L’animateur avait tenu des propos discriminants.

Le 22 novembre 2016, l’animateur radio de Vivacité Charleroi, Alain Simons, s’adressant à 6 h 36 du matin dans une séquence d’info-route du programme Charleroi Matin, a tenu les propos suivants : "Alors je vous signale quand même qu’on note la présence de gitans qui rôdent dans les régions de Gerpinnes, Nalinnes, Loverval, Somzée, et les environs. Ils se déplacent dans une camionnette grise et aussi dans une Mercedes bleu foncé avec des plaques françaises. Voilà, alors faites attention, on sait jamais, fermez bien les portes. Si vous avez des trucs volables chez vous, prenez vos précautions."

L’animateur faisant à nouveau le point sur la circulation répétait à 7 h 28 : "Et on note aussi la présence de gitans dans les régions de […], donc soyez vigilants. Que ça ne vous empêche pas de passer une excellente journée."

 
 

Bien que la RTBF ait condamné les propos et que l’animateur, sanctionné d’un retrait d’antenne, ait présenté publiquement ses excuses en reprenant le micro après huit jours, le CSA, saisi par Unia, a condamné la radio publique pour avoir diffusé des propos stigmatisants. Selon la RTBF, l’animateur n’avait pas compris la portée de ses propos. Il aurait fallu lui expliquer son erreur.

Bref, le CSA contraignait la RTBF à lire le texte de son communiqué à l’antenne de Vivacité Charleroi deux fois par jour pendant une semaine et à l’afficher de manière ininterrompue sur la page d’accueil du site internet de Vivacité Charleroi pendant la même semaine.

La RTBF a introduit devant le Conseil d’État une requête demandant l’annulation de la décision du CSA. Une requête rejetée. Le Conseil d’État relève que la sanction infligée par le CSA est une des mesures les plus légères, légitimes et pertinentes que le CSA pouvait prendre pour informer le public du caractère attentatoire à un droit fondamental des propos tenus par un animateur radio.