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Publié par YVAN BALCHOY

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Combien de millions de personnes ont-elles été tuées dans les guerres menées par les États-Unis après le 11 septembre ? (Consortium News)


Première partie : L’Irak

 

Le nombre de victimes dues aux guerres menées par les États-Unis depuis le onze septembre 2001 est loin d’être établi alors que faire face à l’ampleur réelle des crimes commis reste un devoir pressant, d’un point de vue moral, politique et juridique.

Combien de personnes ont été tuées dans les guerres menées par les États-Unis après le onze septembre ? Je mène des recherches et j’écris à ce sujet depuis que les États-Unis ont déclenché ces guerres, qu’ils ont essayé de justifier en alléguant que c’était une réponse aux attentats terroristes qui ont fait 2996 victimes aux États-Unis, le 11 septembre 2011.


Samar Hassan, en train de crier après l’assassinat de ses parents par des soldats américains en Irak en 2005.

Pourtant aucun crime, aussi abominable soit-il, ne peut justifier qu’on fasse la guerre à des pays et à des gens qui ne sont pas responsables des crimes commis, comme le procureur du procès de Nuremberg Ben Ferencz l’avait infatigablement expliqué à l’époque.

The Iraq Death Toll 15 Years After the US Invasion [Le nombre de victimes irakiennes 15 ans après l’invasion par les États-Unis, NdT] , que j’ai écrit en collaboration avec Medea Benjamin, estime le nombre de victimes en Irak de la façon la plus précise et la plus honnête possible. Selon nous, environ 2 400 000 personnes ont été tuées en Irak suite à l’agression historique, en 2003, des États-Unis et du Royaume Uni. Dans cet article, je vais expliquer de manière plus détaillée comment nous en sommes arrivés à cette estimation et fournir le contexte historique. Dans la deuxième partie, je procéderai à une évaluation similaire du nombre de personnes tuées jusqu’à maintenant lors des autres guerres menées par les États-Unis après le onze septembre.

Les études du nombre de victimes par opposition aux compte rendus passifs.

J’ai étudié ces mêmes questions dans le chapitre 7 de mon ouvrage Blood On Our hands : the American Invasion and Destruction of Iraq [Du sang sur nos mains : l’invasion américaine en Irak et la destruction du pays, NdT] et dans des articles qui ont précédé, depuis Burying the Lancet Report… and the Children [L’enterrement du rapport du Lancet… et des enfants, NdT] en 2005 jusqu’à Playing Games With War Deaths [On sous-estime le nombre des victimes de guerre, NdT] en 2016.

Dans chacun de ces exposés, j’explique que les évaluations de victimes de guerre régulièrement publiées par les agences des Nations unies, par des groupes de contrôle et par les médias sont presque tous basés sur « un compte rendu passif » et fragmentaire, non sur des études exhaustives du nombre de victimes.

Des pays où les États-Unis et leurs alliés font la guerre depuis 2001, l’Irak est le seul où des épidémiologistes ont étudié le nombre de victimes en employant les meilleures méthodes, élaborées et expérimentées dans d’autres zones de guerre, comme l’Angola, la Bosnie, la République démocratique du Congo, le Guatemala, le Kosovo, le Ruanda, le Soudan et l’Ouganda. Dans tous ces pays, comme en Irak, les résultats de ces études épidémiologiques de grande ampleur ont révélé que le nombre de victimes était de 5 à 20 fois supérieur à celui qui avait été publié auparavant et qui était basé sur le compte rendu passif de faits.

Body Count : Casualty Figures After 10 Years of the “War on Terror” [Nombre de victimes après 10 ans de « guerre contre le terrorisme », NdT] , un rapport publié par Physicians for Social Responsability (PSR) ( les Médecins et la responsabilité sociale ) a conclu en 2015 que l’étude du Lancet était la plus complète et la plus fiable de toutes celles menées en Irak, ceci en se fondant sur le type de l’étude, l’expérience et l’indépendance de l’équipe de recherche, le peu de temps écoulé depuis les morts qu’elle recensait et sa cohérence avec d’autres chiffres sur les violences commises en Irak depuis l’occupation. Selon cette étude, environ 601 000 Irakiens ont été tués dans les 39 premiers mois de la guerre d’Irak et de l’occupation du pays, sans oublier que la guerre avait été aussi à l’origine de 54 000 morts non violentes.

Pour les autres pays touchés par les guerres menées par les États-Unis depuis le 11 septembre, les seuls rapports au sujet du nombre de victimes sont ou bien compilés par les Nations unies et basés sur les enquêtes à propos de drames rapportés aux missions d’assistance des Nations unies, comme en Irak et en Afghanistan ou bien encore par des groupes de contrôle comme l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, l’Irak Body Count (IBC) et Airwars qui se fondent sur des compte- rendus passifs émanant des organisations gouvernementales, des antennes médicales ou des médias locaux ou étrangers.

Ces rapports passifs sont régulièrement présentés par les organes des Nations Unies, les agences gouvernementales, les médias et même par des militants comme des « estimations » du nombre de morts, mais ce ne sont pas des estimations. Par définition, aucune compilation de rapports fragmentaires ne peut réussir à se transformer en estimation réaliste de toutes les personnes tuées dans un pays ravagé par la guerre.

Au mieux, il est possible que les comptes rendus passifs de faits révèlent le nombre minimum de victimes de guerre. Cependant comme on ne trouve souvent dans ces rapports qu’une petite fraction du nombre effectif de victimes, il est on ne peut plus trompeur de présenter ce chiffre comme « une estimation » du nombre total des victimes. C’est la raison pour laquelle des épidémiologistes ont élaboré des méthodes d’échantillonnage scientifique qu’ils savent utiliser pour proposer des estimations exactes du nombre des victimes de guerre grâce à des études statistiquement fiables.

Les épidémiologistes ont retrouvé dans de nombreuses zones de guerre, au niveau mondial, des disparités énormes – de 5 à 1 et de 20 à 1 – entre les résultats des études du nombre de morts et les rapports passifs. Dans des pays où les gouvernements occidentaux ne sont pas responsables de la guerre en cours, il n’y a pas eu de controverse à propos de ce type de résultats qui sont cités régulièrement par les responsables occidentaux et les médias.

Cependant les hommes politiques et les médias occidentaux rejettent et marginalisent les résultats des études à propos du nombre de morts en Irak, et ce, pour des raisons politiques. Les États-Unis et le Royaume-Uni sont, en effet, responsables de la guerre d’Irak, par conséquent l’ampleur du massacre est une question très sérieuse de responsabilité politique et juridique pour les hauts responsables qui ont choisi de ne pas écouter les mises en garde juridiques, cette invasion de l’Irak étant légalement une « agression criminelle ».

En 2006, des responsables britanniques ont demandé l’avis de Sir Roy Anderson, le conseiller scientifique en chef du ministère de la Défense du Royaume Uni et ce dernier leur a déclaré que « l’étude du Lancet était solide et employait des méthodes considérées comme quasiment “les meilleures” dans ce domaine ».

Vous pouvez lire l'article intégral sur le site du "GRAND SOIR"

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