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Publié par YVAN BALCHOY

 

 JESSICA DOS SANTOS

 

Voici un témoignage venu du Venezuela qui explique comment la population est amenée à affronter la pandémie de coronavirus. Malgré les risques que fait courir la maladie, les Etats-Unis n’ont pas levé leur blocus. Le pays doit composer avec un système de santé détérioré. Le prix du baril de pétrole a par ailleurs chuté. Et pourtant, le Venezuela s’organise pour affronter cette nouvelle épreuve. (IGA)


Au cours de la deuxième semaine de mars, le coronavirus était déjà en Chine depuis des mois, des semaines en Europe et était arrivé dans les pays voisins. Pendant ce temps, au Venezuela, une campagne de communication focalisée sur la prévention commençait. À chaque instant, nous entendions sur la chaîne d’État, un jingle qui nous demandait, à nous, le pays où tout sauf les étreintes et les baisers sont rares, de nous saluer sans contact physique : « Et si tu vois un ami et que tu veux le saluer : le salut est militaire. Si tu veux le serrer dans tes bras et que tu ne trouves aucun moyen de le faire : le salut, c’est le coude à coude. Et si tu rencontres un autre copain et que tu n’as pas le temps de discuter : le salut est japonais« , nous marchions en fredonnant tous cela dans nos têtes.

Cependant, à peine étions-nous témoins d’un élan de sympathie, que nous lancions nos intentions d’intense affection. D’une manière ou d’une autre, nous avons refusé d’accepter que le virus atteigne aussi le terrain de nos relations.

Le matin du vendredi 13, un ami fonctionnaire m’a averti que dans les prochaines heures, le travail serait suspendu et que serait imposée une quarantaine sociale (deux jours plus tard, une quarantaine fut imposée dans tout le pays). Après son avertissement, et sans connaître en profondeur le mécanisme qui serait employé, j’ai entrepris d’acheter quelques articles de base pour pourvoir à mes besoins à la maison. Dans mon esprit, je m’imaginais de nombreux scénarios complexes.

Au Venezuela, le système de santé publique est assez détérioré et les sanctions économiques contre le pays ne permettraient pas l’entrée des produits nécessaires pour faire face à cette crise. En outre, la pandémie pourrait finir par faire sombrer notre faible économie. Et à plus petite échelle, au Venezuela, les achats se font petit à petit. Ainsi, presque aucun foyer ne disposerait de marché pendant un laps de temps prolongé, et beaucoup n’auraient pas l’argent nécessaire pour pouvoir effectuer un achat en payant comptant.

Les scénarios qui m’ont traversé l’esprit étaient catastrophiques. Et en effet, certains se réalisèrent.  Non seulement les États-Unis n’ont pas levé le blocus, mais ils ont imposé de nouvelles sanctions. Le FMI a rejeté l’appel désespéré du gouvernement vénézuélien. Nous avons dû compter sur l’OMS, l’OPS, la Chine et la Russie, pour obtenir les kits médicaux nécessaires. Et au milieu de tout cela, le pétrole est tombé à moins de 30 dollars le baril, les commerçants ont augmenté les prix des fournitures les plus recherchées (masques, alcool, gel anti-bactérien et nourriture).

Vous pouvez lire l'article intégral sur le site d'Investig'action

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