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Publié par YVAN BALCHOY

Juan Mabromata AFP
Juan Mabromata AFP

Destitution: Rousseff dénonce un «coup d'Etat» (Laurent Delcourt)

La Présidente est écartée du pouvoir pour cent quatre-vingts jours. Plus des deux tiers de la Chambre haute ont voté pour, alors que la simple majorité suffisait à l'écarter.

Le verdict est tombé au petit matin au Brésil. Par 55 voix contre 22, le Sénat a approuvé l’ouverture du procès en destitution de la présidente Dilma Rousseff (Parti des travailleurs, PT), accusée d’enfreindre les lois sur les finances publiques. La défaite est sans appel pour la Présidente, puisque plus des deux tiers de la Chambre haute ont voté pour, alors que la simple majorité suffisait à l’écarter du pouvoir.

A partir de ce jeudi, la cheffe de l’Etat est suspendue, en principe pour cent quatre-vingts jours, afin de se défendre. Elle est accusée d’avoir augmenté les dépenses en 2015, sans l’autorisation du Congrès, mais aussi d’en avoir fait assumer certaines à une banque publique (finalement remboursée), afin de dissimuler l’ampleur des déficits.

Dans sa première réaction, elle a appelé les Brésiliens à se mobiliser contre ce qu'elle appelle un coup d'Etat. «Aux Brésiliens qui s’opposent au coup d’Etat, qu’ils soient de n’importe quel parti, je lance un appel: maintenez-vous mobilisés, unis et dans la paix. La lutte pour la démocratie n’a pas de date finale, c’est une lutte qui exige qu’on s’y consacre en permanence», a-t-elle déclaré, avant de souligner qu’elle n’aurait «jamais imaginé devoir lutter une nouvelle fois contre un coup d’Etat».

http://www.lindependant.fr/2016/05/13/apres-la-destitution-de-dilma-rousseff-le-bresil-se-reveille-avec-le-gouvernement-temer,2198306.php

Brésil : "Ce sont 300 voleurs qui ont voté la destitution" de Rousseff

La chambre des députés a voté en majorité en faveur de la destitution de la présidente Dilma Rousseff, coupable d’avoir maquillé les comptes de l’Etat. Un coup d’Etat institutionnel analyse Laurent Delcourt, sociologue et historien.

Argent, pouvoir, trahisons. La dernière télénovela brésilienne tourne mal pour Dilma Rousseff. Dimanche soir, la chambre des députés a voté à une majorité écrasante la destitution de la présidente. L'impeachment l'a emporté par 367 voix, 25 de plus que les 342 requises, seuls 137 députés ont voté contre. Une majorité simple de sénateurs sera suffisante lors du vote au Sénat, prévu au mois de mai, pour écarter Dilma Rousseff pour un maximum de 180 jours de la présidence, en attendant le verdict final.

Laurent Delcourt, historien, auteur du livre "Le Brésil de Lula : un bilan contrasté" et chargé d’étude au CETRI (Centre tricontinental, Louvain-la-Neuve, Belgique), dénonce un acharnement de l’opposition contre le Parti des travailleurs (PT) de Dilma Rousseff et un coup d’état politico-médiatique. Interview.

- Je ne suis absolument pas surpris étant donné que le vote émanait d’un parlement qui n’a jamais été aussi conservateur et qui est composé des forces politiques les plus rétrogrades du pays. On dit d’ailleurs que le congrès est dominé par le lobby du BBB pour "Boi, Biblia e Bala", c’est-à-dire "propriétaires terrien, Bible, et défenseurs des armes à feu".

Le parlement a voté la destitution de Dilma pour prendre le pouvoir qu’ils n’ont pas réussi à obtenir par la voie électorale. Cependant, je m’attendais à plus d’abstention. Certains députés avaient annoncé qu’ils allaient s’abstenir et ont changé d’avis à la dernière minute. On les accuse d’avoir été payés par des entreprises. Il y a sûrement eu des formes d’achat de vote, c’est très classique au Brésil....

- Oui, il s’agit bien d’un coup d’Etat. La plupart des organisations de défense des droits de l’homme qui agissent en Amérique latine le disent comme Luis Almagro, le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains.

Il s’agit là du mode opératoire du courant réactionnaire qu’on retrouve à plusieurs reprises dans l’histoire du Brésil. En 1954, Getulio Vargas, qu’on appelait le père des pauvres, a été évincé par l’armée. Dix ans plus tard, Joao Goulart a été écarté par une junte militaire en raison de ses politiques sociales. Aujourd’hui, il s’agit d’un coup d’Etat institutionnel.

Quels sont les enjeux derrière cette destitution ?

- Les véritables enjeux sont la suppression des acquis du lulisme, la diminution des aides à la sante et à l’éducation, l'étouffement de certaines affaires de corruption et, un enjeu dont on parle très peu, celui de la privatisation des ressources pétrolières brésilienne en haute mer.

Quelles sont les accusations portées contre la présidente ?

- On veut destituer Dilma Rousseff pour une affaire presque anodine : on lui reproche le "pédalage fiscal". Il s’agit d’un recours passager à l’emprunt auprès d’institutions publiques pour financer les dépenses publiques notamment les dépenses sociales et le report de l’enregistrement de ces dépenses. C’est une pratique courante de tous les gouvernements depuis les années 90 et la pratique est toujours utilisée par certains Etats brésiliens. Et aujourd’hui, c’est devenu un prétexte pour destituer la présidente.

Plus de 300 membres sur les 513 que compte le congrès brésilien font l’objet d’une enquête ou ont déjà été condamnés pour corruption, fraude électorale, utilisation de travailleurs forcés dans des plantations de soja et même de kidnapping ou de meurtre. Ce sont donc 300 voleurs qui ont voté la destitution d’une présidente plutôt honnête. Et ce sont eux qui vont reprendre les rênes du pays pour échapper à la justice.

Comment expliquez l’impopularité de Dilma Rousseff ?

- Dilma Rousseff n’est soutenue que par 10% de la population brésilienne ; c’est une présidente très impopulaire qui passe mal dans les médias. Elle est cassante et n’a pas hésité à exclure certains ministres. Dilma Rousseff a laissé travailler la justice dans les affaires de corruption alors que ses prédécesseurs l’ont toujours entravé.

Ceux qui défilent dans la rue sont issus des classes moyennes supérieures, ont des diplômes universitaires et des revenus au-delà de dix salaires minimums. Ils appartiennent à l’élite. Parmi eux, il y a un ras le bol généralisé des affaires de corruption mais aussi le refus des politiques de redistribution. Dans leurs slogans, on retrouve le rejet de l’impôt et des propos haineux à l’encontre des pauvres accusés d’avoir été entretenus par le PT.

Comment jugez-vous la couverture de cette crise dans les médias européens ?

- Les médias européens se sont tous alignés sur les grands titres de la presse brésilienne. Ils ont repris les unes des journaux brésiliens sans distance politique. Depuis un an, les médias brésiliens n’ont pas ménagé leurs efforts pour aiguiller l’opinion publique contre Dilma Rousseff. Ils sont complètement silencieux par rapport aux affaires de corruption de certains députés qui ont voté la destitution. Il faut savoir que 117 parlementaires au Brésil sont liés directement ou indirectement à des entreprises de presse.

Seuls les journaux "Der Spiegel" et le "New York Times" ont fait un travail critique et ont parlé des dangers représentés par cette destitution pour la démocratie brésilienne. Les autres ont présenté cette crise comme l’indignation de tout un peuple contre la corruption alors qu’elle n’était qu’un prétexte.

Propos recueillis par Sevin Rey-Sahin

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160418.OBS8731/bresil-ce-sont-300-voleurs-qui-ont-vote-la-destitution-de-rousseff.html

P.S. ce 13 mai 2016

Entre Dina Rousseff, l'héroïne guérillera hier torturée pour s'être opposée courageusement à l'armée et à la Droite son alliée qui sous l'impulsion, n'en doutons pas des Etats-Unis terroristes d'Amérique du Nord soumettait le peuple brésilien comme en d'autres temps le peuple Argentin, Chilien, Salvadorien etc... etc...à un régime criminel libéral donnant à quelques petits pour cent de la population la richesse produite par la grande majorité des travailleurs.

Bien sûr, il ne faut pas compter sur le Président Obama, sans doute sournoisement à la manœuvre, ni à la fausse gauche qui gouverne la France pour protester devant ce coup d'état institutionnel.

Encore moins à ce gouvernement de la droite extrême qui grâce à la complicité du libéralisme MR, trahissant les intérêts fondamentaux de sa communauté, un gouvernement dominé par des inciviques, au sens Belge du mot, poursuit la disparition programmée de notre pays

Tant que la représentation politique ne sera pas répartie comme la population et que les masses laborieuses ne seront pas présentes au Parlement selon leur part numérique dans la population, (j'ose imaginer un parlement où les travailleurs manuels auront un nombre de députés égal à leur place active dans la population), ce qui s'est passé au Brésil où 300 voleurs d'Ali Baba, corrompus et corrupteurs, ont osé casser la décision des urnes risque de contaminer l'ensemble des états du monde.

A mes yeux, le nouveau président intérimaire n'est qu'un traître qui espère se blanchir par le pouvoir et Dina Rousseff reste l'élue du peuple Brésilien jusqu'à la fin de son mandat. Je ne reconnais pas plus le nouveau pouvoir ,corrompu qui se préparer à amnistier ses crimes que celui des généraux qui autrefois ont sali leur pays tant d'années.

VIVE LE PARTI DU TRAVAIL DU BRÉSIL ET HONTE AUX PRÉVARICATEURS QUI VIENNENT DE PRENDRE LE POUVOIR SANS L'AVAL DU PEUPLE.

Yvan Balchoy

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