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Publié par YVAN BALCHOY

QUAND CARINE RUSSO RAPPELLE CES QUATORZE MOIS QUI ONT CASSE SA VIE

http://www.lesoir.be/1293020/article/actualite/belgique/2016-08-16/carine-russo-20-ans-apres-mort-melissa-avec-ce-livre-je-me-sens-plus-legere

Dans son livre « Quatorze mois », qui parait ce mercredi, Carine Russo s’adresse à sa fille Mélissa, de décembre 1995 au 17 août 1996. Extraits. 

Une chose est sûre : demain, il est hors de question de retourner au travail. Je n’en veux plus, n’en peux plus. J’ai trop besoin de toi. Ici, rien ne peut détourner mon attention. Ici, à la maison, il reste des traces de toi partout, photos, vêtements, jouets, cahiers, qui me permettent de te sentir plus proche. Tant pis pour le travail, tant pis pour le salaire, tant pis pour l’argent, tant pis pour les droits associés au travail. Travailler, oui. Mais pas à n’importe quel prix, pas dans n’importe quelles conditions. Travailler dans un tel contexte d’attente et d’angoisse est insupportable. Je ne suis pas un animal ni une machine. J’ai un cœur, une tête. Et si mon cœur et ma tête sont en train de voler en éclats parce qu’on m’a volé mon enfant, je ne peux pas travailler. Je ne suis pas un animal. Je ne suis pas une machine. Je veux que l’on me rende ma fille d’abord.

Après, je ferai tout ce que l’on voudra, tout ce qui s’imposera, tout ce qu’on m’imposera, je marcherai dans les rangs. Promis, juré. Mais d’abord, ma fille. Je veux ma fille avant tout . 

Une certaine image, une représentation de vous est en train de prendre forme. Vous n’êtes plus perçues comme des petites filles en chair et en os à rechercher. Vous commencez à être perçues comme des symboles, des icônes. Symboles de l’enfance méprisée, symboles de l’injustice faite aux plus fragiles. Et nous, vos parents, sommes en passe de devenir les symboles de cette lutte contre l’injustice. Que tout cela est effrayant ! Je ne suis pas ce que l’on voit, ce que l’on croit, ce que l’on donne à penser de nous ; je ne suis pas forte, ni courageuse, ni guerrière. Non, je suis tout le contraire : fragile, perdue, triste, fatiguée, impuissante.

Il semble que, dans mon pays, on préfère ne pas savoir qu’il y a des gens qui souffrent, encore moins quand il s’agit d’enfants. « Le Roi, la Loi, la Liberté », dit l’hymne national. Mais quelle Loi ? Quelle Liberté ? Il me semble, moi, que la première loi des Belges, c’est la loi du silence. Et nous l’aurons appris durement, à nos dépens. »

Des milliers de familles manifestaient leur pleine indignation, leur sentiment d’injustice et leur compassion. Le message silencieux, déterminé, solidaire était : « Les enfants d’abord ! » Et c’était en cela que cette foule s’adressait à l’État en marchant ce dimanche-là. Rien, à leurs yeux comme aux nôtres, ne pouvait justifier que nos institutions publiques laissent mourir des enfants sans faire le nécessaire, sous quelque prétexte que ce soit : dysfonctionnements, guerre des polices, délitement de l’appareil judiciaire ou manque de moyens.

Aussi, malgré la longue entreprise de destruction mémorielle des pouvoirs, soucieux de restaurer au plus vite l’ordre en place, je n’ai jamais douté que le déferlement de la Marche blanche d’octobre 1996 reste à jamais dans l’inconscient collectif.  »

Ces derniers jours Raoul Hedebouw, député PTB a tenu des propos qui ont fait hurler. Mais avait-il tort ?

Le 7 août dernier, dans les pages du journal Le Monde, Raoul Hedebouw, député fédéral et porte-parole du PTB avait tenu des propos tranchés concernant l'affaire Dutroux. Pour l'élu, cité par la journaliste Florence Aubenas, "l'affaire Dutroux est avant tout une affaire de classe: si c’étaient des enfants de richards, on les aurait cherchés". Autrement dit, si les petites victimes du prédateur pédophile avaient été riches, on aurait mis plus de zèle pour les retrouver.

Ce jeudi matin, c'est dans les colonnes de SudPresse qu'il précise que "le monde judiciaire n'est toujours pas accessible à la population. Quelques années avant l'affaire Dutroux, il y avait eu l'enlèvement d'Anthony De Clerck (le fils du géant du textile Jan De Clerck, enlevé en 1992). Là , on avait mis les moyens".

Que la justice ne soit pas identique quand il s’agit des puissants ou des faibles, la sagesse populaire nous le rappelle depuis le Moyen âge.

Quand Anthony, le fils de Roger De Clerck, industriel sulfureux attaché à la firme Baulieu a été victime d’un odieux rapt d’enfant, la police et la gendarmerie ont mis le paquet et l’enfant fut très vite retrouve.

=Un texte retrouvé sur internet semble affirmer la fin des kidnappings d’enfants riches, trop risqués.

Malheureusement tel n Ȏtait pas le cas des parents de Julie et Melissa.

BRUXELLES Le kidnapping d'Anthony De Clerck, en 1992, a été le dernier d'une série d'enlèvements

de personnalités au compte en banque bien rempli en Belgique

dans les années 70 et 80 mais aujourd'hui le risque d'être pris est trop grand, estime le professeur De Ruyver.

http://www.dhnet.be/archive/trop-de-risques-d-etre-pris-51b85df6e4b0de6db9a3fdef

Ce qui est curieux c’est que le nom de Dutroux avait été associé dubitativement quelques jours seulement après l’enlèvement de Julie et Melissa.

Qui a oublié les querelles stériles et en ces cas meurtrières entre divers corps de polices et les conséquences dramatiques qui en ont résulté bien plus tard.

Oui, Raoul Hedebouw a, j’en suis persuadé raison et tous ceux qui voudraient le « flinguer » politiquement aujourd’hui ont la mémoire très courte…..

Y.B.

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