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Publié par YVAN BALCHOY

 

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L’Union européenne a publié une déclaration exhortant « toutes les parties au Soudan à faire preuve de la plus grande retenue, à prévenir de nouvelles violences et à garantir le respect des libertés fondamentales ». L’UE a soutenu la suspension du Soudan par l’Union africaine de sa qualité de membre de cette organisation. Mais il y a un autre aspect des relations de l’UE avec le Soudan : le soutien au régime par le Centre opérationnel régional à Khartoum (ROCK en anglais). Peut-être devrions-nous considérer la déclaration de l’UE du 8 juin (voir ci-dessous) comme une tentative d’éviter des critiques. Le bilan est clair. Le travail de l’UE avec le régime soudanais a renforcé sa capacité à résister au mouvement de protestation du peuple soudanais.

 

 

Comment les relations entre l’UE et le Soudan ont évolué

 

En novembre 2015, les dirigeants européens ont rencontré leurs homologues africains à La Valette, la capitale de Malte, pour essayer de parvenir à un plan pour empêcher les migrants africains d’atteindre les rivages européens. C’est ce qu’indiquait clairement le communiqué de presse de l’UE qui l’accompagnait. « Le nombre de migrants arrivant dans l’Union européenne est sans précédent, et ce flux accru va probablement se poursuivre. L’UE, avec ses États membres, prend un large éventail de mesures pour relever ces défis et instaurer une politique migratoire efficace, humanitaire et sûre. » Le sommet a abouti à l’élaboration d’un Plan d’action qui a guidé depuis lors les objectifs de l’UE en matière de migration et de mobilité. Certains de ses éléments étaient certainement bienvenus, dont la reconnaissance que les États africains portent le plus grand fardeau des réfugiés – dont seule une minorité fait effectivement le voyage jusqu’en Europe. Il y avait également la compréhension que les camps dans lesquels tant croupissent ont besoin d’être rénovés. Il faut améliorer la sécurité, fournir des possibilités de formation et de divertissement, afin que les jeunes gens ne soient pas simplement laissés à pourrir là. Il est même suggéré que certains – une infime minorité instruite – pourraient même pouvoir accéder par des voies légales à des destinations en Europe.

Le Plan d’action contenait également des éléments particulièrement préoccupants. Le paragraphe 4 détaillait comment les institutions européennes coopéreraient avec leurs partenaires africains pour combattre « l’émigration irrégulière, les passeurs et le trafic d’êtres humains ». L’Europe a promis de fournir des formations aux « autorités répressives et judiciaires » en matière de nouvelles méthodes d’enquête et de « contribuer à la mise en place d’unités de police spécialisées dans la lutte contre les trafiquants et les passeurs ».

La Plan d’action est mis en œuvre dans le cadre de l’Initiative UE–Corne de l’Afrique pour les migrations, connue comme le Processus de Khartoum, un nom qui fait référence à la capitale du Soudan (quelque chose qui ressemble à un coup de pub pour les autorités soudanaises). Le Processus a été lancé en novembre 2014 en tant que forum pour le dialogue et la coopération politique sur les migrations entre les États membres de l’UE et plusieurs pays de la Corne de l’Afrique et de l’Afrique de l’Est. C’est une initiative de la Direction pour les migrations et les affaires intérieures (DG HOME en anglais) de la Commission européenne et l’Italie, qui indique clairement comment elle a été mise sur pied pour répondre aux préoccupations européennes plutôt qu’aux réalités politiques africaines. Le financement est fourni en partie par le « Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière en Afrique » [sic ! Note de la traductrice]. Une plus petite réserve d’argent vise spécifiquement les passeurs et la traite et est connue sous le nom de projet de Meilleure gestion de la migration, dirigée par l’agence d’aide du gouvernement allemand, la Société allemande pour la collaboration internationale (GUZ en allemand). Les deux sont alimentés par des sommes d’argent substantielles. L’UE a fourni un peu moins de 215 millions d’euros au Soudan pour freiner la migration en avril 20107.

La suite de cet article sur le site "INVESTIG'ACTION" de Michel Collon

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