vulnérables ont été laissées pour compte. Il n’y a eu aucun changement après la crise de la dette non réglée de 2008, qui a maltraité les gens dans le monde entier avec les privations que nous connaissons sous le nom d’austérité. Les coupes dans les prestations sociales se sont abattues sur la population qui ne se laissait pas décourager, tandis que les riches ne cessaient de s’enrichir.

Aujourd’hui, les manifestations qui éclatent dans tout le pays en réponse à la brutalité policière annoncent ce qui va suivre. Les gens vont probablement prendre, casser et se battre parce que leurs conditions de vie restent misérables. Cela ne devrait pas nous surprendre. Néanmoins, le « pillage » pratiqué par les opprimés fera toujours l’objet de condamnations plus sévères que le vol structurel qui existe depuis longtemps sous le capitalisme.

L’idée règne que ce sont les responsables des crises, plutôt que leurs victimes, qui méritent notre sympathie lorsque leurs profits diminuent. Après la mort aux États-Unis d’au moins 100 000 personnes — parmi lesquels les Noirs, les autochtones et les Latinos étaient surreprésentés — à cause d’une pandémie impitoyable, les médias continuent à répandre cette insanité. Les entreprises qui ne paient pas un salaire décent à leurs employés et qui profitent de la flambée des prix en pleine catastrophe ne méritent pas la pitié. Pour ceux d’entre nous qui sont encore plus précaires, manquer un chèque de salaire peut signifier l’expulsion, l’emprisonnement ou la faim. Ces circonstances sont de plus en plus fréquentes, car le chômage atteint des niveaux jamais vus depuis la Grande Dépression. Au moins 40 millions de personnes dans ce pays sont sans travail. Et les gens dans le besoin sont de facto volés par les riches.

Vous pouvez lire l'article intégral sur l'excellent site du "GRAND SOIR"

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article