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Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (390)

En revanche, l’ingénieur Kirilov a beau être resté un cœur pur, bon envers les enfants et les malheureux, son athéisme le condamne à une autodestruction qui semble proportionnelle à l’ardeur de sa négation intellectuelle et qui rejaillit tristement sur son entourage (1)

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Cf. les analyses de Mychkino et de Kirillov en cette étude, page…

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Cette opposition risquait fort de constituer une solution de facilité, faisant la partie b elle aux « bons » et ridiculisant les « mauvais ».

Rien n’est plus faux.

La position athée est souvent si appuyée et raisonnable même, chez un Yvan Kamarazov tout particulièrement, que bien des critiques ont cru y voir l’option personnelle du romancier. (2)

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(2) Cf.l’opinion d’Albert Camus qui croit Yvan l’interprète le plus fidèle de Dostoïevski. Cf. cette étude, page…

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Pourtant l’écrivain russe leur a répondu d’avance :

« Il n’y a pas et il n’y a pas eu en Europe des arguments athées d’une telle force. Par conséquent, ce n’est pas comme un gosse que je crois au Christ et le confesse. C’est à travers le creuset du doute que mon hosanna est passé. (3)

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(3) Extrait d’un brouillon de lettre, cité par Henri de Lubac, ouvrage cité, page 310

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Il est bien vrai que la révolte blasphématoire d’Yvan n’a pas été réfutée par Aliocha ou Zosime.

On peut se demander si c’était possible au plan même où se situait le jeune athée.

Cela reviendrait en effet à mettre en cause l’irréductibilité du plan spirituel au plan terrestre chère à notre auteur et donc l’incapacité du premier à comprendre pleinement ou à nier les vérités du second/

D’ailleurs si le contexte positif est souvent plutôt réduit chez le romancier, c’est une conséquence partielle du climat polémique antiscientifique, antirationaliste qu’il développe tout au long de son œuvre.

Il est dangereux de tirer des conclusion hâtives dans un sens ou dans l’autre du conflit entre Aliocha et Yvan.

Dostoïevski est tour à tour et parfois même simultanément l’un et l’autre.

La conclusion du roman indique cependant où finalement a penché le cœur de l’écrivain.

La réussite personnelle qui est le lot des personnages « positifs » ne se réduit nullement à un triomphe céleste au-delà de la mort, mais elle implique une réalisation humaine intégrale dès ici-bas au plan individuel et communautaire

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