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Publié par YVAN BALCHOY

Après le tir scandaleux d'un policier (toujours en exercice ??) contre un enfant de deux ans, que le parquet, la police des polices a tenté de camoufler n'hésitant pas à accuser les parents de l'enfant à s'en servir comme bélier, n'hésitant pas à attribuer le coup de feu qui a tué Mawda à un réfugié à côté d'elle, un nouveau fait divers montre que la police détourne parfois l'abrogation de la peine de mort  en utilisant dans des circonstances douteuses ses armes.

Le poème qui suit a été écrit par moi au soir de la mise à mort par la police d'un trafiquant de drogue à peu près au même endroit que cet automobiliste français qui a peut-être utilisé sa voiture contre un policier mais peut-être pas aussi. Ce qui est arrivé ce soir-là, ce qui est arrivé hier doit être examiné et jugé honnêtement par la police des polices. J'espère que les bavures démontées par le journaliste Bouffioux à propos de la petite Mawda ne se produiront pas ici et que la durée de l'enquête ne servira pas une fois de plus à endormir notre mémoire !

Plus que jamais, il est nécessaire en Belgique autant qu'en France, que l'institutions devant examiner et juger, le cas échéant, des bavures de fonctionnaires de police ne soit pas constituées de personnes liés à l'institution qui devient dès lors juge et partie

 

 

AUX VICTIMES DE TOUTES LES BAVURES POLICIERES OU AUTRES

 

 

Dans la café international,

Je t'ai expliqué le visage tout pâle

et par la colère désarçonné "

La gendarmerie vient d'assassiner

un jeune dans un quartier immigré. "

 

" Il était sûrement basané

venait d'un pays de disette,

et s'appelait sans doute Mahomet "

m'as tu répondu d'un air las

et j'ai compris à ce moment-là

combien tu en avais marre

de ce perpétuel cauchemar

qui est le quotidien

de ceux qui ont pour simple tort,

d'avoir un mauvais passeport

une mine exotique

une étrange génétique

qui en font les suspect parfaits

de tant de méfaits

pour une police

trop souvent pourrie

sans parler de la gendarmerie

qui associe l'étranger

à une menace de danger.

Prenant alors mon volant

il me vint en roulant

l'envie d'aller vérifier sur place comment les habitants

souvent musulmans

de ces quartiers délabrés

en qui la radio

qui n'en n'est pas à son premier ragot

ne voit souvent qu'une populace,

aussi inculte qu'illettrée,

réagissent à la mort d'un de leurs fils,

victime d'une certaine justice

impitoyable pour les petits délits,

aveugle quand il s'agit des nantis.

Me voici chaussée de Mons,

tout est calme, aucun coup de semonce,

pas même un procès verbal.

Je me demande si je n'ai pas été abusé

par une fausse publicité

Je vire à gauche,

quelle métamorphose

Brusquement une mer de flashs

jouant à cache-cache

me gomme la nuit

c'est la terreur qui luit

Une dizaine de camionnettes noires

avec leur gyrophares assommoirs

entourés d'une centaines de silhouettes

vêtues d'odieuses et sombres salopettes

mélange de verre et d'acier imbécile

et tout autour une multitude fragile :

jeunes garçons en train de gesticuler

jeunes femmes parfois voilées,

vieillards en djellaba,

foule blessée et solidaire

d'où jaillit le brouhabas d'un peuple en colère

pleurant un garçon lâchement abattu

au nom de je ne sais quel sous-entendu

aussi pitoyable que minable

et révolté par sa fin inacceptable.

Devant moi, presque joyeux

un gendarme et une gendarmette

au pied de leur camionnette

se congratulent l'air heureux

imperméables à cette souffrance

à ce flot de désespérance

qui les entoure à peine menaçante.

Leur spectacle me dégoûte

et c'est avec peine que je poursuis ma route

suivant deux autopompes

étranges mastodontes

progressant en doublet

qui tel un gigantesque ballet

repousse une foule

que je devine révoltée et mutine.

Tout le long des rues débarrassées des intrus

des habitants du quartiers

commentent d'un air attristé

a mort d'un des leurs

un ce ceux qu'on appelle parfois " beurs ".

Ils me content dans le menu détail

leur exaspération d'être traités comme bétail

humiliés avec application par le même agent

aussi obstiné que diligent

qui n'hésite pas à  leur réclamer

avec autorité

jusqu'à trois fois par jour

leur carte d'identité

ou leur permis de séjour,

trop heureux de les appréhender

si d'aventure exaspérés,

ils finissent par se révolter.

Près de ces simples gens

qui me parlent doucement

ou me regardent tristement,

je me sens tout en sécurité,

alors que tout à l'heure,

devant les képis

des forces d'un ordre

si souvent créateur de désordre

je me sentais en terrain ennemi.

Alors, brusquement je me rappelle

la manifestation des jeunes "rebelles"

en hommage aux victimes de la répression

et j'invite mes frères et soeurs immigrés

si souvent dénigrés

même s'ils partagent ma nationalité

à se joindre à notre marche

afin qu'elle devienne une commune démarche

du peuple tout entier

décidé à défier

ceux qui ne cessent de le berner

ou de l'humilier.

Mon message est bien reçu

et tout aussi vite diffus

grâce à ces jeunes qui discrètement le propagent

dans leur proche voisinage.

Plus tard que ce fut lassant de retrouver mon chemin

dans ce chaos inhumain

Heureusement de jeunes passants

m'aidèrent à éviter les nombreux barrages

qui bloquaient tout passage

vers le reste de la ville

restée apparemment docile

qu'il fallait à tout prix isoler

de tous ces "émeutiers"

"emprisonnés dans leur quartier.

Mais en retrouvant à la gare du Midi

le calme d'une ville presque endormie,

je m'en retournai le cœur affermi

décidé plus que jamais à lutter

désormais pour que soit aussi rendu justice

aux victimes des polices

et avec tous les laissés pour compte

rejetés par les autopompes

d'oeuvrer pour une autre société

dont sera bannie l'exploitation

grâce à la solidarité

qui naîtra de la Révolution.

 

 

 à Nadia

 

 

Ce poème ne fait que relater ma soirée du 28 février 1998 à Bruxelles.

 

 

 

Yvan Balchoy

MAWDA

MAWDA

Je vous conseille de lire l'article de  Michel Bouffioux à propos de la mise à mort de la petite Mawda

 

www.michelbouffioux.be/2018/12/mawda-la-contre-enquete.html
 

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