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Publié par YVAN BALCHOY

24-06-20-LA PANDEMIE A PRECIPITE LA PHASE FINALE DU CAPITALISME . A NOUS DE FAIRE LE RESTE !(INVESTIG'ACTION DE MICHEL COLLON)


22 Mai 2020 LARRY HOLMES


   
Alors que la première puissance mondiale peine à affronter la pandémie de coronavirus, le capitalisme apparaît comme incapable de protéger la société. En effet, ce système fonctionne pour permettre aux plus riches d’amasser toujours plus de richesses. La crise actuelle révèle cette nature crue et ouvre la voie à des changements révolutionnaires. Dans la tourmente, le capitalisme ne va cependant pas tomber comme un fruit trop mûr de la branche. Il pourrait même virer au fascisme pour défendre ses intérêts menacés. C’est pourquoi une mobilisation efficace des travailleurs est plus que jamais nécessaire. (IGA)
 

Début mai, les travailleurs ont célébré la Journée Internationale des travailleurs 2020. Il n’y a eu aucun autre moment dans notre vie où s’est fait plus pressant le message qui transpire à travers le 1er mai, à savoir la solidarité mondiale des travailleurs dans la lutte contre le capitalisme. Nous sommes entrés dans une période décisive.

L’ampleur de la lutte mondiale des classes qui se profile exigera plus que la solidarité du mouvement ouvrier. Cela nécessitera un niveau de coordination entre les organisations et les mouvements du monde entier dans la lutte contre le capitalisme, un niveau supérieur même à celui des premières années de la Troisième Internationale sous la direction de Lénine. Le contexte et les technologies ont rendu possible ce qui  ne l’était pas. Mais d’abord, pour ceux d’entre nous qui vivent aux États-Unis, l’épicentre de l’impérialisme mondial, il y a du pain sur la planche.

L’économie capitaliste mondiale, dirigée par les États-Unis, tombe très rapidement dans une dépression. Elle est susceptible d’être plus grave que toutes les dépressions précédentes dans l’histoire du capitalisme. Car ce qui se produit actuellement, c’est l’implosion d’un système arrivé à son stade final. Aussi stupéfiante la pandémie de COVID-19 soit-elle, elle a en fait précipité une colossale crise du capitalisme mondiale qui couvait depuis longtemps. Après avoir été relancé il y a 75 ans par la Seconde Guerre mondiale, le capitalisme américain a glissé au cours du dernier demi-siècle dans sa phase finale. La mondialisation et le développement de nouvelles technologies, combinés à une attaque incessante contre le niveau de vie de la classe ouvrière, n’ont pas réussi à arrêter le déclin du système.

Le capitalisme ne s’est jamais remis du krach de 2008 sur les marchés financiers. Depuis lors, les marchés financiers sont sous assistance respiratoire, car les banques centrales y ont injecté des milliards de dollars. Lorsque les actions US se sont presque effondrées il y a deux mois, la Réserve Fédérale a fait quelque chose d’extraordinaire. En quelques jours, elle a injecté environ 5 trillions de dollars sur les marchés financiers US, environ un quart du produit intérieur brut annuel des États-Unis. Wall Street est maintenant placé sous ce qui ressemble à un respirateur financier. Avant la pandémie, l’économie mondiale stagnait aux États-Unis et se contractait ailleurs. Maintenant et partout,  l’économie se contracte à un rythme plus rapide que pendant la Grande Dépression.

Cependant, ceux d’entre nous qui attendaient avec impatience l’effondrement du capitalisme ne devraient pas se réjouir trop vite. La pandémie du COVID-19 et son impact sur l’économie capitaliste font mener un véritable enfer partout pour les travailleurs et les opprimés. Des travailleurs meurent de la pandémie, d’autres perdent leurs emplois. Le taux de suicide augmente et continuera de croître en corrélation directe avec l’augmentation du chômage, des expulsions, de la faim, en plus d’une augmentation des maladies et des décès.

Le nombre réel de travailleurs qui viennent de perdre leur emploi aux États-Unis n’est pas de 30 millions, mais se rapproche plutôt des 50 millions lorsqu’on y ajoute tous les travailleurs qui ne remplissent pas les conditions requises pour obtenir les allocations de chômage. C’est le cas de nombreux travailleurs migrants, des travailleurs pour les plateformes collaboratives comme Uber ou Deliveroo, ou encore d’un grand nombre de travailleurs licenciés qui n’ont pas pu accéder aux sites Internet du chômage soit parce qu’ils étaient trop occupés, soit parce qu’ils s’étaient écrasés. Cela signifie que près d’un tiers de la main-d’œuvre étasunienne vient de devenir sans-emploi.

Le besoin des capitalistes de forcer les travailleurs – ceux qui ont encore un emploi – à reprendre le travail pourrait rendre impossible de contenir la pandémie, car le marché boursier a besoin de la réouverture de l’économie pour se redresser. Lorsque la pandémie ne sera plus le principal problème, la plupart des emplois perdus ne reviendront pas. Ce qui conduit à une dépression capitaliste, c’est que le système dépend des travailleurs pour acheter des biens et des services. Or, le chômage important qui marque la dépression signifie que les travailleurs ne pourront pas acheter tous les biens que la surproduction capitaliste doit vendre sur le marché.

Naturellement, ce seront les travailleurs issus de l’immigration, ceux qui luttent pour survivre dans des conditions normales, qui souffriront le plus. Nous devons nous préparer à la dévastation inimaginable que la pandémie et la crise économique vont causer aux peuples du Sud. Mais les travailleurs qui vivent dans les principaux pays impérialistes, ceux qui pensaient jouir d’une bonne situation, surtout avant la récession de 2008, seront également très durement touchés par cette tempête.

 

Tout le monde, sauf les riches, exigera la fin du capitalisme
C’est le moment de faire les comptes. Pour tout esprit rationnel, il est tout à fait incompréhensible que le pays le plus riche du monde, bénéficiant du plus haut niveau de développement scientifique et technologique de l’Histoire et jouissant de ressources pratiquement inépuisables, soit en quelque sorte incapable de protéger la société d’une pandémie mortelle. Ce n’est pas seulement l’incompétence de Trump. Les présidents et les politiciens des partis démocrates et républicains ont fidèlement soutenu les mesures qui éviscéraient la qualité des soins de santé offerts aux travailleurs et aux pauvres.

C’est pour cette raison qu’il n’y avait pas suffisamment de lits d’hôpital, d’équipement de protection, de respirateurs et de travailleurs de la santé pour répondre à la pandémie. Les mesures qui ont rendu les hôpitaux complètement mal préparés à protéger la population ont été la conséquence d’une campagne d’austérité que les capitalistes ont lancée dans l’espoir de sauver leur système en déroute. Que les capitalistes soient malfaisants ou non est hors de propos.

Le problème fondamental est que les capitalistes ne peuvent pas faire ce qui est le mieux pour la société parce que ce n’est pas dans leur intérêt de le faire. Leur intérêt est d’accumuler toutes les richesses qu’ils peuvent, de maximiser les profits, d’exploiter la main-d’œuvre et de maintenir leur pouvoir sur la société. Si les intérêts des gens étaient primordiaux et si c’était nécessaire pour arrêter la pandémie, les travailleurs pourraient rester chez eux en toute sécurité sans craindre de perdre leur emploi.

Ce n’est pas l’économie qui doit être fermée, c’est le capitalisme. Le capitalisme ne peut pas nous protéger des pandémies, des changements climatiques ou de tous les dangers auxquels nous sommes confrontés. En raison de cette crise qui change le monde, de plus en plus de gens vont se rendre compte que le capitalisme est incompatible avec les besoins immédiats de la société et que sa continuation est une menace existentielle pour toute vie sur la planète. Jusqu’à ce que nous mettions un terme au capitalisme, nous serons tous à la merci d’une petite classe de parasites super-riches, qui se rétrécit.

Vous pouvez lire l'article intégral sur le site d'INVESTIG'ACTION de Michel Collon (à ne pas confondre avec des sites qui ont le même nom mais sûrement pas le même objectif !

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