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Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (386)

Tout au long de son étude, Guardini étaye cette affirmation en analysant un certain nombre de personnages et de situations dans l’œuvre de notre auteur.

Celle-ci illustre, selon lui, le choix tragique entre l’idéal du dieu-homme et celui de l’Homme-Dieu.

En conclusion, le théologien évoque la figure, à ses yeux, la plus religieuse et la plus profonde de Fédor Mikhaïlovitch. « Mychkine est un chrétien exceptionnel, autrement dit en Mychkine s’affirme une particulière ressemblance avec le Christ, celle qu’évoque la pensée Paulinienne : « Je vis, non pas moi, mais c’est le Christ qui vit en moi. »

Elle est insuffisante, elle pourrait nous induire en erreur.

Le prince est un homme, comme chacun de nous. Le contenu propre de son existence est religieux. En fin de compte, ce contenu est le Christ, si peu qu’il soit expressément parlé de ce dernier et si rarement que les pensées de Mychkine ou les mouvements de son cœur se tournent expressément vers lui. Je ne crois pas cependant que l’intention de Dostoïevski aille simplement à dresser le portrait d’un chrétien, même exceptionnel ; la preuve en est précisément que nous sentons toujours le Christ présent sans que les paroles ou que les pensées exprimées se rapportent explicitement à lui ». (1)

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(1) Romano Guardini, ouvrage cité, page 256

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Cet extrait constitue une idée maîtresse de Romano Guardini, l’analyse de la « Légende du Grand Inquisiteur » en est une suite.

Je serais plus réservé à ce sujet. Analysant « le Christianisme de la légende, Guardini avoue que la figure du Christ lui a d’abord inspiré une profonde ferveur religieuse ; mais celle-ci, note-t-il, lui parut bientôt douteuse et surtout vaine.

Cette réticence l’engagea alors à se poser cette question paradoxale : « En face du Christ, n’est-ce pas, en fin de compte, l’Inquisiteur qui a raison ? »

Ce Christ de Dostoïevski n’est-il pas réellement un hérétique ? Guardini est convaincu en effet que l’image du Christ de la Légende est détachée du fait chrétien (2), c’est-à-dire du Christianisme prosaïquement mais réellement vécu ?

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(2) Romano Guardini, ouvrage cité, page 135

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Les personnages de Dostoïevski ne travaillent pas, ils ne vivent pas dans cette « sphère moyenne » que est celle de la vie quotidienne.

Cette sphère médiane s’exprime, pourrait-on dire, dans l’Eglise de tous les jours et non dans celle des êtres d’exception. Le christianisme de la Légende est sans relation, pense-t-il, avec cette sphère médiane, c’est ce qui le rend irréel.

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