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Publié par YVAN BALCHOY

JEAN FERRAT HIER SOIR SUR LA TROIS : UNE APPROCHE PSYCHOLOGIQUE  EN DEMI-TEINTE MAIS TROP D'OUBLIS DE SON ACTION POLITIQUE EXEMPLAIRE

J'étais  enthousiaste hier soir à écouter l'émission de France 3 sur Jean Ferrat, dix ans après son départ. Ce fut un bon résumé de l'ensemble de sa vie  à partir de son enfance moins connue par le grand public jusqu'à ses derniers jours si pénibles compte-tenu d'une chute qui détruisit son seul poumon déjà bien fatigué.

J'ai bien aimé les témoignages photographiques ou vidéos surtout de ces chansons dont, c'est vrai, le message émouvant ou explosif n'était pas servi par une gestuelle peu significative mais à mes yeux, cette primauté des mots de et l'émotion qui les animé me semble un grand "plus" par rapport à ceux dont les mouvements de bras ou de jambes suppléent aux creux des mots.

La chanson "NUIT ET BROUILLARD" , pas toujours très acceptée  initialement par les autorités publiques et les médias,  en ce moment où la France se rapprochait de l'Allemagne, qui nous rappelait de façon très émouvante le drame de la Shoah qui l'avait privé de son papa, mort à Auswitch, nous a tous secoués en nous rappelant le crime Absolu du Nazisme. Jean Tenenbaum nous a ainsi rappelé les horreurs d'un racisme d'état qui toucha le toucha dans sa chair sans oublier pour autant tous celles et ceux juin combattirent le bête immonde.

C'est a mes yeux le modèle idéal du juste Juif que j'ai beaucoup de peine à reconnaître dans un état qui viole, sans grandes réactions internationales,  les droits de l'homme les plus sacrés et élit à sa tête un criminel immonde.

Le reportage a très bien rendu la rencontre émouvante entre le jeune chanteur commençant à être connu et Christine Sèvres appréciée elle aussi dans le monde de la chanson. Ce fut certes un couple,uni d'un même idéal,  même si peu à peu, la talent de Christine s'effaça  malheureusement un peu devant celui de son mari.

Faire parler le chanteur par quelqu'un qui sans doute l'a bien connu ou même sa deuxième épouse ne me l'a pas tellement rendu présent, je l'avoue autant que son propre témoignage ou, ce qu'on a eu heureusement, une bonne chanson nous repré-sentait.

Oui, il fut bien dit que Ferrat, sans être explicitement communiste, était sympathisant de la cause alors que dans cette émission le succès de ses engagements n'est pas toujours clairement marqué et même parfois mis en doute mais il me semble évident que les auteurs de cette émission étaient plus intéressés par l'artiste chanteur  d'Aragon par exemple  que par ses nombreux meetings face au monde ouvrier ou sa sympathie pour l'expérience Cubaine.

Ainsi l'affirmation que le public qui l'a applaudi à la Havane venait essentiellement de prisonniers sortis pour faire la claque me semble plus venir de milieux anti-castristes ou anti-communistes primaires qui auraient  préféré un  Ferrat ne chantant que la beauté de la montagne ou de la femme.

Même désillusion dans l'évocation de l'action du chanteur en 68, période où un mouvement  étudiant, découvrant  la contestation un peu comme Colomb découvrit l'Amérique, rejette, comme  l'enfant en même temps que l'eau du bain , tout à la fois le capitalo-nationalisme du Général de Gaulle et son principal adversaire, l'utopie internationaliste communiste caricaturée en raison de certaines faiblesses idéologiques du PCF.

Certes, une compréhension mutuelle était très difficile entre le jeune chanteur poète et les tribuns, genre Cohn-Bendit., sorte de combat entre une poésie libre et engagée et un bulldozer un peu aveugle  croyant qu'il fallait tout détruire du passé pour renouveler l'humanité.

C'est vrai qu'entre les "enragés"de la Sorbonne et Jean Ferrat, le dialogue était plus que difficile, quasi impossible même, car l'artiste n'était guère dissocié du parti déjà un peu sclérosé, dont il était sympathisant mais pas adhérant.

C'est pourtant à ce moment que Jean nous offrit son chef d'oeuvre absolu, même si cette chanson ne fut pas au hit-parade, comme "la Montagne", je parle de "MA FRANCE"que je mets sans hésitation au sommet de l'oeuvre et de la vie de mon chanteur préféré.

Relisez attentivement, cette chanson qui tout à la fois magnifie le sol et le peuple de France et dénonce justement et vertement  les injustices sociales qui l'ont révolté dès le tragique de sa jeunesse.

L'émission de hier soir, a bien débuté en nous faisant entendre "Ma France" mais il aurait été plus avisé de la détailler dans le contexte de 68 comme une réponse percutante tant au ronronnement de la Droite qu'à la rage un peu nihiliste qui se passait à Paris et bien ailleurs dans le monde.

C'est vrai que je préfère "MA FRANCE" à la Marseillaise trop belligérante à mon goût. Ce n'est sans doute pas l'opinion de la majorité des français, je peux le comprendre.

Historiquement ils ont sans doute raison mais socialement parlant la  chanson de Ferrait est la synthèse de toute sa vie et de son idéal fraternel.

Le reste de l'émission ne manqua pas de nous rappeler comment le chanteur découvrit avec enthousiasme l'Ardèche et le village d'Antraigues où il se retira définitivement y trouvant concrètement ce qu'il avait si bien chanté  dans ce chef d'oeuvre : "C'est beau la vie".

L'émission rappela ensuite cet épisode où le chanteur français critiqua le bilan "globalement positif" de l'U.R.S.S. qu'avait esquissé maladroitement Georges Marchais mais n'oublia pas que que Ferrat reprit vertement un journaliste qui pensait pouvoir conclure que désormais il changerait ce camp.

De même que l'émission a réussi à nous rappelé la jeunesse de Jean Ferrat, sa conclusion fut, comme sa vie dans les trente dernières années, assez contrastée entre la tristesse,  de la maladie et du décès de son épouse, victime indirecte, peut-être du succès de son mari mais aussi du renouveau joyeux que fit la rencontre de Colette avec qui il parcourut joyeusement le monde.

Rappelons qu'à la fin de sa vie, il fut élu localement adjoint au maire de la Commune, où il s'était si heureusement retiré et n'hésita pas à blâmer ses concitoyens des 10 % du Mouvement National qui s'y était exprimé.

La boucle était ainsi bouclé, quand Jean Ferrat nous quitta, le peuple de France sentit bien que celui qui nous quittait, grand artiste était surtout un guide et un espoir pour tous ceux qui, au pays de Voltaire, souffraient de tant d'injustices.

Merci Jean Ferrat. Tu restes pour moi le chantre de la beauté de la terre, de la vie  et d'une humanité qui ne se résigne pas aux injustice mais lutte pour le bien commun de tous.

Yvan Balchoy

 

 

 

 

 

 

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