Catégories

Publié par YVAN BALCHOY

UN FILM SENSIBLE ET SENSUEL : LE GENOU DE CLAIRE D'ERIC ROHMER

Merci aux médiathèques publiques, celle de Roubaix ici en particulier grâce auxquelles j'ai pu revoir ce film excellent qui a reçu le prix Louis Delluc en 1971 et le premier cri de la critique américaine en 1971.

Pour résumer en très bref l'histoire très simple de cette œuvre, il s'agit de la rencontre entre Jérôme, très bien interprété par J.C. Brialy et deux  soeurs adolescentes dont la plus jeune tombe rapidement amoureux de lui tandis que lui-même se sent ensuite attiré par Claire. Cet amour entre un jeune homme à la veille de se marier en Suède et qui persiste dans son choix et la toute jeune Aurora qui se découvreuse amoureuse d'un "vieux" tandis que sa sœur, fiancée  avec conviction un garçon un peu vide est mise à l'épreuve de la solidité de cette affection par Jérôme très critique vis à vis d'un garçon qu'il juge indigne de son amie en même temps que lui-même, malgré son attachement à sa fiancée lointaine, ressent un certain désir pour Claire.

Parlant de cette attirance avec une adulte, Bradly certainement séduit par la fraicheur et la beauté des deux adolescentes finit par choisir Claire avec un peu de désinvolture qui ne l'éloigne nullement de sa promise en Suède mais lui donne comme but ultime de séduction non de conquérir Claire mais seulement de mettre la main sur son genou qui lui semble représenter la quintessence de la féminité  de la jeune fille.

Voici un avis critique avec lequel je ne me sens que partiellement en accord : qu’on y trouve est un hommage à la conversation à la française, celle des salons mondains.

"Le bavardage qu’on y trouve est un hommage à la conversation à la française, celle des salons mondains.

Il faut insister sur le fait qu’il s’agit d’un conte moral avec pari à la clef pour Brialy : celui de toucher le genou de Claire. On n’est pas loin du fétichisme mais tout cela reste quand même très innocent et plein de fraicheur.

http://films.blog.lemonde.fr/2007/05/28/genou-claire"

 

Pour ma part, conscient de la minceur de l'intrigue, je la trouve au contraire au service de l'essentiel voulu par le réalisateur du film. Décrire une rencontre charment dans en environnement enchanteur, présenté à travers des scénettes quotidiennes ou ce "bavardage léger à la française si bien maitrisé en particulier par Jean Claude Brialy est enrichi de le splendeur du décor et de la fraicheur suave des jeunes filles qui l'émeuvent plutôt que le séduisent.

Chacune de ces scènes est comme un nouveau coup de pinceau d'un tableau constitué de couleurs et de paroles qui, pour ma part, au-delà de certaine longueurs m'a plu et me rappelant certains ravissements passés qui furent un peu comme le sel de la vie au temps de ma jeunesse.

Voilà pourquoi ce film, aujourd'hui comme hier, malgré les critiques nombreuses, me semble une sorte de chef d'oeuvre basée sur la séduction et le désir qui sont et restent le privilège de la jeunesse, ancrage de toute vie humaine.

 

Yvan Balchoy

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article