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Publié par YVAN BALCHOY

26-08-20-A LAMPEDUSA LE PAPE FRANCOIS DEMANDE PARDON POUR L'INDIFFERENCE ENVERS LES MIGRANTS. A LESBOS IL RAMENE TROIS FAMILLES SYRIENNES MUSULMANES AU VATICAN. - REEDITION

A Lampedusa, François demande pardon pour l’indifférence envers les migrants

A Lampedusa, François demande pardon pour l’indifférence envers les migrants

POOL-OR/CPP/CIRIC

Le Pape François s’est rendu sur l’île italienne de Lampedusa, au large de la Sicile, porte d’entrée en Europe de migrants africains. Pour son premier voyage depuis son élection, il a souhaité rencontrer des migrants, prier pour ceux morts en mer mais aussi « réveiller les consciences ».

Le Pape François a quitté l’aéroport romain de Ciampino et est arrivé sur l’île de Lampedusa où il a été reçu par l’Archevêque d’Agrigente, Mgr Francesco Montenegro, et par le Maire, Mme Giuseppina Nicolini. Il s’est rendu en voiture à Cala Pisana pour embarquer et se rendre au port de Lampedusa, accompagné par les barques des pêcheurs de l’ile. Au cours du trajet, il a jeté à la mer une couronne de fleurs en souvenir des migrants morts en Méditerranée. Une cinquantaine d’immigrés l’attendait sur le quai, à Punta Favarolo, dont beaucoup de musulmans, se trouvant dans les centres d’accueil de Lampedusa. Le Pape a salué personnellement chacun d’eux avant de se rendre au centre sportif Arena où il a célébré la messe. La formule liturgique choisie était celle de la rémission des péchés prévue par le Missel Romain. Les textes de la liturgie de la Parole (le récit de Caïn et Abel, le massacre des innocents, le psaume Miserere) soulignaient l’aspect pénitentiel de la Liturgie. Le Saint-Père a utilisé un bâton pastoral de la paroisse de Lampedusa réalisé avec des morceaux de bois des embarcations des migrants arrivés sur l’ile et un calice en bois provenant également de ces barques, tous deux œuvres d’un artisan de Lampedusa ayant participé à l’aide aux immigrés.

Immigrés morts en mer : une épine dans le cœur

« Immigrés morts en mer, dans ces bateaux qui au lieu d’être un chemin d’espérance ont été un chemin de mort. Il y a quelques semaines, quand j’ai appris cette nouvelle, qui malheureusement s’est répétée tant de fois, ma pensée y est revenue continuellement comme une épine dans le cœur qui apporte de la souffrance. J’ai alors senti que je devais venir ici aujourd’hui pour prier, pour poser un geste de proximité, mais aussi pour réveiller nos consciences pour que ce qui est arrivé ne se répète pas. S’il vous plaît, que cela ne se répète pas ! ». Le Pape a ensuite remercié les habitants et les autorités de Lampedusa de leur solidarité avec les immigrés et, parmi eux, il a salué les musulmans qui aujourd’hui commencent le jeûne du ramadan, en disant : « L’Eglise vous est proche dans la recherche d’une vie plus digne pour vous et vos familles… Ce matin, à la lumière de la Parole de Dieu que nous avons écoutée, je voudrais proposer des paroles qui surtout provoquent la conscience de tous, poussent à réfléchir et à changer concrètement certaines attitudes. « Adam, où es-tu ? » c’est la première question que Dieu pose à l’homme après le péché. Adam est un homme désorienté qui a perdu sa place dans la création parce qu’il croit devenir puissant, pouvoir tout dominer, être Dieu. Et l’harmonie se rompt, l’homme se trompe et cela se répète aussi dans la relation avec l’autre qui n’est plus le frère à aimer, mais simplement l’autre qui dérange ma vie, mon bien-être. Et Dieu pose la deuxième question: « Caïn, où est ton frère? ». Le rêve d’être puissant…ou même d’être Dieu, génère une chaine d’erreurs qui est l’engrenage de la mort, et conduit à verser le sang de son frère! Ces deux questions de Dieu résonnent encore aujourd’hui avec toute leur force ! Tant de nous, et moi aussi, sont désorientés. Nous ne sommes plus attentifs au monde dans lequel nous vivons… Nous ne prenons pas soin de ce que Dieu a créé pour tous et nous ne sommes plus capables non plus de prendre soin les uns des autres. Et quand cette désorientation prend les dimensions du monde, on en arrive à des tragédies comme celle à laquelle nous avons assisté ».

« Où est ton frère ? » la voix de son sang crie vers moi, dit Dieu. Il ne s’agit pas d’une question adressée aux autres, mais d’une question adressée à moi, à toi, à chacun de nous. Ces frères et sœurs cherchaient à sortir de situations difficiles pour trouver un peu de sérénité et de paix. Ils cherchaient un endroit meilleur pour eux et leurs familles, mais ils ont trouvé la mort. Combien de fois ceux qui cherchent cela ne trouvent pas compréhension, ne trouvent pas accueil, ne trouvent pas solidarité ! Et leurs voix montent jusqu’à Dieu ! J’ai rencontré quelques unes de ces personnes qui sont passées par les mains des trafiquants. La pauvreté des autres représente une source de bénéfices… Quelle souffrance et certains n’ont pu arriver à destination !

Qui est le responsable du sang de ces frères et sœurs ?

« Où est ton frère ? » Qui est responsable de ce sang ? Dans la littérature espagnole, il existe une comédie de Lope de Vega qui raconte comment les habitants de la ville de Fuente Ovejuna tuent le gouverneur parce que c’est un tyran, et le font de façon à ce que l’on ne se sache pas qui a procédé à l’exécution. Et quand le juge du roi demande qui a tué le gouverneur, tous répondent : Fuente Ovejuna, monsieur! Tous et personne. Aujourd’hui aussi cette question émerge avec force : Qui est le responsable du sang de ces frères et sœurs ? Personne ! Nous répondons tous ainsi : ce n’est pas moi… les autres, mais pas moi. Mais Dieu demande à chacun de nous : Où est le sang de ton frère qui crie jusqu’à moi ? Aujourd’hui, personne dans le monde ne se sent responsable de cela. Nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle. Nous sommes tombés dans l’attitude hypocrite du prêtre et du serviteur de l’autel dont parle Jésus dans la parabole du bon Samaritain. Nous regardons notre frère à moitié mort sur le bord de la route, peut-être pensons-nous « le pauvre » et nous continuons notre route, ce n’est pas notre affaire, et avec cela nous nous mettons l’âme en paix. La culture du bien être qui nous amène à penser à nous-mêmes, nous rend insensibles aux cris des autres, nous fait vivre dans des bulles de savon qui sont belles mais ne sont rien, qui ne sont que l’illusion du futile, du provisoire, qui conduit à l’indifférence envers les autres, et qui conduit même à une mondialisation de l’indifférence. Nous sommes habitués à la souffrance des autres, cela ne nous concerne pas, ne nous intéresse pas, n’est pas notre affaire !… La mondialisation de l’indifférence nous rend tous « innommés », des responsables sans nom et sans visage ».

La mondialisation de l’indifférence nous a ôté notre capacité de pleurer

« Adam où es-tu ? », « Où est ton frère ? » sont les deux questions que Dieu pose au début de l’histoire de l’humanité et qu’il adresse aussi à tous les hommes de notre temps, à nous aussi. Mais je voudrais que nous nous posions une troisième question : Qui de nous a pleuré pour ce fait et pour d’autres comme celui-ci ?, pour la mort de ces frères et sœurs ? Qui a pleuré pour ces personnes qui étaient sur le bateau ? Pour les jeunes mamans qui portaient leurs enfants ? Pour ces hommes qui désiraient quelque chose pour soutenir leurs familles ? Nous sommes dans une société qui a oublié l’expérience des pleurs, ce qu’est souffrir avec. La mondialisation de l’indifférence nous a ôté notre capacité de pleurer ! Dans l’Evangile nous avons écouté le cri, les pleurs, la longue plainte: Rachel pleure ses enfants… parce qu’ils ne sont plus. Hérode a semé la mort pour défendre son bien-être, sa bulle de savon. Et cela continue de se répéter. Demandons au Seigneur d’effacer ce qui reste d’Hérode dans nos cœurs. Demandons au Seigneur la grâce de pleurer sur notre indifférence, sur la cruauté qu’il y a dans le monde, en nous, même chez ceux qui dans l’anonymat prennent des décisions socio-économiques qui ouvrent la voie à des drames comme celui-ci… Seigneur, dans cette liturgie qui est une liturgie de pénitence, nous demandons pardon pour notre indifférence envers nos frères et sœurs. Nous te demandons pardon pour ceux qui se sont habitués, se sont fermés dans leur bien-être qui entraine l’anesthésie du cœur. Nous te demandons pardon pour ceux qui par leurs décisions au niveau mondial ont créé des situations qui conduisent à ces drames ».

Source : VIS du 8 juillet 2013

http://www.eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/migrants/369414-a-lampedusa-francois-demande-pardon-pour-lindifference-envers-les-migrants/

P.S. d'YVAN BALCHOY

En accueillant trois famille syriennes, de plus musulmanes le pape m'apparaît comme le vrai successeur de Pierre et partant de Jésus-Christ en mettant en quelques sorte en réserve sa fonction de chef d'Etat dans une Europe non seulement frileuse sur ce sujet mais parfois scandaleuse comme dans cette décision de "vendre" en quelque sorte des dizaines de milliers de migrants dans un pays certes plus généreux que nous pour ce qui est de l'accueil mais qui nous sert de quitus pour nous débarrasser de nos devoir d'états.

Les propos du Pape ci-dessus me semble contenir implicitement une condamnation de ces pays dits tellement chrétiens que sont la Pologne par exemple et la Hongrie qui, au nom de leur situation d'état chrétien refusent d'accueillir des musulmans. Leur réaction me rappelle ce qui m'a fort gêné durant le pontificat de Jean Paul II qui, à mes yeux, au lieu d'ouvrir l'Eglise au monde, au plan de la justice, tenta de "poloniser" l'Eglise au point de détruire ou de tenter de détruire les efforts sud-américains de réconcilier l'Eglise et la justice.

François n'est en rien un dangereux révolutionnaire, mais il est très sensible à la voix de l'Evangile. Il agit bien plus en pasteur qu'en chef d'Etat du Vatican et en cela il est, comme le fut en son temps Jean XXII, vraiment porteur de la bonne nouvelle de Jésus-Christ qui nous rappelle que tous les hommes quelle que soit la couleur de leur peau ou même leur culture religieuse sont frères ce qu'une certaine chrétienté, celle qui fit autrefois les Croisades, puis l'Inquisition, celle qui supporta passivement l'esclavage, celle qui sermonna méchamment un ministre Jésuite au Nicaragua au nom d'une condamnation absolue du communisme qui est et reste un affront à l'Evangile.

Merci, frère Pape François, en accueillant, inconditionnellement nos frères Syriens, de nous remettre sur l'essentiel du message de Jésus.

Yvan Balchoy

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