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Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (395)

Ce refus du désespoir n’a encore aucun contenu positif ; c’est, pourrait-on dire, l’envers de l’espérance, un sentiment instinctif, une confiance spontanée aux aspirations inhérentes au cœur humain, une grande disponibilité à l’inconnu ; qui portent déjà en germe tout le développement ultérieur de sa pensée.

Après le stade socialiste et le bagne sibérien, cette force négative va, peu à peu, se transformer, au fur et à mesure que Fédor Mikhaïlovitch se persuade de la bonté ontologique primordiale d’un univers dont il connaît pourtant toutes les imperfections.

Sa confiance dans la vie grandit en même temps que ses œuvres s’ouvrent à un optimisme prudent.

Certes, c’est à la vie que s’adresse son « OUI », mais implicitement il remonte déjà jusqu’à l’auteur de cette vie, Vie lui-même en plénitude, Dieu.

A partir de la rédaction des « DEMONS », son espérance ne se contente plus de refuser les « artifices démoniaques », elle devient confiance au Salut inauguré par le Christ.

Au fur et à mesure que le « HOSANNA » de sa foi triomphe en sa vie des tourments du doute, l’espérance de l’écrivain se rapproche toujours de cette forme de confiance totale en Dieu qu’est le seconde vertu théologale.

La joie qui rayonne de l’univers, si sombre pourtant des « Karamazov » marque le sommet de cette évolution qui du refus spontané du désespoir mène à l’adhésion enthousiaste de l’espérance chrétienne.

Toute sa vie, Dostoïevski a résisté à la tentation de croire à l’absurdité du monde, il a lutté pour ne pas y croire, toujours il a adhéré passionnément, plus passionnément que raisonnablement peut-être à cette conviction que la vie a une direction, un sens d’où elle vient et où elle retourne qui est l’éternel Amour.

Cette espérance, née de la Foi et toute ouverte sur l’Amour se résume intégralement en Celui dont elle porte le nom, le Christ auquel l’écrivain est resté cramponné à travers vents et marées tout au long de son existence ; saisissant intuitivement d’abord, d’une façon plus réfléchir ensuite qu’il représentait tout à la fois la Vérité de Dieu et celle de l’Homme.

Lors de l’analyse approfondie de la Christologie de notre écrivain, une des plus passionnées qui soit ; il a &t& constaté qu’elle est si intimement unie à son espérance qu’elle en revêt l’évaluation et les limites.

Longtemps, en effet, la Christ dostoïevskien apparaît un peu trop comme quelqu’un qu’on met à la place de ce qu’on vient de confondre. Ain si quand il interpelle «B iélinsky » : « En insultant le Christ, jamais il ne s’est demandé : « Qui mettrons-nous à sa place ? » » (1)

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(1) Cf. cette étude, page

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Au bout de sa route humaine, sa Foi rejoint positivement le Fils de Dieu que lui révèle l’Eglise orthodoxe.

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