Catégories

Publié par YVAN BALCHOY

CETTE SI TRAGIQUE IMPATIENCE (PAUL ARRIGHI)

Cette si tragique impatience

 

Cher ami Poete et camarade ,

 

 

1  - Je n'ai dans l'état actuel de la situation choisi aucun et aucune candidat(d) préfère(e)s pour les Primaires car  je reste  fidèle a ce couplet de l'internationale écrite par le communard, Eugène Pottier :

 

" Il n'est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni Tribun,

Producteurs sauvons nous nous mêmes, décrétons le salut commun"

 

Pour moi la politique est affaire de discernement et d'analyse fine des périodes et des situations ou l'on se trouve et non de faire prendre des risques mal contrôles a celles et ceux qui font confiance non en nos leaders mais en nos valeurs et de risquer d'entraîner les pauvres et les humbles dans des revers graves qui furent déjà au cours de l'histoire bien trop sanglants surtout en Amérique Latine dans les années 70.

Je me souviens d'une biographie passionnante portant sur Salvador Allende. Il y est raconte que le jour même du coup d'Etat de Pinochet, ce maudit 13 septembre il fut appelé au téléphone avant que celui ci ne soit coupe par le leader du PS Chilien qui avait joué au "gauchiste" sans avoir le vrai courage du dirigeant du MIR, Miguel Henriquez dont Carmen Castillo devint veuve mais arriva a garder son enfant.

Ce leader du PS Chilien désemparé et n'ayant rien prépare de sérieux demande a SA : " Qu'est-ce que je dois faire ?

Furieux de tant d'amateurisme et d'inconscience  et de tant de verbalisme révolutionnaire dépense en pure perte, le Président dont le palais de la Moneda était assiégé lui répondit :

 

" Tu as bien su ce qu'il fallait faire jusqu'ici alors maintenant débrouille toi !"

 

2 - Je ne voudrais pas avec JLM avoir la peine de revivre une situation non identique bien sur mais qui présenterait des analogies a cause d'un verbalisme révolutionnaire et du refus de traiter de manière sérieuse la question essentielle des alliances.

Un témoignage Français très intéressant sur les ravages des lignes "guevaristes" alors même que le Che n'était plus la et que l'on interprétait bien mal son message en Argentine même et dans le cône Sud dans les années 70 a été apporté par le dirigeant de la LCR, le Toulousain, Daniel Bensaid. dans son livre témoignage : "Une lente impatience" ou il confirme l'aventurisme désastreux des organisations dites révolutionnaires qu'il constata sur place en sa qualité de représentant de la LCR dans la IV me "internationale" et notamment le PRT qui je crois en était membre.

 

Les courageuses et courageux militants et dirigeants aussi  de ces pays en payèrent le prix d'horribles souffrances et de leurs jeunes vies sacrifies; la plupart d'entre eux furent entièrement massacrées.

J'ai lu dernièrement le récent livre de témoignage du frère cadet de Che Guevara, membre du PRT qui laissa sa santé et faillit perdre sa vie dans les bagnes du Sud de l'Argentine.

 

3 - C'est encore en pleine guerre froide au lendemain du septembre chilien en 1973 qu'Enrico Berlinguer, ne comme Antonio Gramsci, en Sardaigne et responsable au vrai sens de ce terme du plus grand parti communiste de l'Europe de l'ouest décida de sa stratégie fondamentalement juste dite du "compromis historique".

 

Celle-ci fut combattue par les voies du meurtre et des "jambisations" par les brigades rouges. Elle tirait pourtant la conséquence exacte et réaliste de l'impossibilité d'amorcer un processus de "transition au socialisme" avec fut-ce  51 p 100 des voix dans une situation de conflictualite maximale. Berlinguer avait une parfaite conscience des risques de "back lash" et de l'opposition forcenée, sournoise et violente que ne manquerait pas de mener  les forces réactionnaires et une partie des services secrets infiltrés par l'extrême droite dont le " Gladio".

 

Je note qu'aujourd'hui si la guerre froide est terminée mais que les risques de guerre n'en sont peut-être que plus grands et s'intensifient un peu comme avant 1914, que la situation culturelle, sociale et économique s'est terriblement dégradée et que nous ne pouvons pas prendre le risque de se la jouer : "classe contre classe "  et de nous livrer a l'inconséquence sectaire de "plumer la volaille" des sociaux traitres", politique criminelle qui n'a jamais marchée. Il y a souvent plus d'imbécilite et de mauvaise connaissances que de trahisons.  Les esprits noirs existent mais ne s'agglutinent pas tous au sein du PS et de ses élus ni d'ailleurs chez Mélenchon !

 

4 - Une lutte de vitesse pour la conquête et même la reconquête de l'hégémonie est a mener d'urgence.

Nous n'avons pas dans la situation présente d'alternative autre que la recomposition fut-ce aux forceps de l'unité populaire élargie aux républicains et humanistes attaches aux valeurs des lumières.

 

Cela n'est que ma simple analyse et opinion mais je m'en serais voulu de ne pas te la faire connaître avec la cohérence des écrits  et de l'action  qu'elle  sous-tends et implique de moi.

 

Chers ami(e)s la vraie action transformatrice n'est pas vraiment  un gala ni une fête, c'est le devoir de penser avec lucidité et anticipation et de parer aux coups de l'adversaire.

 

Mon amitie, salut et  fraternité.

 

Pauĺ A

 

 

                  

 

 

Paul Arrighi

Commenter cet article