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« Si je suis élu, je vivrai avec un salaire de travailleur. » Vraiment ? Oui, vraiment !

Depuis toujours, les élus et cadres du PTB, tout comme les médecins de Médecine pour le Peuple, vivent avec un salaire moyen d’ouvrier. En 2013, les élus PTB ont d’ailleurs reversé au parti l’intégralité de leurs jetons de présence – Raoul Hedebouw : 5 413,59 euros ; Sofie Merckx : 1 569 euros.

Sur un dépliant électoral, Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB-go! et tête de liste à la Chambre à Liège, annonce : « Si je suis élu, je vivrai avec un salaire de travailleur. » Une énième belle promesse électorale ? Pas du tout. Au PTB, c’est un engagement, mis en pratique de longue date, tant par Raoul Hedebouw que par les cadres et les élus communaux et provinciaux du parti. C’est aussi le cas des médecins des 11 maisons médicales de Médecine pour le Peuple (MPLP, une initiative du PTB), qui soignent plus de 25.000 patients gratuitement, dans toute la Belgique.

Au PTB, ce principe – vivre avec un salaire moyen de travailleur (entre 1 500 et 2 000 euros nets selon les situations familiales) – est pratiqué depuis toujours (depuis quarante ans pour MPLP) et il n’a pas bougé d’un iota. Par exemple, le Dr Sofie Merckx, généraliste à la maison médicale de MPLP à Marcinelle et élue en 2012 conseillère communale à Charleroi, vit avec un salaire ouvrier depuis qu’elle a commencé à exercer sa profession, en 1999. En 2013, Sofie Merckx a reversé l’intégralité de ses jetons de présence – 1 569,00 euros – au parti. Ce que font absolument tous les élus du PTB. Quelques exemples : Sophie Lecron (Liège) : 4 955,46 euros ; Nadia Moscufo (Herstal) : 1 753,78 euros ; Antoine
Hermant (La Louvière) : 1 445,64 ; Rafik
Rassaa (Liège) : 3 799,40
euros : John Beugnies (Mons) : 2 867,26 euros ; Damien
Robert (Seraing) : 2 692,00
euros… Le plus grand montant de jetons de présence reversés est celui de Raoul Hedebouw : 5 413,59
euros. Pour les élus du PTB, c’est logique: pourquoi un mandataire devrait-il recevoir un dédommagement alors que le militant non élu qui travaille autant que lui, lui, ne perçoit rien ?

Un choix de vie fondamental quand on défend les travailleurs

Par ailleurs, financièrement, le PTB, qui ne reçoit pas de dotation fédérale, ne peut compter que sur lui-même, principalement les cotisations de ses membres, alors que les partis traditionnels tirent 80 % de leurs rentrées financières de subsides publics (les cotisations des membres ne constituant que 3 %), encaissant chacun entre 5 et 8 millions.

Certes, c’est important pour le financement du parti, mais ce l’est encore beaucoup plus pour l’engagement personnel. En effet, comme le dit souvent Raoul Hedebouw, « celui qui ne vit pas comme il pense, finit rapidement par penser comme il vit ».

Dans son programme, le PTB-go! prône la réduction des salaires des élus et ministres. « Quand un ministre gagne 11 000 euros par mois, cela signifie alors penser à 11 000 euros par mois, commente Peter Mertens (qui gagne 1 600 euros nets) ; pour les parlementaires, à 6 000 euros par mois, avec encore un jeton de présence par-ci, un conseil d’administration par-là, et une belle prime de départ par-dessus le marché. Dans notre programme, nous estimons que les ministres peuvent gagner au maximum trois fois le salaire ouvrier moyen. C’en sera alors terminé de cette culture des 11 000 euros mensuels et d’un vie totalement déconnectée de la réalité des gens, comme c’est la caractéristique de certains cercles. »

 

 

« Celui qui ne vit pas comme il pense, finit par penser comme il vit »
Le porte-parole du PTB-go ! a expliqué ce principe de vivre avec un salaire moyen ouvrier dans son ouvrage Première à gauche (éd. Aden) : « Ce n’est pas la façon de penser qui détermine la manière de vivre des hommes. Au contraire, c’est la manière de vivre qui explique leur façon de penser. On le voit évidemment chez les libéraux. Au PS, le phénomène est moins visible, mais on n’y est pas complètement insensible à ce phénomène du socialisme bling-bling, particulièrement chez certains administrateurs d’intercommunales. Comme par exemple Stéphane Moreau, le bourgmestre PS d’Ans et patron de Tecteo dont on évoque un salaire annuel de 500 000 euros. Si les responsables politiques ont un mode de vie semblable aux grands patrons, des intérêts convergents s’établissent immanquablement. Par ailleurs, il est difficile de comprendre les difficultés qu’ont les gens à payer leurs factures d’énergie quand on est ainsi déconnecté de la vie réelle. Pourquoi un responsable politique devrait-il gagner 7 ou 8 000 euros par mois ? Avec cette évolution de la social-démocratie, un système de castes est en train de s’installer, et on constate un véritable cloisonnement entre le mode de vie des politiciens et le mode de vie du commun des mortels. Pourtant, il y a moyen de vivre avec 1 500 euros net par mois, je vous assure, c’est mon cas (rire). »
En outre, précise Raoul Hedebouw, « c’est le meilleur moyen d’éviter les dérives. Personne dans le pays n’est obligé d’être député. Être un député au service des travailleurs, ce n’est pas un métier comme un autre ; et, donc, limiter les salaires permet justement d’opérer le tri entre ceux qui cherchent à se faire de l’argent et à construire leur carrière et ceux qui le font vraiment pour servir les travailleurs ».