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Publié par YVAN BALCHOY

Le capital est par nature cannibale »

Mohsen Abdelmoumen : Dans votre livre très intéressant Epic Recession : Prelude to Global Depression, vous faites un constat judicieux et vous apportez des solutions. Pourquoi la crise est-elle inévitable ?

Dr. Jack Rasmus : Parce que les solutions appliquées à la dernière crise conduiront inévitablement à une crise plus généralisée, potentiellement plus profonde et plus grave la prochaine fois. Voici comment : l’excédent de liquidités injecté par les banques centrales pour stabiliser les marchés financiers après 2008-2009 a engendré encore plus de dette et d’investissements par emprunt. Cela a créé aujourd’hui des bulles d’actifs financiers dans les réserves mondiales, les obligations de pacotille, les prêts à effet de levier, les obligations notées triple BBB (de pacotille), des bulles dans les produits dérivés et autres marchés d’actifs, les biens immobiliers commerciaux, etc. Les niveaux d’endettement ont atteint un niveau tel que, une fois que les prix du marché des actifs commenceront à se stabiliser et à se contracter (certains d’entre eux se produisent maintenant), l’entretien de la dette excédentaire échouera. Ce dénouement entraînera une nouvelle contraction des prix des actifs, provoquera des défaillances et des faillites, ainsi qu’un krach du crédit. La contagion se propage ensuite à l’économie réelle. Les secteurs non financiers de l’économie commencent alors à se contracter à leur tour, à mesure que le crédit disponible disparaît. Les réductions de production, les réductions de coûts et les licenciements suivent. Les ménages déjà lourdement endettés (13,5 billions de dollars rien qu’aux États-Unis) ne remboursent pas leurs prêts. Les banques qui ont déjà des prêts non performants (plus de 10 billions de dollars à l’échelle mondiale, centrés sur l’Europe, le Japon et l’Inde) devront les annuler en masse. Les défaillances des entreprises et des ménages entraînent l’effondrement des prêts bancaires. La confiance des entreprises s’effondre, les investissements réels diminuent encore et les prix des actifs, des biens et des intrants se dégonflent, entraînant une nouvelle détérioration. En d’autres termes, l’excès de liquidité injecté dans l’économie mondiale par les banques centrales après 2008 (plus de 25 000 milliards de dollars) a temporairement stabilisé le système financier. Mais, ce faisant, il a généré davantage de crédits et de dettes encore moins chers, qui se sont traduits par des investissements très endettés en actifs financiers et en actifs réels. La solution, c’est-à-dire l’excès de liquidités et l’accroissement de l’endettement et de l’effet de levier, devient alors la base d’un renouvellement des bulles et d’une crise financière. L’endettement et l’effet de levier encore plus importants intensifient les effets de contagion, augmentent la portée et l’ampleur de la prochaine crise et accélèrent sa propagation sur les marchés et les économies. La solution à la dernière crise devient la cause fondamentale de la suivante. C’est pourquoi elle est inévitable. Encore une fois, observez les marchés financiers les plus fragiles associés aux obligations à haut rendement, aux emprunts à effet de levier, aux obligations de sociétés BBB, aux marchés boursiers, aux prêts déjà non performants en Europe et en Asie et aux obligations d’État des économies comme l’Argentine, la Turquie et d’autres. J’ajouterais dans les fonds négociés en bourse, une forme de dérivés, probablement aussi une fois que les marchés boursiers auront corrigé plus de 20% la prochaine fois. Un autre problème est que les banques centrales en Europe et au Japon ont déjà des taux d’intérêt négatifs. Une fois que la prochaine crise apparaîtra, ils seront limités quant à ce qu’ils peuvent faire. Ils vont probablement doubler le montant de l’assouplissement quantitatif, des prêts sans intérêt aux entreprises et à d’autres banques, et des mesures encore plus draconiennes comme les recapitalisations internes avec l’argent des déposants, obligeant ces derniers à convertir leurs liquidités en actions bancaires presque sans valeur.

Lire la suite de cet article sur le site du "GRAND SOIR".

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