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Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (396)

A la fin de sa vie il adhère au Fils de Dieu que lui révèle l’Eglise orthodoxe.

Il n’a pas voulu en effet inventer, comme Léon Tolstoï une religion nouvelle. Il est resté fidèle à la foi traditionnelle de son peuple y voyant la Vérité éternelle du Christianisme. (1)

  1. Cf. Nicolas Berdiaëv, « L’esprit de Dostoïevski », page 249

Il était prêt à reconnaitre toutes les anciennes formules en y intégrant un esprit nouveau. Ce faisant ; il a suscité à l’intérieur de la Tradition chrétienne un élan créateur, dont nous ne pouvons pas encore mesurer exactement la portée.

L’intuition dont il est parti est riche de promesses de renouveau>.

Sa réflexion sur la quintessence du Christianisme dépasse en effet le conflit souvent latent entre théologie « théocentrique » et « anthropocentriste », horizontale ou verticale.

Le premier risque à la limite de réduire la religion à un ensemble de devoirs absolus sans véritable lien avec la personne humaine, elle exige de l’individu un effacement total, un écrasement devant une divinité-despote.

Sous sa forme extrême elle est, par réaction, génératrice d’athéisme pour les hommes conscients et fiers de leur dignité propre.

La seconde souligne mieux le rôle épanouissant de la Foi, parfois au détriment de la primauté absolue de Dieu.

Fédor Mikhaïlovitch transcende cette problématique en affirmant le lien étroit qui unit la grandeur de Dieu et le bonheur de l’homme.

« Autour de l’homme, le Mystère de Dieu, le grand mystère de l’ordre et de l’harmonie. » (2)

  1. « Carnets des Frères Karamazov », page 279

Il n’est pas arrivé en un jour à cette réconciliation entre la transcendance et l’immanence.

Avant le bagne, ses convictions religieuses sont vagues et lacunaires ; revécu de Sibérie, contrairement à sa « légende » il lui faudra plusieurs années de recherche tourmentée pour rejoindre effectivement le Christianisme orthodoxe.

Considéré à partir de la synthèse terminale des « Frères Karamazov, le "Carnet de Macha » laisse déjà apparaître la trame des convictions plus tardives. (3)

  1. On comprend l’enthousiasme de sa découverte des idées de Fédorov qui rejoignent ses conceptions les plus chères.

En revanche, considérés isolément du reste de l’œuvre, ce carnet reste singulièrement obscur. On pourrait lui donner une interprétation plus ou moins panthéiste ou humaniste à la façon de Tolstoï.

C’est à partir de l’époque de « l’Idiot » et surtout des « Démons » que semble dater ici aussi le virage définitif.

Tous ses propos concernant Dieu, le Christ et l’homme , qui, jusque-là- subsistaient les uns à côté des autres, un peu épars et perdus dans le meilleur et dans le pire, s’unifient, cimentés par la Foi orthodoxe.

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