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Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (404)

En visant la liberté dans la liberté, la Vérité libre que Dostoïevski identifie à la Personne de l’Idéal-Christ, l’homme se réalise et accède à la vraie liberté.

Celle-ci est inséparable de la voie royale du « don » qui exprime en sa pureté totale la vie divine.

Dans un cosmos apparemment soumis à la gravitation universelle, l’homme est une exception miraculeuse : il échappe partiellement au déterminisme par son irrationalité et au « tout » par sa capacité de se donner gratuitement dans l’amour qui lui donne un pouvoir de créativité, relatif sans doute mais réel tout de même.

Plus nous vivons dans et de ce don gratuit, plus nous nous rapprochons de ce Dieu vie et, en revanche, plus nous nous approchons de Dieu plus nous devenons capables d’actions gratuites, qui, en développant notre créativité personnelle, nous donnant de vivre plus intensément et plus librement notre condition humaine.

Dans tant de gratuité, en effet, notre liberté se projette vers une autre liberté qu’elle veut susciter et accroître sans aucunement l’aliéner.

Dostoïevski y voit l’essence même de l’acte créateur de Dieu le Père, qu’on peut retrouver en toute paternité véritable.

Seul l’amour divin peut donner sans assujettir.

Lorsque dans un « élan direct » le fidèle atteint effectivement le Christ, Verbe Incarné,  il y a comme une transmutation de sa raison qui devient « OI » et de sa liberté qui devient « Amour actif », (synonyme de charité)

Foi et Amour actif s’appuient mutuellement et sont tous deux nécessaires.

En persistant dans la voie de la révolte contre Dieu, la vie ou le réel, peu importe après tout, l’homme perd contact avec tout ce qui lui assure cohésion face aux forces aveugles di Déterminisme ;l’univers n’est plus qu’un agglomérat soumis aux lois impassibles de la nature et de la vie humaine, un produit du hasard sans finalité ni signification dont l’apparente liberté est une illusion qui masque la complexité des mécanismes déterministes auxquels lui-même s’est livré.

La perte de la Foi entraîne infailliblement, selon notre auteur, la perte du goût de la vie.

Ainsi, comme l’a écrit, René Füllop-Miller, en se révoltant contre Dieu,  au nom de la liberté humaine, et en cherchant à substituer à l’idée divine un projet humain, la société dénature le véritable destin de l’homme.(1)

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  1. Réné Füllop-Miller, ouvrage cité, page 80

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