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Publié par YVAN BALCHOY

Hier Ce philosophe "à la mode" a redit,sur France Culture, je crois, sa certitude que Jésus n'avait jamais existé, qu'il n'était qu'une sorte de synthèse des mythes orientaux anciens, sans aucune racine historique.

A vrai dire avant lui Bauer, Alfaric, Couchoud ... avaient soutenu la même thèse avec autant, je trouve d'aveuglement.

Bien entendu, la question de l'historicité du récit des Evangiles est une vraie question qui mérite d'être posée et elle se pose pour tout chercheur croyant ou incroyant.

Je ne critiquerai certes pas Michel Onfray pour son athéisme qui est une position philosophique estimable mais la faiblesse, parfois l’imbécilité de certains de ses arguments concernant la caractère imaginaire de la personne de l'Homme de Nazareth m'afflige, d'autant plus que pas mal de position de ce penseur m'intéressent.

Trouver anormal de ne pas trouver la tombe du Christ alors que tout le Christianisme repose sur la Résurrection est affligeant. Certes, il y a eu une tombe , qui selon les chrétiens, ne fut que provisoire du Crucifié mais il est évident que pour l'église primitive aucun endroit ne fit désigné comme la tombe où reposait le corps du Christ.

Même dans l'hypothèse de fondateurs inventant une nouvelle forme de foi, je ne pense pas qu'ils auraient eu la stupidité de sacraliser la tombe d'un homme censé être remonté corps et âme près de son Père.

Autre argument d'Onfray, l'absence dans les écrits du Nouveau Testament d'aucun détail physique sur la personnalité de l'homme Jésus.

Ayant reçu, en mon enfance, une solide formation gréco-romaine, je ne me rappelle aucunement d'une description anthropométrique d'un personne comme Socrate.

A vrai dire , Socrate comme Jésus n'a jamais écrit et nous ne connaissons aucun détail de leur visage. Est-ce une raison de nier leur existence historique. C'est faire preuve d'une méconnaissance des exigences de l’époque qui mettant en avant non l’image ou le portrait physique d'un penseur mais avant tout l'originalité de sa pensée et de ses actes.

Michel Onfray impute à la mère de Constantin une grande partie de l'historicité lié à la dogmatique chrétienne. Mais n'a-t- il pas lu l'écrivain juif Flavius Josèphe qui résume l'enseignement des évangiles, le grand Tacite, Pline le Jeune et plus tard Suétone.

Si on appliquait aux grands personnages de l'Antiquité le refus ou à tout le moins la méfiance d'un Onfray, il faudrait peut-être ramener au mythe l'enseignement de Socrate et beaucoup de sages antique.

Mais n'est-il pas évident que l'enseignement si gênant du Nazaréen pour ces grands penseurs rationalistes explique peut-être pourquoi certaines doctrines ne passent pas au crible du même scepticisme qui pousse certains de nos contemporains à rejeter le témoignage de grands historien,s antiques exclusivement quand ils parlent des origines du Christianisme.

Certes on a le droit de croire ou de ne pas croire et même de croire autrement.

Je voudrais rappeler ici le témoignage que m'a envoyé, il y a plus de cinquante ans, le grand  Garaudy, calomnié pour avoir non certes nié le génocide nazi mais contesté quelques chiffres établis en dogme historique plus par le tribunal allié de Nuremberg que par l'ensemble des historiens de métier. Je rappelle simplement le nombre horriblement élevé des hommes, des femmes et des enfants exterminés à  Auschwitz mais qui fut minorité officiellement plus tard, tandis que sans doute le nombre de juif assassiné par les nazis en URSS fut plus élevé qu'on ne le pensait ai départ.

Garaudy ne partageait certes pas la vision traditionnelle des églises chrétiennes concernant l'historicité de Jésus.

Dans son témoignage sur la personne de Jésus publié dans la "revue "Evangile aujourd'hui" il écrit tout à la fois ses doutes vis à vis de l'historicité détaillé des évangiles mais aussi sa certitude qu'au-delà de ces doutes, un fait, un homme a bouleversé l'échelle des valeurs sur laquelle reposait le monde antique :

"Environ, sous le règne de Tibère, nu ne sait exactement où ni quand, un personnage ddont on ignore le nom a ouvert une brèche à l'horizon des hommes. Ce n'était sans doute ni un philosophe tribun, mais il a du vivre de telle manière que toute vie signifiait: chacun de nous peut à chaque instant commencer un nouvel avenir...

Tel ou tel érudit peut contester chaque fait de cette existence, mais cela ne change rien à cette certitude qui change la vie. Un brasier a été allumé. Il prouve l'étincelle ou la flambée première qui lui a donné naissance.

Ce brasier, ce fut d'abord une levée de gueux, sans quoi de Néron à Dioclétien, "l'establishment" ne les aurait pas frappés si fort.

Chez cet homme, l'amour devait être militant, subversif, sans quoi, lui le premier n'aurait pas été crucifié."

La vision du Christianisme qu'exprime Roger Garaudy, n'est sans doute pas celle du Vatican, ni même la mienne mais elle n'est pas obnubilée par un refus ontologique préjugé comme chez Michel Onfray.

Elle laisse la port ouverte à une personne historique tout en reconnaissant que bien entendu nous en connaissons surtout le message  révolutionnaire et subversif même si les églises avec les temps ont malheureusement gommé beaucoup du révolutionnaire de l'Homme de Nazareth.

Jésus nous a parlé de la pluralité de la maison de son Père. Cette pluralité est, je crois, une grande richesse, dommage que Michel Onfray, aveuglé par ses a-priori idéologique, ne soit plus capables de retrouver au-delà des grandeurs et des petitesses des communautés qui se réclament du Christ, l'homme si exceptionnel qui a bouleversé notre humanité il y a deux mille ans.

 

Yvan Balchoy

N.B.

Vous pouvez lire à ce sujet Jésus et  "le Dictionnaire amoureux de Jésus"  de Jean-Christian Petitfils (Plon)

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