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Publié par YVAN BALCHOY

 

 

 

Tim Anderson m’a offert son livre lors d’un congrès contre l’impérialisme à Damas. Anderson a enseigné l’économie politique durant deux décennies à l’Université de Sydney et est directeur du Center of Counter Hegemonic Studies. Connu pour ses écrits sur l’Amérique latine et son Dirty war on Syria (2016), suivi par Countering War Propaganada of the Dirty War on Syria (2017), il nous régale maintenant avec son livre Axis of Resistance. Towards an Independent Middle East (sortie février 2020)

 

Anderson travaille avec ses principes éthiques et son acribie coutumière, en s’appuyant sur des centaines de sources, autant occidentales que syriennes, avec le principe «audiatur et altera pars»: l’autre partie a le droit d’être entendue.

En 16 chapitres il nous présente les objectifs et méthodes de l’alliance impérialiste-sioniste ainsi que ses alliés dans la région qu’ils appellent le « New Middle East », terme selon Anderson assez euro-centrique et qu’il remplacera à la fin de son ouvrage par « West Asia » .

« Il n’y a qu’une seule guerre dans cette région – avant tout coloniale, depuis la Libye jusqu’en Afghanistan – toujours avec le rôle ‘héroïque’ joué par la coalition, mené par les USA, et qui libère certains pays de leur ‘brutaux dictateurs’(…) » .

Anderson dénonce l’atrophie de la culture anti-guerre et internationaliste de la gauche occidentale avec sa mission de « civilisateurs-sauveteurs-humanitaires » à la place. Il esquisse les pays de l’Axe de Résistance et d’intégration avec leur incontestable leader, l’Iran, et démontre leur unité et leur caractère non sectaire où on ne

joue pas capitalisme versus socialisme, mais plutôt impérialisme versus indépendance.

Dans la partie 1: Imperialisme et Resistance (chap.1-4) et 2: Le collapus de la Sale Guerre contre la Syrie (chap. 5-11 ), Anderson commence par une mise à jour de sa publication de 2016: The Dirty War Revisited (chap. 5 ) où l’auteur avait par exemple analysé treize rapports par rapport aux soi-disant victimes d’une attaque au gaz toxique dans la région syrienne de Ghouta-Est en 2013, et concluait que les preuves provenant de sources indépendantes ne permettaient aucune autre conclusion que celle-ci: «Des armes chimiques avaient bien été utilisées à Ghouta-Est, mais les accusations portées contre l’armée syrienne avaient été inventées de toute pièce et qu’il s’agissait d’une ‹opération sous fausse bannière› afin de justifier une intervention étrangère.». Il rajoute aujourd’hui ses recherches sur les financements et formations des Islamistes terroristes qui attaquaient la Libye et la Syrie par le Qatar, avec le soutien des USA. Il démontre d’autres attaques sous faux drapeaux en Syrie, et essaye d’analyser l’échec de la « gauche » européenne qui est tombée dans le piège de cette grossière propagande de guerre (chap.10 : The Pseudo-Left and the « Syrian Revolution. »). Cette « gauche impériale », « ces petits groupes de trotskystes et anarchistes » qui ont avalé la version de Washington selon laquelle les conflits en Libye et Syrie seraient des « révolutions populaires », « des guerres civiles », et les terroristes djihadistes fanatiques seraient des « révolutionnaires». Ces « gauches libéraux » entrent dans le chant de Washington, de l ‘OTAN, des Saudis et d’Israel pour soutenir les interventions « humanitaires » et « protectrices » dans cette sale guerre contre un peuple.

Anderson documente avec ses propres investigations le massacre de septembre 2016 à Alep. Il dénonce la récupération par les forces impérialistes de certaines ONGs comme par exemple Amnesty International ou Human Rights Watch.

La troisième partie (chap. 12-15 : The West Asian Alliance) introduit trois autres nations de résistance régionale  (la Palestine, le Liban et l’Iran), et donne des perspectives réelles pour une région indépendante, basée sur l’unité et le respect mutuel.

Dans la dernière partie (ch.16 : Postscript) Anderson revient sur ses expériences personnelles dans d’autres pays comme Cuba, Venezuela, Papua Nouvelle Guinée, Timor de l’Est, Palestine, Iraq et Iran. Il documente entre autres la manière dont certains agents mercenaires payés par les USA sont devenus les « dissidents Cubains » d’Amnesty International en 2003 (alors que cette même organisation avait attendu des années pour dénoncer les tortures pratiquées dans la prison de G.W. Bush à Guantanamo). Il met à la lumière les liens entre Human Rights Watch et Washington, leurs attaques politiques sauvages contre le Venezuela et Cuba ainsi que les abus de pouvoir de son propre pays, l’ Australie, contre le Timor de l’Est.

Tim Anderson démonte le mythe de la neutralité analytique et – autrement que ces analystes du Moyen Orient auto-proclamés- il refuse de donner des conseils ou de devenir un collaborateur de cette industrie de la coopération du développement, en restant un écrivain académique, indépendant et militant.

Anderson finit par une note d’espoir en dessinant une région arabe unie et nous rappelle que le monde change, que les BRICS et que d’autres groupes régionaux se soulèvent. Il fait appel à notre responsabilité humaine de soutenir la souveraineté et l’auto-détermination de tous les peuples.

 

Source : Investig’Action

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