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Publié par YVAN BALCHOY

 

 

LE SCAPHANDRE ET LE PAPILLON (REEDITION DE 2007)

 Je viens de voir ce film relatant une histoire véridique que son auteur et sujet avait traitée en un récit autobiographique publié quelques jours avant sa mort.

 

Ce fut autrefois un journaliste réputé, rédacteur en chef du périodique "Elle". Atteint d'un congestion cérébrale sévère, après quelques semaines dans le coma, il reprit connaissance conscient voyant et entendant à peu près normalement mais totalement paralysé de la tête aux pieds à une exception apparemment minuscule près mais qui va changer le cours de son avenir : il avait gardé la possibité de cligner son oeil droit.

Les médecins et infirmières qui l'entourent découvrent vite que c'est le seul moyen qui lui reste de comuniquer avec le monde extérieur et entreprennent de l'exploiter au maximum.Les débuts sont laborieux, il s'agit pour la personne qui l'assiste d'énumérer toutes les lettres de l'alphabet selon un ordre de préférence et lui chaque fois qu'il reconnaît la lettre qu'il veut exprimer cligne de l'oeil droit pour la valider. Ainsi une des premières phrases qu'il dicte àson infirmière est "Je veux mourir."

Aidé de façon durable par une jeune femme, notre paralysé reprend sinon goût à la vie au moins désir intense de communiquer et de s'exprimer. Avant sa maladie, il avait prévu d'écrire un ouvrage sur la vengeance féminine. Sans y renoncer complètement il commence par décrire sa propre expérience de vie: il se voit emprisonné par son corps paralysé en une sorte de scaphandre tandis que son esprit qui en tête fonctionne très bien et reste ouvert à toutes formes d'imaginaton lui fait penser à un papillon d'où le titre du film

 A partir de ce moment-là, le film nous fait vivre jour après jour, la lutte difficile de cet homme pour laisser s'exprimer ce "papillon' qui témoigne de l'excellence de sa vie intérieure à travers ce scaphandre qui représente l'inertie quasi totale de son corps.

 Quelques rappels du passé actif, dynamique et trouble parfois de sa vie passée l'obligent à repenser sa vie, sa relation aux autres et de voir en quoi sa nouvelle vie tellement amputée par rapport à l’ancienne a encore un sens qui s’impose peu à peu à lui à travers ses mini-défaites et mini-victoires quotidiennes.

Ce film merveilleux m’a aidé à distinguer dans ma vie ce qui compte vraiment et les paillettes de mon comportement qui ne sont sûrement pas l’essentiel du message que je voudrais exprimer de ma vie. Personne ne connaît son avenir et le sort du héros de ce beau film pourrait, qui sait, m’atteindre un jour. J’aimerais si ce malheur survenait en moi continuer à me battre, à exprimer mes convictions et mes espérences.

 

 

Au sortir de cette très émouvante séance, en grande admiration vis-à-vis de cet homme, ce héros, sans doute plus grand encore au plan humain comme handicapé profond que comme rédacteur en chef d’une grande revue, je suis convaincu de la grandeur potentielle de l’homme même diminué par la maladie.

 Oui l’être humain n’est pas grand par sa puissance financière ou politique mais par sa valeur morale, sa combativité, sa volonté de vivre debout, même cloué au fond d’un lit. C’est la grande leçon d’un grand film. Je vous conseille vivement d'aller le voir.

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