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Publié par YVAN BALCHOY

photo ljdd.fr

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Michel Rocard vient de nous quitter au terme d'une vie où, certes, il ne réalisa pas tous ses desseins, mais où il fut fidèle au socialisme qu'il avait choisi dès sa jeunesse et qu'il n'accepta jamais de le compromettre même si il le voulait, non certes adapté au monde moderne de notre temps au moins capable de la réformer en profondeur.

On pourrait penser de lui qu'il fut plus homme d'idées que personnalité d'action.

Ce jugement n'est pas tout faux, surtout quand on compare son destin politique à celui de son rival socialiste de toujours François Mitterand, mais l'action courageuse qu'il mena en Nouvelle Calédonie pour réconcilier européens-colons et Kanaks est un haut fait de sa vie qui prouve qu'il ne vivait pas seulement au plan idéal.

Ses jugements sévères sur François Mitterrand hier, sur le Président actuel de la France doivent nous faire réfléchir sur tant d'occasion manquées de réconcilier les actes des gouvernants socialistes avec les aspiration di noyau dur de ses militants populaires.

Je ne crois pas, quoi qu'il l'affirme, que Messieurs Valls et Macron représentent le socialisme humaniste et libre qu'il a défendu toute sa vie. Son absence de la vie politique française se fera vite sentir comme un regret et l'espoir de voir renaître en France un socialiste qui puisse faire renaître l'enthousiasme des années 80.

Yvan Balchoy

Voici quelques points de vue glanés dans les média au jour de sa mort

MICHEL ROCARD, UN VRAI SOCIALISTE

"Au Parti socialiste, le fondateur du PSU a offert son testament politique il y a un peu moins de deux ans. C'était le 2 novembre 2014.

Dans sa contribution aux Etats généraux du socialisme, intitulée "Réorienter le PS pour le redresser, une urgence, une nécessité", Michel Rocard mettait déjà en garde ses "enfants" contre le danger de rompre avec les "intuitions de nos fondateurs". "Certains, y compris dans nos rangs, et faute d'avoir vu le PS de France porteur de solutions pour la période précédente, veulent déclarer sa désuétude et programmer sa disparition. Ce serait pire qu'une folie, une faute et sans doute un geste suicidaire pour la France", tranche Michel Rocard

"C'est le militantisme qu'il faut réinventer, le recréer moins électoral, plus social territorial, environnemental et international. Nous ne le ferons pas seuls. La terre des ONG est en friche pour nous. Il n'y a aucune raison de les y laisser seules", pronostique-t-il.

Persuadé que le capitalisme "est totalement incapable de penser et d'entreprendre le sursaut nécessaire pour réconcilier l'humanité et la nature et permettre par là notre survie à long terme", Michel Rocard juge que "tout est à inventer ou à réinventer, les objectifs comme les forme de lutte".

Peu sensible aux hommages et aux courtisans, Michel Rocard avait, peu avant sa mort, sèchement remis à leur place ces deux étoiles d'un socialisme en pleine mutation. "La conscience de porter une histoire collective a disparu, or, elle était notre ciment. Macron comme Valls ont été formés dans un parti amputé. Ils sont loin de l'Histoire", déplorait-il dans sa dernière grande interview accordée au magazine Le Point".

http://www.huffingtonpost.fr/2016/07/03/mort-michel-rocard-ps-avertissement_n_10790294.html

LE HEROS QUI REUSSIT A RAMENER LA PAIX EN NOUVELLE CALEDONIE

MICHEL ROCARD ET JEAN MARIE TJIBAOU

MICHEL ROCARD ET JEAN MARIE TJIBAOU

Au lendemain du décès de Michel Rocard, la Nouvelle-Calédonie salue la mémoire de celui qui a permis le retour de la paix sur l'archipel, avec les accords de Matignon, signés en 1988. Parmi les mesures marquantes de Michel Rocard, les accords de Matignon figurent en tête de liste.

Signés en 1988 et porté par l'ancien Premier ministre de François Mitterrand, ils ont permis de mettre fin à des années de violence en Nouvelle-Calédonie.

Au lendemain du décès de Michel Rocard, samedi soir à Paris, l'archipel d'Outre-Mer lui rend hommage. "La Nouvelle-Calédonie pleure celui par qui elle a pu renaître, en 1988, avec Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou, après une décennie de guerre civile", a déclaré dans un communiqué le député Philippe Gomes (UDI), saluant "la méthode Rocard".

http://www.bfmtv.com/politique/mort-de-michel-rocard-concert-d-hommages-en-nouvelle-

"SES PROPOS PAS TOUJOURS BIEN COMPRIS SUR " LA FRANCE NE PEUT ACCEUILLIR TOUTE LA MISERE DU MONDE"

SUR L'IMMIGRATION: "La France ne peut accueillir toute la misère du monde..." L'a-t-il vraiment dite? C'est assurément la citation politique la plus reprise et la plus détournée de l'histoire de la Ve République. Le 3 décembre 1989, Michel Rocard, alors premier ministre, explique dans l'émission politique Sept sur Sept sa politique migratoire:

"Nous ne pouvons pas héberger toute la misère du monde. La France doit rester ce qu’elle est, une terre d’asile politique […] mais pas plus." Dans un contexte de forte percée du Front national, les partis politiques, PS inclus, durcissent leur discours sur l'immigration. Michel Rocard, au nom du réalisme de gauche, assume ce parti pris et les milliers expulsions qui vont avec.

Comme le rappelle Libération, il réutilisera à plusieurs reprises cette formule, toujours au nom d'une politique migratoire censée répondre aux accusations de laxisme. Ce n'est que quelques années plus tard que Michel Rocard ajoutera la seconde partie de la phrase que la gauche reprend depuis en choeur.

"Je maintiens que la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde. La part qu’elle en a, elle prend la responsabilité de la traiter le mieux possible.

Mais à partir de là, ce n’est pas non plus une raison pour que la France se charge de toutes les xénophobies du monde", explique-t-il pour mieux dénoncer la politique de la droite revenue au pouvoir. Les exégètes du rocardisme se disputent encore pour savoir si tel était le sens de la formule originelle de l'ancien premier ministre. Toujours est-il que Michel Rocard se battra durant le reste de ses jours contre une version "tronquée, mutilée" de sa pensée. Et pour que la France assume "sa juste part" du combat contre la misère du monde.

http://www.huffingtonpost.fr/2016/07/03/mort-michel-rocard-ps-avertissement_n_10790294.html

CONCLUSION

Homme d'Etat, européen, premier ministre, chef de parti, écologiste converti mais aussi penseur de la gauche et de la démocratie... Michel Rocard, qui nous a quittés ce samedi à l'âge de 85 ans, n'était pas homme à se laisser enfermer dans une seule case. Auteur d'une vingtaine d'ouvrages publiés sur plus de quarante ans, le théoricien de "la deuxième gauche" a souvent séduit et dérouté par ses analyses exigeantes et un franc parler à rebours de la pensée dominante. Y compris lorsque celle-ci émanait de son Parti socialiste. Pédagogue plus que harangueur, acteur plus que comédien, plus intellectuel que littéraire contrairement à son grand rival François Mitterrand qui lui barra la route de l'Elysée, Michel Rocard frappait davantage les esprits par la cohérence de son engagement que par son sens de la formule. De son débit de mobylette (qui fit la joie des Guignols de l'Info), on retiendra pourtant ... une éthique de la vérité au service de l'intérêt général.

denisbreizh

http://www.huffingtonpost.fr/2016/07/03/mort-michel-rocard-ps-avertissement_n_10790294.html

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