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Publié par YVAN BALCHOY

LA MER (NEREE BEAUCHEMIN)

La mer

 

Loin des grands rochers noirs que baise la marée,

La mer calme, la mer au murmure endormeur,

Au large, tout là-bas, lente s’est retirée,

Et son sanglot d’amour dans l’air du soir se meurt.

La mer fauve, la mer vierge, la mer sauvage,

Au profond de son lit de nacre inviolé

Redescend, pour dormir, loin, bien loin du rivage,

Sous le seul regard pur du doux ciel étoilé.

La mer aime le ciel : c’est pour mieux lui redire,

À l’écart, en secret, son immense tourment,

Que la fauve amoureuse, au large se retire,

Dans son lit de corail, d’ambre et de diamant.

Et la brise n’apporte à la terre jalouse,

Qu’un souffle chuchoteur, vague, délicieux :

L’âme des océans frémit comme une épouse

Sous le chaste baiser des impassibles cieux.

Beauchemin, Nérée, « La mer », Les floraisons matutinales, Trois-Rivières, Victor Ayotte, 1897.

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