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Publié par YVAN BALCHOY

Derrière son  faux air de gentillesse Peeters par ses actes se révèle un ennemi des travailleurs

Derrière son faux air de gentillesse Peeters par ses actes se révèle un ennemi des travailleurs

Deuxième coup en douce de Peeters : il veut bétonner le blocage de nos salaires

19 Juillet 2016

auteur:

Koen Dereymaeker

auteur:

Benjamin Pestieau

Le ministre de l’Emploi Peeters aime apparemment profiter de l’été pour lancer des réformes. Après celle de la semaine de travail de 38 heures dévoilée il y a quelques jours, Kris Peeters veut maintenant chipoter dans la loi qui régit nos salaires : ils resteront bloqués les prochaines années.

Le ministre de l’Emploi Kris Peeters vient de sortir un avant-projet de loi pour modifier la « loi salariale ». Cette modification a pour but de grossir artificiellement ce qu’on appelle « l’écart salarial » avec les pays voisins (ou handicap salarial, selon le langage patronal) afin de continuer à bloquer les salaires dans les prochaines années. Explications.

La loi salariale, c’est quoi ?

La loi salariale – parfois appelée loi de 1996 – a pour but que les salaires belges n’augmentent pas plus vite que les salaires de nos pays voisins (Pays-Bas, France et Allemagne). Depuis 1996, tous les deux ans, le Conseil central de l’Économie (CCE) compare la différence entre l’évolution des salaires en Belgique avec celui des salaires dans ces pays voisins de référence. Cette différence est appelée « l’écart salarial ». Sur base de la mesure de cet écart, patrons et syndicats négocient les augmentations de salaires. Elles ne peuvent pas être supérieures à la moyenne des augmentations dans les pays voisins.

Chipoter dans le calcul de l’écart salarial

L’année passée, le gouvernement a introduit un saut d’index. Il aussi poursuivi sa politique de quasi-blocage des salaires. Et en plus, il a mis en œuvre son fameux tax-shift, constitué en grande partie de cadeaux pour les entreprises.1 Ces mesures ont fait baisser considérablement les coûts salariaux en Belgique.

Dans le dernier rapport de la Banque nationale2, on peut lire que « le handicap salarial en termes de coûts horaires est retombé de 4,1% en 2013 à 2,9% en 2014, puis à 1,5% en 2015 ». Et que « le handicap disparaît dès 2016 ». Mais le gouvernement veut coûte que coûte continuer à bloquer les salaires et éviter qu’il y ait une marge salariale.

Le projet du gouvernement est de changer le mode de calcul de la marge salariale maximale disponible. Pour calculer l’écart salarial, on ne tiendrait plus compte de l’ensemble des cadeaux (subventions salariales, réduction de cotisations sociales patronales) reçus par les patrons à partir de 2017. Les entreprises vont recevoir des centaines de millions de cadeaux en 2017 et 2018. Concrètement, sur votre fiche de paie, il est inscrit un montant, mais les employeurs reçoivent des subventions pour chaque fiche de paie et, donc, au final, ils vous paient moins (ce qui n’est pas inscrit sur votre fiche de paie). De tels nouveaux avantages ne seront plus repris par le CCE dans le calcul des coûts salariaux en Belgique.

De cette manière, on maintient artificiellement un écart salarial qui permet alors de justifier que les salaires ne peuvent pas augmenter. Le gouvernement met donc en place un mécanisme qui fait évoluer les salaires belges toujours moins vite que ses pays voisins.

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