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Publié par YVAN BALCHOY

 

 

 

J'étais haut comme trois pommes

que tu étais déjà jeune homme,

la fierté de la famille,

celui qu'on jalousait parfois aussi.

Brillant étudiant,

tu planais à l'université,

comme plus tard dans le ciel

.On me parlait de toi

en mission aux USA

en visite d'étude au Congo,

en prospection au Soleil Levant.

A vrai dire tu étais devenu une sorte de mythe

que notre grand père utilisait sans vergogne

pour nous inciter à mieux étudier

en nous menaçant des pires échecs

si nous ne suivions pas tes traces

Le temps passa, et nos chemins ont bifurqué,

tout à l'opposé.

Etudiant à Lyon

habillé de bure brune

authentique va-nu pieds

je te savais quelque part

dans un centre de recherche nucléaire

dans le sud de la France

où se jouait, paraît-il l'avenir de l'humanité

.Physicien confirmé

tu y occupais une place de premier rang

.Un jour tu crus trouver le Bonheur

tu y fondas une famille

mais bien vite pour toi ce fut l'enfer.

Je me rappelleavec un pincement de cœur

 lors d'une visite chez toi

le regard méchant que te jetaient tes enfants

Surpris et indigné,

en colère,

je tentai bien de leur expliquer

combien ils devaient être fiers

d'avoir pour père un homme

qui fut si souvent le premier

parmi ses pairs.

Mais je me heurtai à un mur

 qui me laisse encore au cœur

un triste goût d'amertume.

Plus tard j'appris

que mon cousin préféré

foudroyé  à l'instigation des siens

avait bien de la peine à se remettre.

Je te revis à Bruxelles,

dans ces réunions de familles

souvent endeuillies,

quelquefois joyeuses

où je te retrouvais le teint malade

le coeur en berne.

Heureusement ton humour intact,

partagé entre le burlesque

 et le farfelu souvent impertinent

parfois un peu  persifleur

rappelait le grand Freddy d'hier

blessé certes mais combien vivant

pour celui qui prenait la peine

de gratter l'écorce

 sous laquelle il retrouvait l'homme plein d'esprit

qu'il n'avait jamais cessé d'être

.Puis un jour,

 je ne l'oublierai jamais,

tandis que j'attendais une amie

 porte de Namur

,tu me frappas doucement à l'épaule

.Physiquement tu n'avais guère change

.Pourtant ce Fred,

 je l'ai senti de suite,

était en un sens tout neuf.

Je lui montrai mes poèmes,

il me donna les siens,

 en me faisant voir avec fierté

le visage de cette toute jeune femme

dont je sentis de suite

qu'elle lui avait rendu la joie de vivre

 et la force de l'écrire

.Depuis lors, tu m'es devenu

bien plus proche qu'un cousin

bien davantage qu'un frère,

car tu le sais par triste expérience,

le sang n'est pas toujours notre meilleur allié.

Aujourd'hui nous n'avons guère de secrets

l'un pour l'autre

et tu m'apportes, ma foi,

bien davantage en ami qu'en étudiant modèle.

 

Récemment, brisé à mon tour

 par une méchanceté

d'autant plus dure à supporter

qu'elle me frappa soudain là

où je m'y attendais le moins

tu fus pour moi l'occasion

 d'une rencontreaussi soudaine

qu'impérieuse

qui bouleverse ma vie

 et me redonne un espoir

d'autant plus fort

 qu'il me vient du plus loin,

 joyeux et pétillant

comme le meilleur des vins.

Et je repense à ce que m'écrivit

autrefois Roger Garaudy

et que tu fis.

"Chacun de nous

peut à chaque instant

commencer un nouvel avenir"

Après toi

 et un peu grâce à toi

je crois à ce demain

si feminine

qui me tend la main

.à cette joie exigeante

et débordante,

notre plus belle chance !                                                                                       

  MERCI  FREDDY                                                                                                                                                                     

 

 

Yvan Balchoi : le vingt -six janvier1994

 

 

 

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