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Publié par YVAN BALCHOY

 

 

 

 

 

 Ce matin hivernal

 

 

et quelque peu glacial

 

 

j'ai pris ma voiture

 

 

en quête d'un brin de nature

 

 

quand soudain dans la boîte à gants

 

 

ta cassette m'a paru un remède épatant

 

 

pour fuir mes soucis

 

 

et apaiser mes ennuis

 

 

 Face au parc de ma cité

 

 

des canards diversement coloriés

 

 

fendant l'eau d'un air extasié

 

 

tandis que sur la pelouse

 

 

un paon à l'élégance andalouse

 

 

se faisait admirer

 

 

par une famille toute encapuchonnée.

 

 

Dès que la cassette se mit en route

 

 

mon cafard fut en déroute.

 

 

Au rythme de la flûte de pan

 

 

le paysage s'enlumina soudain

 

 

L'horizon se dressa

 

 

en blanches sierras nevada

 

 

le parc devint forêt amazonienne

 

 

parsemée de ruines précolombiennes.

 

 

A quelques pas de moi

 

 

si gracieux dans leur pancho

 

 

les mains dans le dos

 

 

quelques hommes  aux yeux brûlants

 

 

allant et reculant

 

 

tout en chantant

 

 

dansaient un étrange boléro

 

 

d'un altiplano  romancero

 

 

A deux pas un bouquet joliment colorié

 

 

de jeunes femmes au teint hâlé

 

 

vêtues d'amples "toma hombre"

 

 

tournoyaient entre elles

 

 

telle une toupie de soleil.

 

 

Emerveillé par cette cassette talisman

 

 

qui m'entraînait dans un monde si différent

 

 

je fermai les yeux un instant

 

 

pour mieux savourer le moment présent.

 

 

Quand tout aussi ravi

 

 

je les rouvris

 

 

je me trouvais  au pied d'une citadelle

 

 

aussi vieille que belle

 

 

qui face ˆ une mer émeraude

 

 

me chantait à sa façon son ode

 

 

d'un passé prestigieux

 

 

dont je voyais les restes si fastueux

 

 

 

 

Je reconnus sans peine

 

 

la merveilleuse Carthagène

 

 

où le blanc côtoie si joliment l'ébène

 

 

l'aujourd'hui y est paré des habits d'hier

 

 

et le passé y ressuscite si fier

 

 

C'est alors que me retournant ébloui

 

 

autant qu'abasourdi

 

 

enfin  je te revis

 

 

Je me précipitai vers toi

 

 

mais doucement tu me repoussas

 

 

d'une douce caresse de tes doigts

 

 

puis m'entraînant à travers rues

 

 

tu me détaillas tout en revue

 

 

Me faisant humer gaiement mille odeurs

 

 

si accordées à la palette des couleurs

 

 

tu me fis visiter le port

 

 

admirer les statues des conquistadores

 

 

me recueillir dans les églises coloniales

 

 

et leur si  délicieuse fraîcheur

 

 

au sein de la moiteur équatoriale

 

 

tout cela dans la musique

 

 

des bruits et des clameurs

 

 

tellement accordée à la chaleur des tropiques.

 

 

Soudain je me sentais un autre homme

 

 

j'oubliais tous mes pensums

 

 

heureux de la présence à mes côtés

 

 

d'une jolie femme un peu excitée

 

 

de faire partager les joies de son enfance

 

 

les flammes de son adolescence.

 

 

Brusquement  en quelques instant

 

 

le soleil nous tira sa révérence

 

 

Dans l'obscurité naissante

 

 

ta main soudain rejoignit la mienne

 

 

tandis que ma bouche

 

 

rejoignant le tienne faisait mouche

 

 

tu m'entraînas dans  un petit resto

 

 

à deux pas de la mer

 

 

dont il gardait l'odeur

 

 

et préservait la saveur

 

 

Avec ta suave autorité

 

 

tu me commandas des mets épicés

 

 

des crevettes étrangement saucées

 

 

qui me firent oublier le beefteak-frites

 

 

qui pourtant  chez moi est un rite.

 

 

Tes yeux devinrent peu à peu plus brillants

 

 

comme ce vin chatoyant

 

 

dont la chaleur joyeuse

 

 

rendait nos mains toujours plus audacieuses.

 

 

De notre retour à l'hôtel

 

 

bras-dessus, bras dessous

 

 

ne me demandez pas l'itinéraire

 

 

J'avais tellement mieux à faire

 

 

 

 

Enfin nous voici dans notre chambre

 

 

Tu me souris toute consentante

 

 

Je m'approche électrisé

 

 

pour t'embrasser

 

 

quand brusquement  tout s'effondre

 

 

et disparaît dans l'ombre

 

 

Je me retrouve ridicule

 

 

dans mon véhicule.

 

 

La cassette vient de s'achever

 

 

Tous mon rêve est cassé

 

 

Le gris et le froid

 

 

ont repris leur droit

 

 

Les canards semblent  si heureux

 

 

que je leur en veux un peu

 

 

Il ne me reste de toi que ces souvenirs

 

 

d'un monde encore inconnu à découvrir

 

 

Mais tu es, je le sais, mon meilleur avenir

 

 

Ta cassette s'est tue

 

 

mais ma soif de toi perdure !

 

 

 

 

 

 

Yvan Balchoy

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