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Publié par YVAN BALCHOY

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Derrière le sourire forcé de Marie-Sophie Lacarrau : les banques

J’ai suivi, ce 14 décembre, au journal télévisé de France 2 de 13 h, ce qui se disait des grèves contre la (soi-disant) réforme des retraites. Et j’ai beau y être habitué, j’ai quand même vu un grand moment de propagande télévisuelle.

Remarque 1. Le sujet des grèves et manifestations arrive en troisième position dans le journal. Mais il n’arrive pas après n’importe quoi. Les deux premiers sujets, en effet, sont intitulés d’une part "Les intempéries, dégâts et foyers privés d’électricité dans le Sud-Ouest", et, d’autre part, "La Défense : après avoir menacé des policiers à l’arme blanche, un homme est abattu".

Cette succession est tout sauf innocente. En effet, avant le sujet sur les grèves, qui ne va quasiment parler que de "la galère des usagers", on met le téléspectateur en condition avec les intempéries en présentant ses compatriotes atteints dans leurs conditions de vie : leurs voitures écrasées, leurs toits envolés, leur demeure privée d’électricité. Tout comme les usagers des transports tassés comme des anchois sur les quais des gares et dans les wagons du métro. On suggère ainsi (de façon peu discrète), et que les effets de la grève sont identiques à ceux des éléments, et que dans une période où les Français sont accablés par la Nature, il est très mal venu de leur infliger, en plus, des avanies pour préserver des revendications de "privilégiés"...

Même effet psychologique recherché avec l’homme menaçant de la Défense. On pourrait opérer une substitution de termes à termes avec la situation sociale et titrer le sujet : "La défense (indue) des privilèges : après avoir menacé les Français avec l’arme de la grève, les syndicalistes sont remis au pas par l’état d’urgence". Ainsi, quand, au bout de quelques minutes, la journaliste en arrive aux grèves, le téléspectateur est psychologiquement préparé pour regarder les grévistes d’un œil mauvais.

Remarque 2. Au début du journal, lorsque Marie-Sophie Lacarrau présente le sujet, elle prononce ces mots : "Neuvième jour de grève contre la réforme des retraites et des usagers épuisés. Scènes de cohue dans les transports. La vice-présidente des DRH alerte sur la fatigue des salariés. Des médecins disent voir en consultation de plus en plus de travailleurs exténués.

A noter : la grève n’est pas présentée pour le maintien des principes des retraites découlant du programme du CNR de 1944, mais contre la réforme. Et ces deux prépositions ne sont pas choisies au hasard. "Contre" a une connotation négative, "pour" une connotation positive, comme le substantif "réforme" : quand on réforme quelque chose, c’est pour que ce quelque chose fonctionne mieux, qu’il s’adapte à de nouvelles conditions. Conclusion implicite : les grévistes sont pour le statu quo, pour la routine, contre le progrès. Pour le reste, le ton est donné : les journalistes adoptent résolument le point de vue des usagers. On n’entendra pas les grévistes...

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