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Publié par YVAN BALCHOY

Stephanie Meslier Angeli

Sait-on bien ce qui se joue, aujourd’hui, en France ? Se rend-on compte de l’incroyable entreprise de démolition à laquelle se livrent Macron et son équipe, avec une légitimité de seulement 24,01% au premier tour de la présidentielle ? Six mois pour supprimer l’ISF, douze pour casser le Code du travail, et vingt-quatre pour foutre en l’air la retraite par répartition (en revanche, il faudra vingt ans pour supprimer les emballages en plastique, cherchez l’erreur).
Cette réforme des retraites n’est pas tant une question d’âge pivot, de régimes spéciaux et de point d’équilibre, qu’un élément à replacer dans une stratégie plus vaste : la démolition de l’État protecteur et le profit par les privatisations. C’est d’un changement de société dont il s’agit : la fin du citoyen et le règne du consommateur. La fin de la solidarité au profit de la lutte darwinienne pour la survie individuelle et le chacun pour soi. Vive les forts et malheur aux faibles, à ceux qui "ne sont rien", comme les appelle Macron.
Il y aura ceux qui ont les moyens de se payer une retraite complémentaire privée, et les autres. Est-ce cela le progrès ? Sommes-nous assez bêtes pour croire que Macron "réforme" pour le bien des Français ? A-t-il une seule fois, depuis son élection, agi dans le sens de l’intérêt général ? 
Ne vous y trompez pas : les assistés ne sont pas les pauvres qui bénéficient du système de redistribution des richesses. Les assistés, se sont les ultra-riches, les amis de Macron, ceux qui engrangent les profits en se servant des subventions publiques et qui ne paient pas d’impôts, ou si peu. Macron n’est pas au service des Français, mais de cette caste. Il en fait mille fois la preuve. 
Notre système de retraites est réellement en péril ? Et si vous pensez que oui, n’existe-t-il pas d’autre voie que celle qu’on veut nous imposer ? L’enjeu est assez important pour que l’on fasse l’effort de s’informer, sans se contenter du matraquage infligé à longueur d’antenne par BFM ou France Télés, etc. 
Pourquoi ce gouvernement ne parle-t-il que d’économies sans jamais se préoccuper de créer des richesses ? Autrement que par la croyance du saint-ruissellement, bien entendu... Pourquoi la France n’a-t-elle pas de politique industrielle ? D’ailleurs, qui connaît le nom du ministre de l’Industrie ?... Pourquoi, pour dégager de l’argent, Macron ne voit-il d’autre choix que de vendre les joyaux de la République ? Je ne parle pas seulement de la FDJ, d’Aéroport de Paris, des barrages, des parts de l’État dans Engie. Après les retraites, dont cette réforme aiguise les appétits des assurances privées, tomberont d’autres secteurs de l’État encore préservés. À bas bruit, la privatisation de la culture est en marche, et l’on ne parle plus que de "produits" ou de "recherche de rentabilité". Le manque de moyens oblige à se tourner vers les financements privés et le mécénat. Mécénat subventionné par l’État et dont profitent les grosses fortunes pour obtenir des ristournes fiscales… Mais que peut-on attendre d’un Président pour qui "Il n’y a pas de culture française", qui prête à la langue allemande "un charme romantique que la langue française ne (lui) apporte plus", et qui a confié la préservation du Patrimoine français à Stéphane Bern et à un tirage du Loto ? À quand le tour de l’Éducation, ou de la Santé, qui représentent, eux aussi, de juteux marchés ? 
Ce que les grévistes défendent aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des "privilèges de nantis", pour reprendre une détestable expression. C’est la spécificité du système français, mis en place par De Gaulle, les résistants et les communistes à la Libération, et que Macron veut démolir. Je ne suis pas en train de dire que tout est parfait et que rien n’est à revoir dans le système des retraites ou dans les régimes spéciaux (que l’on m’explique l’utilité du statut des agents de la Banque de France, par exemple). Mais la réforme de Macron, dans son essence, vise toute autre chose. Elle n’a rien d’universel ou d’égalitaire. Sinon, pourquoi les policiers, les militaires et les sénateurs conserveraient-ils leurs avantages ? Ce gouvernement veut en finir avec l’État protecteur, abattre les corps intermédiaires, dont les syndicats, et imposer son libéralisme maastrichtien, à marche forcée. 
Peut-être ne verrai-je pas ma famille et mes proches à Noël, faute de trains, et cette idée me déchire le cœur. Cependant, ce n’est pas aux grévistes que va ma colère. Le responsable, c’est Macron. Voilà plus de 25 ans que j’observe la vie politique. Et jamais, je n’ai vu climat aussi malsain, ni un Président qui connaissait si peu son Histoire et aimait si mal son pays.

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