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Publié par YVAN BALCHOY

Visiblement, pour Didier Reynders, il y a des questions que les parlementaires ne peuvent pas poser. Aujourd'hui en plénière de la Chambre, il m'a reproché d'avoir lancé des attaques ad hominem qui donnerait « une très bonne idée de la façon dont se comporte [ma] formation politique » ? Qu'ai-je fait de si terrible ? J'ai interrogé le ministre sur les récents articles du Vif qui pointent plusieurs possibles conflits d'intérêts de sa cheffe de cabinet Alexia Bertrand, membre d'une des plus riches familles de Belgique (1,6 milliard d'euros) et membre du conseil d'administration d'un des principaux holdings cotés du pays, Ackermans et van Haaren (AvH). Le Vif pointe des possibles conflits d'intérêts dans l'éolien offshore et l'Arabie Saoudite. Avec entre autres cette question : pourquoi dans le dossier de l'Arabie Saoudite, Reynders a-il orienté tout le débat sur l'industrie d'armement et non sur les autres industries (AvH a déjà des intérêts dans ce pays et lorgne sur l'immense chantier de rénovation des installations portuaires). J'ai aussi cité un article de La Libre de 2015, qui pointait déjà les risques de conflits d'intérêts quand Alexia Bertrand est devenue cheffe de cabinet de Reynders. Cet article rappelait qu'en 2013 déjà, elle était négociatrice pour Reynders dans la réforme des banques, secteur dans lequel AvH a des intérêts.

Que m'a répondu Reynders, à part ses cris de vierge effarouchée ? Il affirme que tout est transparent et que les infos de la presse ne font que reprendre que ce qui a été déclaré à la Cour des comptes. En réalité, la seule chose déclarée à la Cour des comptes, ce sont les mandats d'Alexia Bertrand. Encore heureux, c'est une obligation légale. Mais il a fallu les médias pour pointer les possibles conflits d'intérêts bien concrets. Et à propos de transparence, Reynders s'est abstenu de donner la moindre réponse sur les questions concrètes que j'ai posées. Il déclare simplement : mes collaborateurs font connaître les conflits d'intérêts et ne sont pas en charge de ces dossiers. Il faut le croire sur parole, ce qui est d'autant plus difficile qu'AvH est actif dans presque tous les secteurs : banque, dragage, énergie, transport, immobilier… Et puis, ai-je rappelé à Reynders, comment compter sur lui pour empêcher tout conflit d'intérêt alors que lui-même, en 2001, alors ministre des Finances, il négociait avec la Commission européenne pour qu'elle ne condamne pas le régime fiscal des centres de coordination alors qu'au même moment, il siégeait lui-même au conseil d'administration du centre de coordination de Carmeuse, multinationale d'une autre grande fortune belge.

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