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Publié par YVAN BALCHOY

Dégâts Collatéraux - Les sanctions US visent la Russie, et frappent l’Europe

Diana JOHNSTONE

Savent-ils ce qu’ils font ? Lorsque les représentants au Congrès américain adoptent des sanctions qui visent surtout à affaiblir le Président Trump et à exclure tout effort d’améliorer les relations avec la Russie, savent-ils que ces mesures reviennent à une déclaration de guerre économique contre leur chers « amis » européens ?

Qu’ils le sachent ou non, ils s’en fichent. Les politiciens outre-Atlantique voient le reste du monde comme un grand arrière-pays, à exploiter, punir ou ignorer avec impunité.

La Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act (l’Acte de sanctions pour lutter contre les adversaires de l’Amérique) fut adoptée le 25 juillet par 419 députés de la Chambre contre trois. Une version précédente fut adoptée par tous les Sénateurs sauf deux. Le passage final est certain, dans des proportions telles qu’il puisse passer outre à un éventuel véto présidentiel.

Cette crise de colère du Congrès frappe dans tous les sens. Les victimes principales seront sans doute les chers alliés européens, en particulier l’Allemagne et la France – qui, soit dit en passant, peuvent parfois être des concurrents économiques des Etats-Unis. Mais de telles considérations ne frôlent pas l’esprit des nobles élus du peuple américain, tous dévoués à l’avancement de la moralité universelle.

La “puissance douce” américaine frappe dur

Sous le régime des sanctions U.S., chaque nation qui fait des affaires avec la Russie (ou avec les autres pays cités) peut se trouver dans le pétrin. En particulier, cette loi vise toute entreprise engagée dans la construction du gazoduc Nord Stream 2, destiné à provisionner l’Allemagne en gaz naturel de la Russie.

Petit détail : les sociétés américaines sont prêtes à donner un coup de main à leurs amis allemands en leur vendant leur propre gaz naturel, obtenu par fracturation, beaucoup plus cher.

Ce n’est qu’un des moyens par lesquels cette loi soumettrait les banques et sociétés européennes à des restrictions, poursuites judiciaires et amendes gigantesques.

Tout en prêchant la « libre compétition » au monde entier, les Etats-Unis prennent constamment des mesures pour l’entraver.

Depuis l’accord de juillet 2015 qui garantissait le non-développement d’armes nucléaires par l’Iran, les sanctions internationales contre ce pays furent levées, mais les Etats-Unis en a gardées d’autres, plus anciennes. Ainsi, toute entreprise européenne qui envisage de faire des investissements ou du commerce avec l’Iran a toutes les chances de recevoir une lettre d’une entité basé à New York, s’appelant United Against Nuclear Iran (Unis contre l’Iran nucléaire) qui prévient qu’il reste « de sérieux risques légaux, politiques, financiers et de ternir sa réputation, associés au commerce avec l’Iran, surtout dans les secteurs de l’économie iranienne tels que le pétrole et le gaz. » Parmi les risques cités on trouve des milliards de dollars d’amendes, la surveillance par un grand nombre d’organismes de régulation, des dangers personnels, la cyber-insécurité, la perte de bonnes affaires, une mauvaise réputation et un déclin de la valeur boursière.

Les Etats-Unis se comportent en gangster en toute impunité parce que pendant de longues années ils ont crée un vaste labyrinthe juridique, impénétrable et capable de s’imposer à la vie économique du « Monde Libre » grâce à l’omniprésence du dollar, des capacités de renseignement sans pareil et l’intimidation pure et simple.

Les dirigeants européens ont réagi avec indignation à cette dernière rafale de sanctions. Le ministère des affaires étrangères allemand jugeait « inacceptable d’utiliser les sanctions comme un instrument pour servir les intérêts de l’industrie des Etats-Unis ».

Le Quai d’Orsay a dénoncé comme illégale « l’extraterritorialité » de la législation américaine, annonçant que « pour nous protéger des effets extraterritoriaux de cette législation, il faut adapter nos lois françaises et européennes ».

En effet, l’imposition arrogante des Etats-Unis de leurs propres lois aux autres pays inspire une croissante amertume en France. Déjà le 5 octobre dernier, un rapport sérieux sur « l’extraterritorialité de la législation américaine » fut présenté aux commissions des affaires étrangères et de la finance de l’Assemblée nationale....

 

Diana JOHNSTONE

 

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