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Publié par YVAN BALCHOY

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Comment l’armée dite "de défense" israélienne encourage les tirs sur des enfants

mardi 11 février 2020

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"Le discours officiel de l’armée d’occupation légitime et encourage le meurtre d’enfants palestiniens", explique Gideon Levy dans Haaretz.

"Les soldats israéliens tirent sur des enfants. Parfois ils les blessent, parfois ils les tuent. Parfois ces enfants finissent en état de mort cérébrale, parfois handicapés moteur.

Parfois ces enfants avaient jeté des pierres ou des cocktails molotov, parfois ils se trouvaient sur le lieu d’affrontements. Jamais, ou presque, ils n’avaient mis en péril la vie des soldats.
Parfois ceux-ci leur tirent dessus par erreur, parfois ils le font volontairement. Parfois les soldats tirent pour tuer, parfois c’est pour punir. Parfois c’est à balles réelles, parfois elles sont enveloppées de caoutchouc. Parfois c’est de près, parfois de loin.
Parfois c’est la peur, la colère, la frustration ou encore l’illusion que c’est "le seul moyen" qui poussent les soldats à appuyer sur la gâchette. Parfois ils tirent de sang-froid.

Les soldats ne voient jamais leurs victimes après coup, sinon peut-être arrêteraient-ils d’agir de la sorte.

Les soldats israéliens ont le droit de tirer sur des enfants, ils ne sont jamais inquiétés pour cela. Quand coule du sang palestinien, peu importe qu’il appartienne à un adulte ou un enfant, ce n’est jamais que du sang palestinien, du sang de rien.

On trouve toujours, toujours de bonnes raisons de tirer. On ne trouve jamais, jamais de raisons qui puissent justifier que des enfants jettent des cailloux sur des tanks traversant leur village.

Depuis six mois, Abd-el-Rahman Shatawi est en convalescence à l’hôpital de Beit Jala. Depuis dix jours, son cousin Mohammed Shatawi est en soins intensifs à l’hôpital universitaire d’Ein Karem à Al Quds (Jerusalem).
Ils viennent tous les deux du village de Qaddum dans les territoires occupés.

Les soldats leur ont tiré en pleine tête. Ils ont visé Abd-el-Rahman de loin, à balles réelles, alors qu’il était devant la maison d’un de ses amis. Ils ont tiré sur Mohammed de beaucoup plus près, avec des balles enrobées de caoutchouc, parce qu’il aurait brûlé un pneu.

Abd-el-Rahman a dix ans et fait moins que son âge. Mohamed a quatorze ans et en paraît plus. Ils font tous les deux partie de la réalité palestinienne, suspendus entre la vie et la mort. Leur existence comme celles de leurs parents ont été détruites.

Jamais on aurait dû tirer sur ces enfants, jamais jamais on aurait dû les viser à la tête.

Le porte-parole de l’armée a évoqué dans le cas d’Adb-el-Rahman "un mineur palestinien blessé". Et pour Mohammed : "une plainte concernant un palestinien blessé a été enregistrée" par leurs services.
En tant que représentant d’une armée nationale, les déclarations du porte-parole engagent son pays dans son ensemble. Or dans son discours transparaît nettement la déshumanisation des Palestiniens. Même des enfants ne sont pas susceptibles d’éveiller la compassion, surtout pas dans les rangs de L’armée israélienne.

Le porte-parole est le digne représentant de son pays et son époque. Face aux blessures par balles d’un enfant, il n’y a en Israël aucune place pour les regrets, la pitié, les excuses, les enquêtes et les sanctions, encore moins pour les dédommagements. Tirer sur un enfant palestinien est moins grave que de tirer sur un chien errant, un geste qui lui pourrait susciter l’indignation et provoquer des poursuites.

C’est bien ce que confirment les déclarations du porte-parole de l’armée qui se veut la plus morale du monde."

Par Gideon Levy

(Traduit par Sarah V. pour CAPJPO-EuroPalestine)

Source : Haaretz

CAPJPO-EuroPalestine

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