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Publié par YVAN BALCHOY

Les deux hommes se sont rencontrés plus de 30 fois

Jacques Chirac, le « sauveur » des Palestiniens ?

Le président français, qui s’est éteint ce jeudi 26 septembre, est connu dans le monde arabe pour son esclandre contre les forces de sécurité israéliennes dans la vieille ville de Jérusalem en 1996. Mais sa politique n’a pas toujours été si pro-Arabe que cela...

En 1995, après quatorze ans de socialisme, le peuple français rappelle au pouvoir un adepte du gaullisme : Jacques Chirac. Le nouveau président tient à souligner son appartenance à la lignée de l’ancien président Charles de Gaulle, notamment en ce qui concerne la diplomatie française au Moyen-Orient.

En avril 1996, au Caire, il proclame son ambition de faire de « la politique arabe de la France [...] une dimension essentielle de sa politique étrangère » et de lui donner « un nouvel élan, conformément à la vision de son initiateur, le général de Gaulle. »

Cependant, l’héritage de Chirac dans la région sera très éloigné de celui de son modèle, terni par des incohérences, des excès et des gaffes découlant de son opportunisme politique et du désir de satisfaire des intérêts trop nombreux et contradictoires.

Pro-Palestinien dans l’âme ?
Les prémisses étaient cependant encourageantes. Fasciné par les civilisations étrangères et ardent défenseur du dialogue entre les cultures à une époque dominée par l’adhésion de l’administration Bush Junior à la théorie du « choc des civilisations », Jacques Chirac nourrit depuis longtemps un intérêt culturel pour le monde arabe et noue des relations personnelles avec nombre de ses dirigeants.

Néanmoins, l’ancien maire de Paris a également de grandes ambitions politiques – et il est aussi extrêmement conscient de la sensibilité de la communauté juive française à la question israélo-palestinienne. Jacques Chirac déploie alors des efforts déterminés pour effacer l’image pro-arabe de ses débuts.

Ainsi, il prend soin de garder ses distances avec la direction palestinienne, refusant systématiquement d’accéder à la demande de rencontre du président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) Yasser Arafat, qu’il qualifie de « terroriste » et de « voyou ».

« Bien que sa position officielle ne soit pas de soutenir un État palestinien, en secret, il [Chirac] le soutient » (Bernard Billaud, ancien secrétaire privé de Jacques Chirac).

Le président français martèle le message dans une interview accordée au journal israélien Yediot Aharonot le 15 août 1986, dans laquelle il déclare : « Il ne fait aucun doute que je ne ferai jamais rien qui puisse nuire à Israël [...] Je ne suis pas en faveur d’un État palestinien indépendant [...] Je pense que la question peut être réglée dans le cadre d’une solution négociée avec la Jordanie [...]. »

Et d’ajouter : « Si je n’ai jamais rencontré Arafat, ce n’est peut-être pas une simple coïncidence. Je suis l’un des rares hommes d’État à avoir rejeté le principe selon lequel l’OLP est le seul représentant légitime du peuple palestinien [...]. Un matin, j’ai appris à la radio que l’OLP avait ouvert un bureau à Paris et j’en étais très mécontent [...]. »

Au fond de lui cependant, Jacques Chirac serait sensible à la situation du peuple palestinien et partagerait sa colère et sa frustration. Son secrétaire privé alors qu’il était maire de Paris, Bernard Billaud, l’affirme : « Bien que sa position officielle ne soit pas de soutenir un État palestinien, en secret, il le soutient. »

En 1980, Chirac lui aurait confié, suite aux réactions indignées des partisans d’Israël face à sa rencontre à Paris avec le maire du Fatah, Abdul Jawad Saleh, expulsé par Israël de la Cisjordanie comme la plupart des maires élus à l’époque : « En continuant à allier exigences et intolérance, les juifs ressusciteront l’antisémitisme et Israël pourrait bien un jour être rejeté à la mer. Leur politique est irresponsable. Je commence franchement à trouver leur comportement insupportable. »

Rue Jacques Chirac à Ramallah, Cisjordanie occupée

En privé, il exprime sa désapprobation de la politique israélienne à plusieurs reprises au cours de cette période, notamment à l’occasion de l’annexion par Israël du plateau du Golan en 1981, qu’il qualifie d’acte de « piratage ».....

Vous pouvez lire l'intégralité de cet article sur l'excellent site du "GRAND SOIR"

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